Un guide contre le sexisme pour les travailleurs de rue

Un guide contre le sexisme pour les travailleurs de rue

Pour faire face au sexisme dans l’espace public, l’ASBL Maison Plurielle et la régionale de Vie Féminine se sont associées pour concevoir et diffuser un guide de recommandations à destination des travailleurs de rue et des policiers. Ce projet, lancé à la demande de la division prévention sécurité de la ville de Charleroi, devrait leur permettre de mieux prendre en charge les victimes de violences sexistes.

Malgré la loi fédérale de 2014 qui réprime les violences sexistes et les tentatives de la Fédération Wallonie-Bruxelles de remédier au problème, 2 femmes sur 3 vivent toujours le sexisme au quotidien dans l’espace public à Charleroi. Qu’il s’agisse de harcèlement, de menaces, ou encore d’attouchements ou de viols, la question de la prise en charge des victimes se pose. Afin de leur offrir un accueil et une écoute de meilleure qualité, l’ASBL Maison plurielle et la régionale de Vie Féminine ont rédigé un guide pratique de recommandations pour les travailleurs de rue et les policiers qui sera distribué à plus de 500 d’entre eux.

Un guide pratique de recommandations

Edité au format poche et comportant une vingtaine de pages, le guide formule des recommandations sur la manière de prendre en charge les victimes de violences sexistes. Il a été rédigé suite à une enquête de Vie Féminine sur le sexisme dans l’espace public. Deux versions existent : l’une à destination des travailleurs de rue et l’autre pour les policiers. Il est prévu de distribuer le guide à plus de 500 professionnels. Cette initiative, réalisée à la demande de la division prévention sécurité de Charleroi, est une première en Wallonie et une réédition du guide est déjà prévue.

Soigner l’accueil et l’écoute des victimes

L’objectif de ce guide est de permettre aux victimes de recevoir un meilleur accueil de la part des professionnels. Ils doivent être en mesure d’écouter les plaintes, d’expliquer que des poursuites sont possibles et que des sanctions pénales existent. "Croire la victime est primordial : il faut donc éviter les commentaires de nature à mettre les faits en doute, écouter sans juger et déculpabiliser en ne décourageant jamais le dépôt d’une plainte", explique Gémaëlle Corsini, chargée du projet, à la Dernière Heure. Il s’agit donc pour les professionnels de ne pas banaliser ou minimiser les plaintes de ces femmes.

Pour le grand public aussi : une campagne de sensibilisation

Afin de sensibiliser aussi les citoyens à cette problématique, Maison Plurielle et la régionale de Vie Féminine organisent aussi une distribution de tracts à Charleroi jeudi 22 février. Ils indiquent plusieurs adresses de référence, de lieux et d’opérateurs qui peuvent venir en aide aux victimes de violences sexistes.

Gémaëlle Corsini déclare ainsi à l’Avenir : "Nous avons décidé d’aller un peu plus loin avec cette opération de proximité dans la ville. Nous voulons en effet que chacun prenne conscience des multiples formes du sexisme, et soit préparé à y réagir. Que l’on en soit victime ou témoin, il convient d’y faire face. C’est comme cela que l’on peut contribuer à renforcer la sécurité et à améliorer le vivre ensemble dans l’espace public."

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