Ligue Handisport Francophone : son combat pour l’universalité du sport

Ligue Handisport Francophone: son combat pour l'universalité du sport

Le handisport est de plus en plus démocratisé dans nos sociétés. Malgré tout, les sportifs professionnels sont loin d’être logé à la même enseigne que les sportifs non handicapés. En Belgique cela est encore plus vrai et le handisport manque cruellement de financements et de structures. Décryptage de la situation avec l’asbl LHF, la Ligue Handisport Francophone qui est la fédération sportive belge francophone pour les personnes porteuses d’une déficience.

Le sport joue un rôle crucial dans nos sociétés modernes. A la fois fédérateur, émancipateur, source de joie et de bonheur, il est la catharsis de notre temps. Partout, le sport et les athlètes de haut niveau sont érigés en modèles et chaque enfant rêve un jour de fouler les traces de leurs aînés. Le sport se hisse même en haut de la politique permettant d’offrir une tribune pour la tolérance ou alors, à l’inverse, permet à des Etats de démontrer leurs puissances. Quoiqu’il en soit, le sport est devenu un rouage essentiel de notre vie, allant jusqu’à refléter les mêmes inégalités sociétales alors même qu’il devait être porteur d’étiqueté. Le handisport en sait quelque chose : de même que le sport féminin, il n’est pas considéré à la même valeur que le sport masculin traditionnel.

De la difficulté à se développer dans le handisport

Changer les regards. Changer les pensées. Ne plus voir les athlètes du handisport avec un autre regard que celui de l’athlète démontrant un effort sportif. Ne plus faire passer le handicap de la personne avant l’athlète. Il en est ainsi du but du monde du handisport. Permettre à chaque personne, en situation de handicap ou non, de s’épanouir et d’aller au-delà de ses limites. Lui permettre de s’affirmer de révéler. Lui permettre d’accomplir les travaux d’Héraclès comme tout un chacun. « Promouvoir et organiser le sport sous toutes ses formes pour les personnes en situation de handicap en Fédération Wallonie Bruxelles : voilà notre mission », pointe Valérie Van Avermaet, chargée de communication de la Ligue de Handisport Francophone.

Reconnue par décret, elle jouit donc d’un soutien financier public qui n’est cependant pas à la hauteur. Cela oblige alors les athlètes à jongler avec les sponsors et autres subventions. Le manque de moyens ne permet pas de professionnaliser complètement le secteur qui manque cruellement de structures et de reconnaissance. Par exemple, seulement deux athlètes handisports ont un contrat pro. « Pour se rendre en compétition dans d’autres pays, les sportifs n’ont pas de subvention et doivent financer par eux même les différents coûts de voyage et de moyens techniques, car le handisport en termes d’infrastructure et de structure est un coup très élevé. Pour cela certains ont un travail en plus de leur activité sportive « pro » ou ont recours au crowdfunding pour se subventionner », informe la Ligue de Handisport.

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Demain, tout commence

L’asbl reste cependant optimiste et pleine d’énergie meme si elle sait que le salut ne viendra pas des pouvoirs publics mais plutôt du privé. Elle sait que pour avancer il faut consolider la base et cela passe par un meilleur accompagnement et de meilleures infrastructures pour les jeunes, de meilleures détections ou encore par l’augmentation du nombre de clubs. En soi rendre les différentes strates du handisport plus professionnelles. « Il faudra plus se tourner vers le privé pour trouver des solutions financières car les instances publiques ne voudront et ne pourront faire plus. Le sport en Belgique, en générale, n’est pas la priorité. » La stratégie de la ligue et du comité paralympique à long terme est définie par différents objectifs stratégiques suivis à chaque Assemblée Générale. Elle permet d’avoir une vision de ce qu’il faut atteindre d’ici les Jeux de Tokyo afin de réaliser la mission de la Ligue Handisport Francophone.

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Comme toutes avancée et révolution au sein de notre histoire, trois phases apparaissent. La première phase, les gens diront que c’est impossible, dans un deuxième temps ils crieront au scandale et dans un dernier temps ils diront que c’est obligatoire et pousseront dans la même direction.

B.T.



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