Radicalisme : Eux c’est nous forme les professionnels de la jeunesse

Radicalisme: Eux c'est nous forme les professionnels de la jeunesse

Eux c’est nous a été mis en place le 1 octobre 2016 à l’initiative d’Isabelle Simonis, ancienne ministre de la Jeunesse, à la suite des attentats de Bruxelles. Le dispositif forme les animateurs du secteur de la jeunesse pour qu’ils puissent avoir les outils pour mener des débats avec les jeunes portant sur le vivre ensemble. Le but est ainsi la formation et la sensibilisation des professionnels du secteur des Centres de Jeunes aux questions de prévention du radicalisme.


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« Alors que le discours sur la jeunesse se fait de plus en plus clivant, la pertinence de notre intervention se révèle, non seulement en lien avec la thématique qui nous occupe dans le cadre de ce dispositif, mais également comme une opportunité rare de dialogue multisectoriel et comme réponse au manque de lieux d’échanges sur cette thématique permettant une nécessaire prise de recul pour les animateurs de terrain (croisement, échanges de bonnes pratiques...) », déclare Pablo Vidal coordinateur du dispositif Eux c’est nous.

Ce dispositif a été mis en place en 2016, il fait suite au projet pilote de 2015 sur la formation et la sensibilisation professionnelle du secteur jeunesse. La fédération Wallonie-Bruxelles a signé une première convention de trois ans qui a démarrée le 1 octobre 2016. En 2019 une deuxième convention prolonge de dispositif d’un an. L’objectif est double, le vivre ensemble dans le secteur Jeunesse ainsi que la prévention du radicalisme sous toutes ses formes. Deux moyens d’actions pour cela : le premier est la formation des professionnels et le deuxième l’organisation de journées thématiques regroupant des professionnels et des jeunes.

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Un dispositif au service des professionnels

Le dispositif vise à une prévention générale de l’ensemble des jeunes. Deux niveaux d’interventions sont nécessaires. Tout d’abord envers les professionnels, ensuite envers les jeunes. Eux c’est nous vise à outiller les animateurs qui gravitent dans le secteur de la jeunesse. Pour cela, le dispositif se base sur des journées à thématiques actuelles dans une perspective d’échange et de compréhension mutuelle. Le but de cette démarche est d’éveiller les esprits et la capacité critique des jeunes par rapport aux informations qu’ils reçoivent ou qu’ils recherchent via les différents médiums. Les autres missions sont d’informer les jeunes sur la législation anti-discrimination et de comprendre la notion du vivre ensemble.

Par exemple, le dispositif met en place et anime des journées de formation « vivre un outil ». C’est une journée d’échange et de formation aux outils pédagogiques d’animation à destination des jeunes. Ces outils permettent de mettre en place des discussions constructives avec le public cible en le confrontant lors de débat animé par le professionnel.

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Prévenir la radicalisation

La notion de radicalisation englobe plusieurs thématiques qui entraînent une désolidarisation envers la société. « On ne se déradicalise pas en quelques jours, le processus s’inscrit sur le long terme impliquant des mois de maturation. Si le terreau de radicalisation est protéiforme, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’existe aucune possibilité de prévention, notamment en amont avec les missions du secteur Jeunesse », indique Pablo Vidal. La structure souhaite tuer le mal à la racine via des échanges et des débats tournant autour du vivre ensemble et de la notion de démocratie. Ce schéma d’approche et d’inclusion des jeunes oubliés permet d’agir comme une catharsis libérant les différentes frustrations et le sentiment d’exclusion sociale. Pour Pablo Vidal, « Ces objectifs postulent que la volonté de changement des jeunes puisse déboucher dans la recherche de solutions susceptibles d’une traduction politique et non dans une rupture violente de radicalisation. Ces enjeux sont par ailleurs autant de modèles pour une politique de jeunesse citoyenne ».

Le manque de moyens, outils et espaces d’échange entre professionnels pour approfondir les thématiques abordées par le dispositif sont également à soulever. Pour Eux c’est nous, « seule une intervention pédagogique soutenue autour du développement de l’esprit critique, du décryptage des médias, de la démarche interculturelle et de la mise en place d’espaces de libre expression pour les jeunes en quête de sens, peuvent conjointement contrebalancer ces facteurs de risques ».

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B.T.



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