Infirmier de pratique avancée : "une mesure positive... Enfin !"

Infirmier de pratique avancée:

Le 26 février, la Commission Santé de la Chambre a approuvé le cadre légal pour l’infirmier de pratique avancée. Ce projet de loi de Maggie De Block vise à officialiser cette nouvelle catégorie de praticiens hautement spécialisés. « Après 4 ans de mauvaises nouvelles, nous sommes heureux d’enfin voir apparaître quelque chose de positif dans la politique de la ministre », a fait savoir l’Association belge des praticiens de l’art infirmier (ACN).


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« Nous réclamions la reconnaissance de la pratique avancée depuis quelques années, notamment pour trois raisons : nos patients et notre système de santé en ont besoin, elle existe déjà en partie sur le terrain mais souvent de manière illégale et non-rémunérée, et il est grand temps de reconnaître l’existence de compétences cliniques plus poussées de certains infirmiers ayant suivi un cursus universitaire », a indiqué sur son site l’Association belge des praticiens de l’art infirmier.

« 1 à 2% de la profession infirmière »

Mais, l’ACN ne crie pas victoire pour autant. Pour elle, la mesure de la ministre Maggie De Block n’est pas assez ambitieuse. « Cette fonction, bien que nécessaire, représente dans les pays où elle est déployée 1 à 2% de la profession infirmière, donc une toute petite minorité », déplore-t-elle.

Et de développer sa vision : « La ministre aurait dû être cohérente et en même temps : revoir les compétences attribuées aux infirmiers qui font maintenant quatre ans d’études pour obtenir un bachelier, rendre obligatoire ce niveau pour tous les infirmiers du futur, éclaircir sa position sur les spécialisations et expertises infirmières, et apporter une meilleure aide aux infirmiers en transformant les aides-soignants du futur en des assistants infirmiers mieux formés et mieux payés. Et il y aurait aussi beaucoup d’autres choses à dire sur l’incohérence de sa politique en matière de rémunérations, normes en personnel etc... »

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L’association a conclu le message destiné à ses membres en ces termes : « Nous sommes donc d’avis qu’il faut se réjouir de cette avancée pour la profession, qu’il faudra rester vigilants et combatifs pour la suite qui y sera donnée, et encore plus pour tous les autres aspects de la profession laissés à l’abandon depuis quatre ans... Et nous aurons besoin de vous, comme adhérents et/ou volontaires, pour y arriver ! »

Absence de cadre de légal

A l’heure actuelle, les prestataires de soins doivent maîtriser des connaissances ainsi que des compétences de plus en plus spécialisées. L’art infirmier n’échappe pas à la règle. Sur le terrain, plusieurs dizaines de professionnels belges travaillent déjà, de fait, comme infirmier de pratique avancée. Souci : l’absence de cadre légal ne permet pas une description de fonction claire et l’élaboration d’une spécialisation. Une situation que Maggie De Block souhaite changer avec son projet de loi sur l’exercice des professions de la santé.

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La création de cette nouvelle fonction provient d’un avis du Conseil fédéral de l’art infirmier publié en mai 2018, mais également de recommandations internationales diverses en provenance, entre autres, de l’OMS, du Conseil international des infirmières et de l’American Institute of Medicine.

A noter que la définition précise du profil de compétences de l’infirmier de pratique avancée s’effectuera par l’intermédiaire d’un arrêté royal, après avis du Conseil fédéral de l’art infirmier, de la Commission technique de l’art infirmier et du Conseil supérieur des médecins-spécialistes et des médecins généralistes.



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