Femmes migrantes : briser le silence autour des violences de genre

Femmes migrantes: briser le silence autour des violences de genre

Ce 21 novembre, le GAMS Belgique, FORWARD UK et Médicos del Mundo (Espagne) lancent leur campagne européenne de sensibilisation ACCESS pour améliorer l’accès à la prévention, la protection et le soutien des personnes migrantes confrontées aux violences de genre. Un projet co-financé par le programme REC de la Commission européenne, le programme PCI de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Equal.brussels.

Les femmes migrantes sont confrontées à un continuum de violences de genre. Parmi celles-ci, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles, les violences entre partenaires, le mariage forcé, le trafic d’êtres humains… Pour chaque personne, des besoins différents.

Sur le sol européen, des services de soutien existent mais ne sont pas toujours faciles d’accès. Les obstacles sont nombreux et en pratique, c’est parfois impossible d’obtenir de l’aide.

L’objectif du projet ACCESS est d’améliorer la prévention, la protection et le soutien des femmes migrantes en Europe confrontées à différents types de violences de genre. L’acronyme «  ACCESS  » fait référence à la formule Appropriate Community-based Care and Empowering Support Services.

Le projet s’articule autour d’une campagne de sensibilisation, d’activités par et pour les communautés concernées sur la problématique, d’une cartographie interactive des services de soutien, d’un service d’écoute en ligne, et de la formation des professionnel.le.s de première ligne.

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La sensibilisation au coeur du projet

Le projet ACCESS se centre tout d’abord sur une campagne de sensibilisation. Les femmes migrantes concernées ne reconnaissent pas toujours lorsqu’elles sont dans une situation de violence de genre. L’objectif de la campagne de sensibilisation en ligne est donc de favoriser l’identification de ces violences. Pour cela, quatre courtes vidéos sont publiées autour des émotions engendrées par celles-ci. Quatre vidéos, quatre ressentis  : la peur, le stress, le dégoût et la douleur. Créées avec des personnes directement concernées, ces vidéos favorisent le sentiment d’identification. Si on ne reconnaît pas les violences, on reconnaît au moins les ressentis qui les accompagnent.

Il est aussi question de sensibilisation des communautés concernées. Les relais communautaires, bénévoles formé.e.s aux différents types de violences de genre, sensibilisent leur communauté autour de ces questions. L’implication des communautés concernées est cruciale pour la lutte contre les violences faites aux femmes migrantes. En témoigne Idil, relais communautaire  : « Pour moi, m’engager au sein d’ACCESS a été une décision intuitive. Cela ne s’explique pas vraiment, il y a des choses qu’on aime… Et moi, j’aime aider les gens. La formation ACCESS m’a apporté beaucoup. […] Les violences envers les femmes prennent différentes formes mais sont liées entre elles. Les femmes subissent plusieurs violences au cours de leur vie. C’est un continuum. Les profils des relais communautaires étaient très divers, et nous avons maintenant une personne de référence dans les différentes communautés migrantes en Belgique. »

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150 professionnels formés à ces questions

Le site www.we-access.eu, mis en ligne le 21 novembre 2019, reprend une cartographie en ligne des services de soutien pour les femmes migrantes confrontées aux violences de genre en Belgique, mais également au Royaume-Uni et en Espagne. La cartographie est évolutive  : il est possible pour les organisations de s’y inscrire directement sur le site pour faciliter l’accès à leurs services. Pour les femmes migrantes, le système est simple  : c’est visuel, facile d’utilisation, et précis. Pour savoir exactement où aller en fonction de sa situation.

Le site proposera également des permanences en lignes, en différentes langues, pour permettre à tout le monde d’accéder au soutien adéquat. Parmi les langues proposées  : l’arabe, le somali, le peul, le tigrinya, l’anglais, … L’objectif de ces permanences sera l’orientation et le soutien des femmes concernées.

L’accès aux services de soutien est indispensable, mais ces services doivent prendre ces personnes en charge de manière adaptée. C’est pourquoi 150 professionnel.le.s de première ligne (par pays) ont été formé.e.s à la prise en charge des femmes migrantes en situation de violences de genre.

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