"Menaces sur les crèches", alerte la fédération UNESSA

Dans le contexte actuel de Covid-19, UNESSA, fédération de l’accueil, de l’accompagnement, de l’aide et des soins aux personnes, s’inquiète pour la survie financière des crèches qu’elle représente et s’interroge sur les conditions sanitaires du déconfinement de leurs activités.

Malgré la pandémie de Covid-19, du personnel accueille chaque jour les enfants dans les crèches du pays. Un soulagement pour toutes celles et ceux dont la présence est requise sur leur lieu de travail : soignants, policiers, pompiers, personnel de vente… Le rôle des crèches est donc vital et reconnu comme tel par les autorités. Demain, une fois le déconfinement enclenché, ce rôle sera tout aussi indispensable. Pourtant, UNESSA s’inquiète de leur survie à terme et s’interroge également sur les conditions sanitaires du déconfinement de leurs activités.

Les crèches continuent leur mission d’accueil des enfants en bas âge à travers le pays. Une mission confirmée par les autorités comme vitale. Elles permettent au personnel prioritaire de rejoindre son lieu de travail s’il ne dispose pas d’alternative pour faire garder ses enfants.

Crèches vitales

Si la fréquentation des crèches a drastiquement baissé depuis le début de la pandémie, on remarque toutefois que celles situées à proximité d’hôpitaux, par exemple, accueillent trois fois plus d’enfants que les crèches qui en sont éloignées. « La démonstration de l’importance des crèches en cette période de Covid-19 n’est plus à faire. Leur niveau de service, voire la survie de certaines d’entre elle, est pourtant indirectement menacée par la pandémie actuelle », explique Christophe Happe, Directeur général d’UNESSA, la fédération de l’accueil, de l’accompagnement, de l’aide et des soins aux personnes.

Baisse des quotes-parts parentales

En effet, leur fréquentation ayant baissé, les crèches perçoivent moins de quotes-parts des parents. Ces quotes-parts représentent 25% des ressources financières des crèches agréées subventionnées (que représente UNESSA). Ces 25% y cofinancent 40% de l’emploi. Elles financent aussi les frais de fonctionnement, de maintenance, d’infrastructure… Les difficultés financières s’accumulent donc.

Pas de compensation

« Contrairement à sa promesse, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne compense pas cette diminution de revenus. Pourtant, des indemnités sont débloquées pour les maisons d’accueil, les accueillantes autonomes, les structures communales d’accueil d’enfants ou encore, les services d’accueil à domicile. Où est la logique alors que l’activité de nos crèches est tout aussi vitale et reconnue comme telle ? », s’interroge Christophe Happe.

En outre, les difficultés financières poussent des crèches à mettre du personnel en chômage temporaire (25 % à 30% des puéricultrices chez nos affiliés). Ce chômage temporaire se doublera de pertes de subsides divers, étant liés à l’occupation du personnel.

Craintes à terme

Outre la crainte pour la situation actuelle de nos crèches, UNESSA craint aussi pour leur santé financière à l’heure du déconfinement et de la relance de l’activité économique, de plus en plus souvent évoqués. En effet, cette reprise de l’activité économique sera sans doute très progressive. La fréquentation des crèches suivra sur un rythme similaire et les montants des quotes-parts parentales aussi (d’autant qu’elles sont déterminées en fonction des revenus des parents qui, globalement, devraient être impactés négativement par la crise du Covid-19). Cela ne contribuera pas à un assainissement rapide de la situation financière de nos crèches.

« Nous sommes inquiets pour l’avenir de nos crèches. Nous nous interrogeons sur leur capacité financière à tenir le choc. Vitales aujourd’hui, elles seront un maillon indispensable de la relance économique demain. Nous demandons dès lors à ce que le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles confirme rapidement en actes ses promesses et que les moyens financiers nécessaires soient également débloqués pour assurer la bonne reprise de l’ensemble des activités de nos crèches le moment venu », demande Christophe Happe.

UNESSA n’est pas seule à s’inquiéter. Alors que plusieurs régions souffrent, en temps normal, d’un manque de milieux d’accueil pour la petite enfance et que les menaces s’accumulent sur nos crèches, les familles nous témoignent leur solidarité en signant la pétition mise en ligne pour demander un support adéquat. À ce jour, plus de 4.000 signataires partagent notre inquiétude.

Conditions sanitaires de reprise

Enfin, comme dans beaucoup d’autres secteurs, les crèches s’inquiètent des conditions sanitaires du déconfinement de leurs activités. Plusieurs crèches ont signé un témoignage, relayant largement leurs questionnements et les inquiétudes de leur personnel. Car contrairement aux autres secteurs, impossible d’appliquer des gestes barrière ou de la distanciation sociale avec des nourrissons ou des enfants en très bas âge. Qu’en sera-t-il, dès lors, des risques de transmission, de la disponibilité de protections individuelles pour le personnel ou encore, du dépistage du Covid-19 parmi le personnel et les enfants ?… Certaines crèches accueillent jusque 160 enfants, le risque est donc loin d’être négligeable.

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