Une contraception gratuite pour les jeunes ?

Une contraception gratuite pour les jeunes ?

Hélène Ryckmans, députée wallonne Ecolo, vient de déposer une proposition de décret au Parlement wallon qui mettrait à disposition de tous les 14-25 ans un pass "contraception-prévention". Le but d’une telle mesure serait d’augmenter la contraception chez les jeunes en la rendant gratuite.

Après avoir volé au secours des plannings familiaux sur la question de la pilule du lendemain, le Parlement wallon s’intéresse une nouvelle fois à la contraception avec la proposition du "pass contraception-prévention". Cette mesure, proposée par Ecolo, permettrait d’élargir la gratuité de la contraception grâce à des "chèques contraception".

Le pass "contraception-prévention"

Concrètement, la mesure consisterait à octroyer à tous les jeunes de 14 à 25 ans une dizaine de chèques par an, téléchargeables sur internet. Ces chèques permettraient aux jeunes de ne plus avoir à avancer le paiement des prestations pharmaceutiques ou médicales pour leur contraception.

Le pass féminin serait ainsi composé de 3 chèques pour des consultations médicales, 3 pour la prescription d’un moyen de contraception, 2 chèques pour l’achat d’une pilule du lendemain et 2 pour des dépistages des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). Quant au pass masculin, il consisterait en 5 chèques pour l’achat de préservatifs et des consultations médicales et 2 pour le dépistage des IST. Les chèques ne seraient utilisables qu’après leur validation par un médecin.

Si cette mesure est acceptée, il restera encore à convaincre le Fédéral de signer un accord de coopération avec la Région wallonne, pour permettre à l’Inami de rembourser ces prestations.

Une confidentialité nécessaire

Selon le Sips, le planning familial liégeois, un meilleur accès à la contraception et au dépistage serait une bonne chose pour les jeunes, à condition de respecter leur confidentialité. Interrogée par L’Avenir, Florence Riga, accueillante au Sips explique qu’il faut pour cela "que le système soit bien construit au niveau de la confidentialité, du lien avec l’INAMI et la mutuelle". En effet, il est difficile pour les jeunes d’accéder à une contraception de manière confidentielle lorsque le remboursement se fait par la mutuelle des parents. Or, selon elle, "s’ils veulent en parler, c’est très bien, parce que ça permet un meilleur suivi médical. Mais cela ne doit pas être obligatoire : la sexualité des jeunes ne doit pas être forcément connue des parents."

Répondre à un besoin

Selon Hélène Ryckmans, 365.000 jeunes pourraient accéder gratuitement à un moyen de contraception grâce au pass "contraception-prévention". Elle explique que l’accès à la contraception peut être difficile malgré le remboursement partiel de l’Inami, notamment pour les jeunes les plus précarisés.

Aujourd’hui, l’Inami rembourse déjà totalement certains contraceptifs chez les femmes jusqu’à 21 ans. Quant à la pilule contraceptive d’urgence, elle est remboursée lorsqu’elle est prescrite et gratuite en centre de planning familial. Il est aussi possible de se procurer gratuitement des préservatifs dans les plannings familiaux. La mesure permettrait donc d’élargir le remboursement en le rendant possible jusqu’à 25 ans, mais aussi de rembourser la contraception et le dépistage pour les hommes.

Un manque d’informations

Selon le dernier rapport de l’Institut de Santé Publique en 2016, un jeune sur cinq n’utilise pas de moyen de contraception. Cela serait lié à un manque de moyens, mais aussi à un manque d’informations. En effet, malgré le décret qui oblige les écoles à mettre en place un projet d’Education à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVRAS), certains jeunes restent mal informés sur la question. C’est donc souvent aux plannings familiaux que revient la charge d’éduquer les jeunes à la contraception lorsqu’ils s’adressent à eux.

[A Lire]

- La pilule ne passe pas pour les centres de planning familial
- Des discussions sur l’avortement deviennent nécessaires
- Les fédérations des centres de planning familial soutiennent l’EVRAS



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus