Prostitution : le projet d'Eros Center de Seraing abandonné

Prostitution : le projet d'Eros Center de Seraing abandonné

Il devait s’ouvrir dans le courant 2019. Accueillir les 160 prostituées de la rue Marnix. Leur permettre d’exercer leur métier dans un environnement sain, propre, et sûr. Il aurait été le premier Eros Center de Wallonie. Le projet a été lancé il y a huit ans. Mais le 11 janvier dernier une plainte du Conseil Francophone des Femmes de Belgique annihile sa concrétisation…

Après plusieurs reports d’exécution, le projet d’Eros Center – si cher à l’ex bourgmestre de Seraing Alain Mathot (PS) - devait finalement aboutir en 2019. Il avait pour but d’encadrer la prostitution au sein de la ville de Seraing et d’interdire in fine l’activité sur la rue Marnix. Ce centre se serait érigé dans un bâtiment de 2000m² avec 34 chambres, un bureau médical, un poste de police, des locaux de détente ainsi qu’un jardin intérieur de 350 mètres² destiné au personnel. L’activité du centre devait être dissimulée aux usagers de la voirie par un système de brise-vue.

Mais le Conseil Francophone des Femmes de Belgique (CFFB) en a décidé autrement. Opposé depuis le début à sa mise en place, il est finalement parvenu à faire abroger le projet : il s’est tourné vers la justice et a déposé plainte contre la concrétisation de ce lieu. L’Avenir d’Eros Center est désormais entre les mains d’un juge d’instruction liégeois. Vu l’état actuel de la législation, les chances de succès de la plainte de la CFFB sont élevées. Le cas échéant, l’ASBL Geces, en charge du projet, sera probablement dissoute.

On l’aura compris : c’est le manque de législation fédérale en la matière qui n’encourage pas à la création de ce genre de centres. Car si la prostitution est aujourd’hui tolérée en Belgique, elle n’offre aucun statut aux travailleuses du sexe. Un Eros Center qui "officialiserait" l’activité des prostituées est donc difficile à mettre en place si aucune Loi n’est là pour protéger ces dernières…

A ce propos, le nouveau bourgmestre de la ville de Seraing, Francis Bekeart (PS), a lancé un appel aux mandataires fédéraux pour qu’une réflexion soit menée au sein de la Chambre.

Depuis la mise en place de la Villa Tinto à Anvers il y a plus de dix ans, les Eros Center continuent de susciter l’enthousiasme dans certaines communes de Belgique : Ostende projette d’en construire, Liège vient d’annoncer son ambition d’en bâtir un également et la secrétaire d’Etat à la Région de Bruxelles Bianca Debaets (CD&V) souhaiterait aussi mettre cela en place dans la capitale.

Un début d’émulation pour ces centres est donc en train de naître. Et avec lui, la nécessité de légiférer sur le statut des prostituées devient de plus en plus opportune. Au Gouvernement d’agir ou aux députés fédéraux de mettre la problématique à l’ordre du jour des prochaines commissions parlementaires.



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