Un nouveau dispositif e-santé verra bientôt le jour en Wallonie

Un nouveau dispositif e-santé verra bientôt le jour en Wallonie

L’e-santé, le secteur qui allie nouvelles technologies aux pratiques du secteur des soins de santé, ne cesse de surprendre et d’être le centre de toutes les attentions. Bientôt, une plateforme d’analyse de données médicales verra le jour à Charleroi. Cette plateforme aura pour vocation de mettre en lien les données médicales des patients et des médecins généralistes avec les entreprises de la sante et les organismes de recherche en Wallonie.

Depuis quelques années, grâce aux technologies de l’information, le secteur de l’e-santé ne cesse de se développer et de proposer plusieurs initiatives innovantes. Le 19 juillet dernier, le gouvernement wallon a donné son aval pour la création de l’Institute of Analytics for Health (INAH) à Charleroi. L’INAH a pour ambition d’être une plateforme numérique qui mettra en lien les données médicales des patients wallons et des médecins généralistes avec les entreprises et les organismes de recherche du secteur de la santé. Concrètement, cette plateforme exploitera l’ensemble des données médicales du Réseau Santé Wallon, sans compromettre la protection de la vie privée des patients. Ce projet a fait partie du plan CATCH qui a été initié en 2016, à Charleroi, dans le but d’encourager la croissance de l’emploi.

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Une plateforme avantageuse pour tous

Maintenir les professionnels de la santé (médecins, hôpitaux, entreprises, organisations de recherche) au cœur des données des patients est une composante essentielle de ce projet. L’INAH veut définir un cadre concret pour ces derniers acteurs et garantit une utilisation sécurisée des informations des patients.

Interrogée par la DH, Augustin Coppée du plan Catch, explique que "les données, rendues anonymes pour la sécurité et la vie privée des patients, peuvent servir à plusieurs fins :

- Un : la recherche et le développement, par exemple en obtenant certaines données sur des patients diabétiques blonds âgés entre 16 à 28 ans. Les entreprises peuvent alors développer de nouveaux produits ou adapter des solutions existantes pour des cas plus précis.

- Deux : détecter en amont les patients qui présentent des risques, par exemple pour le diabète de nouveau, en prévenant le médecin traitant qu’un algorithme a décelé des éléments suspects chez un de ses patients, et qu’il existe un test pour établir un diagnostic."

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Des fortes garanties de sécurité

Cependant, les autorités publiques seront chargées de valider en amont chaque étape du processus afin d’éviter que les données confidentielles des patients soient utilisées par différents organismes dans leur propre environnement.

En pratique, cette procédure se déroulera de la manière suivante : les organismes de recherche et les entreprises pourront soumettre une demande d’analyse à l’INAH qui appréciera la légitimité de la demande et collectera ensuite les informations au sein du Réseau de Santé Wallon. Cette plateforme préparera le résultat de la requête avant de l’envoyer au demandeur, qui obtiendra uniquement ce résultat et non les données des patients.

Par exemple, si un organisme de recherche a besoin de savoir le pourcentage des fumeurs de 30 à 40 ans qui présentent des problèmes cardiaques, l’INAH évaluera et traitera cette demande afin de lui fournir le résultat obtenu, à savoir non pas la base de données des patients concernés, mais bien le pourcentage correspondant, précise le Catch sur son site internet.

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Un outil pour booster l’emploi, aussi

Le développement de l’INAH et sa mise en place seront assurés par le Réseau santé wallon (RSW) et le Centre d’excellence en technologie de l’information et de la communication (CETIC). "Une phase pilote va se lancer pour une durée de six à douze mois, sous la supervision d’une équipe de médecins, d’analystes et de techniciens, ça devrait créer une cinquantaine d’emplois à partir de l’été 2019. Un bon nombre de centres de recherche et d’entreprises en biotech viendront s’installer au Biopark, à proximité du bureau de l’INAH, pour faciliter l’échange de données. Ce sera un outil supplémentaire pour booster l’emploi à Gosselies", a précisé Augustin Coppée pour la DH. L’objectif final étant de généraliser progressivement ce dispositif à plusieurs hôpitaux et professionnels de santé ainsi qu’à plusieurs solutions thérapeutiques.

À terme, les initiateurs de cet outil prévoient, aussi, d’intégrer d’autres sources de données (nationale ou internationale).

La rédaction



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