Handicap : le dépistage dans le résidentiel connaît des fausses notes

Handicap: le dépistage dans le résidentiel connaît des fausses notes

Les autorités politiques bruxelloises annonçaient la semaine dernière que dans six centres d’hébergement pour les personnes en situation de handicap, des tests de dépistage feraient leur arrivée. En théorie, tout le monde devait être testé, les résidents de ces centres tout comme le personnel. Les professionnels attendaient ces tests avec impatience. Oui mais voilà, il n’y en aura pas pour tout le monde et dans la majorité des cas, ils ne sont pas encore arrivés.

Six centres d’hébergements bruxellois, qui accueillent les personnes en situation de handicap les plus fragiles et exposées, doivent ouvrir la voie pour la réalisation de ces tests de dépistage. Les 27 autres suivront, selon un ordre de priorité défini par les autorités. Cette priorité, elle a été fixée plus exactement par la taskforce bruxelloise Risk Management Group-Bru, qui comme sont nom l’indique travaille dans le secteur de la gestion des risques.

Le Ministre-Président régional, Rudi Vervoort, confirme que ce dépistage donnera la possibilité « aux personnes en situation de handicap restées confinées à leur domicile, de retourner dans leur structure d’accueil et de retrouver l’encadrement et les soins adéquats ». Il faut dire que ces centres d’hébergement ont décidé de garder leurs portes ouvertes durant cette crise sanitaire. Une source d’inquiétude, à la fois pour les résidents et les personnels. Le cabinet du Ministre-Président indique : « Les travailleurs ont continué à prendre soin des personnes en situation de handicap que ce soit par le confinement en centre, ou par le suivi strict de toutes les mesures de protection recommandées ».

Cette vague de tests va également induire la réouverture d’un centre de répit d’urgence InterMaide, qui pourra accueillir 7 jours sur 7, par vague de deux semaines, des personnes en situation de handicap de grande dépendance. Par ailleurs, le secteur va se concerter pour définir les modalités d’éventuelles visites au sein des centres d’hébergements, à la manière de ce qu’il est en train de se passer pour les maisons de repos.

En pratique, la situation est plus complexe

Toujours est il que ces annonces et ces paroles ne sont pas encore partout suivies d’effets. A l’IRAHM (l’Institut Royal d’Accueil pour le Handicap Moteur), les tests, promis pour cette fin de semaine, ne sont pas encore arrivés. La direction explique : « Nous avons été contactés par la Cocof pour recevoir des tests en fin de cette semaine. Cela s’est passé la semaine dernière. Depuis, nous n’avons pas de nouvelles, donc nous pensons que ces tests n’arriveront que la semaine prochaine. » Entre la COCOF et les fédérations patronales, les voix sont dissonantes quant à la date d’arrivée exactes de ces tests. Malgré tout, « l’objectif reste de tester tout le personnel. » Dans cette structure, seuls les travailleurs du centre d’hébergement recevront dans un premier temps ces dépistages, les salariés du centre de jour, eux, devront attendre.

A l’inverse des structures ont, elles, déjà reçu les précieux tests. C’est le cas du centre d’hébergement Les Pilotis, qui les a réceptionnés le 20 avril. Nicolas Mary, directeur, explique : « Le service PHARE de la COCOF nous a prévenus que nous faisions partie des 6 premiers centres d’hébergement bruxellois pour personnes en situation de handicap à recevoir des tests PCR ».

Ainsi les tests ont pu se dérouler. « Pour les habitants, un coordinateur de la FAMGB nous a été assigné pour contacter et organiser la venue de médecins ayant l’habitude de notre public. Pour les professionnels, nous nous sommes chargés d’organiser la venue de la médecine du travail sur nos différents sites. Les habitants ont été testés le mercredi, les membres du personnel, vendredi. Tout s’est bien passé. Nous avons reçu les résultats le lundi 27 avril. » Seul bémol, tout le monde n’a pas pu être testé. Nicolas Mary dévoile : « Nous n’avons pas suffisamment de tests pour tester les habitants qui sont retournés dans leur famille au début du confinement ni pour tester les professionnels qui sont actuellement en arrêt maladie. Nous en avons fait la demande à PHARE. »

Il faut donc espérer que toutes les institutions du secteur recevront ces tests en nombre suffisant ainsi qu’au plus vite !

C.D.

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