Les centres d’insertion socio-professionnelle sont en grève !

Les centres d'insertion socio-professionnelle sont en grève!

Ce lundi 18 mars, les personnes travaillant dans les centres d’insertion socio-professionnelle sont appelés à descendre dans la rue. En ligne de mire, Pierre-Yves Jeholet, Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, et ses différents projets de réforme.

C’est à Namur que ça se passe. De blanc vêtu, le secteur CISP va manifester son mécontentement, en collaboration avec des organisations syndicales et patronales. La raison de leur grogne ? Le projet de réforme de Pierre-Yves Jeholet qui diminue, entre autres, leurs subsides. Pour l’Interfédé, représentant le secteur des Cisp, ces décisions politiques menacent le secteur d’extinction.

Le 1er janvier 2017, un décret organise le financement des Cisp par forfait. Début janvier de cette année, la Cour des Comptes épingle la difficulté pour le Forem de contrôler les dépenses des centres  : modalités de contrôle peu définies, dépassements salariaux… Des problèmes déjà en partie mentionnés par le ministre wallon de l’Emploi. Pour Pierre-Yves Jeholet, il est temps de leur imposer une obligation de résultat  !

- [A lire] : CPAS : des moyens alloués au dispositif d’insertion à l’emploi

Un contrôle accru et une demande de résultat

En résulte, notamment, côté bénéficiaires, la création d’un dossier unique. Celui-ci sera adossé à chaque demandeur d’emploi durant toutes les étapes de sa (ré)insertion et recherche d’emploi. Afin de l’orienter au mieux. Pour l’Interfédé, ce dossier représente un outil de traçabilité du demandeur d’emploi, plus qu’une réelle aide d’orientation. Pourtant, elle n’est pas opposée à l’idée.

D’un autre côté, Pierre-Yves Jeholet veut obliger les CISP à indiquer leurs résultats en matière d’insertion dans l’emploi ou dans une formation qualifiante. « En 2017, les 157 centres d’insertion socioprofessionnelle ont accueilli 158.000 stagiaires, dont seulement 2.000 (12 %) ont été insérés sur le marché de l’emploi  », relève-t-il, en janvier dernier. Impensable, pour le secteur  ! Cela aurait «  pour effet de limiter l’accompagnement des personnes uniquement à une insertion professionnelle en niant l’indispensable travail d’accompagnement social et citoyen mené avec elles  », dénonce l’interfédé.

- [A lire] : APE : le non-marchand gardera ses aides actuelles jusqu’en 2022

Des subsides à la traîne

Finalement, le ministre veut mettre en place un guide des dépenses éligibles. Ce dernier aurait pour objectif d’harmoniser et de simplifier les pratiques en termes de contrôle de l’usage des subventions octroyées par la Wallonie. Notamment, il prévoit la limitation des subventions de certains avantages sociaux octroyés, la création d’un quota maximum de fonctions d’encadrement pédagogique et de direction, la transmission de données à caractère personnel des travailleurs lors des justifications… En réalité, il fixe ce qui peut, ou pas, être financé par les subsides.

Autant de mesures qui vont faire diminuer les subventions des Cisp. Alors, dans ces centres, à la fois superviseurs et bénéficiaires s’inquiètent. «  Ces subsides nous permettent de faire l’accompagnement de nos stagiaires et de contrecarrer une rentabilité qui n’est pas présente sur nos chantiers. Nous sommes déjà en équilibre. Si on est en perte de 100.000 ou 300.000 euros, la situation n’est plus viable. On doit déposer le bilan  », explique le directeur de l’asbl « Quelque chose à faire », au micro de la RTBF.

Raison pour laquelle il prend le chemin de Namur, avec tant d’autres, ce lundi.

Le Guide Social est également sur Facebook et Twitter. Pour être tenu au courant en temps réel des dernières offres d’emploi et actualités du secteur, c’est simple, il vous suffit de cliquer sur "J’aime" et sur "Suivre" !



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus