La Belgique francophone s'unit contre la radicalisation

La Belgique francophone s'unit contre la radicalisation

La Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), la Région bruxelloise ainsi qu’un certain nombre de communes dont Liège, Namur et Charleroi ont décidé vendredi 2 mars de s’engager dans un protocole de collaboration en matière de prévention de la radicalisation. Elles pourront donc échanger des informations et mettre en place des partenariats pour rendre leurs actions plus efficaces.

Depuis les attentats qui ont touché l’Europe ces dernières années, la question de la radicalisation est omniprésente, notamment dans le secteur de l’Aide à la jeunesse. En effet, les travailleurs sociaux ont un rôle important à jouer dans la prévention de la radicalisation. Des initiatives ont donc vu le jour partout en Belgique, comme le projet YARIM, encourageant par exemple la formation de ces professionnels. Vendredi 2 mars, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ainsi que la Région bruxelloise et un certain nombre de villes et communes se sont engagées dans un Protocole de collaboration. L’objectif est de mettre en place des partenariats volontaires dans divers domaines et d’encourager l’échange d’informations afin de prévenir de façon plus efficace la radicalisation violente.

Un engagement entre les différentes entités

La FWB, la Région bruxelloise ainsi que les villes et communes de Bruxelles, Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean, Liège, Verviers, Namur et Charleroi se sont engagés dans le Protocole de collaboration. Elles s’engagent donc à développer des partenariats, sur base volontaire, dans les domaines suivants :

- le partage d’information entres les personnels des différents dispositifs : les partenaires s’informeront mutuellement de la façon dont fonctionnent leurs services, de leur approche de la prévention et des phénomènes de radicalisme violents, de leur activité en la matière, afin de mutualiser leur expérience ;
- la communication vers les publics à informer de l’existence des services à leur disposition ou à sensibiliser aux enjeux liés à la radicalisation ;
- le partage d’expertise et de bonnes pratiques : la Fédération Wallonie-Bruxelles invitera ses partenaires à au moins une rencontre par an qui sera consacrée à l’échange de bonnes pratiques ;
- la prise en charge individuelle des personnes concernées par la radicalisation, c’est-à-dire l’accompagnement psycho-social professionnel proposé et mis en œuvre avec la personne concernée directement ou indirectement par la radicalisation qui en fait la demande.

Lorsqu’une demande sera transmise au "Réseau de prise en charge des extrémismes et des radicalismes violents", la personne sera informée de l’existence d’initiatives de proximité, notamment celles mises en place au sein des communes signataires. Réciproquement, les communes pourront informer les personnes concernées de l’existence du Réseau de prise en charge de la FWB et de ses missions.

Avec ce protocole, les différents acteurs de la prévention vont donc pouvoir travailler de façon complémentaire à la prise en charge des situations individuelles. Il institue aussi un Comité de suivi, qui se réunira une fois par an pour constituer un espace de rencontre et de dialogue entre les différents partenaires. Celui-ci permettra de mieux comprendre les outils et méthodes mis en œuvre par chaque partenaire et permettra d’échanger des expertises et des bonnes pratiques.

Une volonté de rassembler

Pour le ministre-président de la FWB Rudy Demotte, "La signature de ce protocole n’est assurément pas qu’un geste symbolique. Elle concrétise une volonté, et au-delà une nécessité, d’un travail concerté en matière de prévention contre le phénomène de radicalisation violente. Et confirme l’ambition de rassemblement et d’ouverture qui est dans l’ADN de la Fédération Wallonie-Bruxelles". Il poursuit en affirmant : "Les signataires de ce partenariat ont tous pour finalité de garantir la cohérence de l’action publique, dans le respect de l’autonomie de chacun mais avec la conviction commune, et farouche, que le partage et le dialogue sont la clé d’une stratégie fructueuse."

Quant au ministre des Maisons de Justice de la FWB, Rachid Madrane, il espère que cette dynamique "ira en s’amplifiant, puisque le Protocole prévoit la possibilité à toute entité publique de s’y joindre ultérieurement, dès lors que celle-ci souhaite apporter son soutien à la lutte contre le radicalisme violent dans le cadre de ses compétences."

Une absente : la Région wallonne

Dans ce Protocole de collaboration, la Région wallonne s’est fait remarquer par son absence. En effet, elle a été invitée à participer et était impliquée au départ dans le projet. La Région s’est ensuite ravisée sur la signature du Protocole."Il ne s’agit pas d’une opposition politique au projet", assure Pauline Biévez, la porte-parole de Willy Borsus, au Soir. "La Région est en train de développer son plan de lutte contre la radicalisation, qui comporte toute une série de mesures. Il nous semblait donc prématuré de signer ce protocole sans savoir ce que nous allons mettre en place. On doit se réapproprier cette matière et la faire nôtre. Mais nous n’excluons pas de le signer, ou du moins certaines parties, plus tard". En effet, le ministre-président wallon Willy Borsus avait annoncé en octobre 2017 qu’il comptait définir de nouveaux axes de travail au Plan wallon de prévention de la radicalisation.

De nombreux dispositifs déjà en place

Le Protocole vise donc à encourager la collaboration entre les différents dispositifs déjà en place dans les entités signataires.

En janvier 2016, Rudy Demotte et Rachid Madrane ont ainsi créé en Fédération Wallonie-Bruxelles le Réseau de prise en charge des extrémismes et des radicalismes violents et, un an plus tard, un Centre d’aide et de prise en charge des personnes concernées par le radicalisme et l’extrémisme violent (CAPREV) ainsi qu’un Centre de ressources et d’appui (CREA). Ces outils sont accessibles au grand public, aux acteurs de terrain et aux différents services de la FWB.

Quant à la Région bruxelloise et aux différentes villes et communes signataires, elles ont elles aussi mis en place leurs propres structures de lutte contre la radicalisation. On peut citer parmi elles la Cellule PRE-RAD à Bruxelles ou encore la cellule de prévention de la radicalisation d’Anderlecht, mise en place en 2015.

[A Lire]

- Un nouvel appel à projet pour la lutte contre le radicalisme
- Lutte contre le radicalisme : vers une re-fédéralisation des compétences ?
- De nouvelles formations anti-radicalisme dans les IPPJ



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus