Urgences du CHU Tivoli : le personnel a déposé un préavis de grève

Urgences du CHU Tivoli: le personnel a déposé un préavis de grève

Depuis des mois, les travailleurs des urgences du CHU Tivoli dénoncent un sous-effectif quasi quotidien dans le service. Selon eux, la direction "entend" mais ne prend pas les mesures concrètes et nécessaires pour remédier à la situation de manière durable. Face à cet immobilisme, la CNE a déposé un préavis de grève qui arrivera à échéance ce vendredi 10 janvier.


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La colère monte au sein des urgences du CHU Tivoli. Voilà des mois maintenant que le personnel soignant tire la sonnette d’alarme. L’objet de son mécontentement ? Le sous-effectif qui frappe durement le service ! « Il n’y a clairement pas assez de personnel soignant sur le terrain. Le service est vraiment en manque d’infirmières, d’aides-soignantes », dénonce Julie Coumont, permanente CNE.

Face à cette situation devenue intenable, les professionnels de la santé ont décidé de monter au créneau afin de réclamer des solutions ambitieuses. Il en va de leur santé et de leur sécurité, mais également de celles des patients... Et pour cause : travailler dans ces conditions comporte des risques réels et crée un stress devenu insupportable ! Les travailleurs s’épuisent, certains sont en incapacité de travail de longue durée en raison notamment de burn-out. Les effectifs présents doivent donc compenser les absences et finissent eux-aussi par s’épuiser. Un cercle vicieux qui est grand temps de stopper.

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Six mois de discussion

Pour la syndicaliste, face aux revendications des travailleurs, la direction a joué la carte de la temporisation… Elle explique : « Elle a organisé cinq groupes de travail avec le personnel soignant. Ce dernier a joué le jeu, a dégagé des pistes et a formulé des propositions d’amélioration. Pourtant, six mois plus tard, rien n’a bougé. La direction a juste proposé des petites mesurettes qui ne sont pas durables et qui ne vont pas régler le problème. Bref, nous sommes face à un statu quo. De plus, la direction se retranche derrière sa difficulté à recruter. Mais, ce n’est pas une bonne excuse pour nous. C’est sa responsabilité de trouver de nouvelles recrues. Le rôle d’une direction est en effet de faire tourner le service de manière efficace et sécurisante autant pour le personnel que les patients. »

Face à ce statu quo, le personnel a donc tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme, juste avant Noël. « En réponse, la direction a fixé un rendez-vous le vendredi 10 janvier. Comme si elle voulait passer de bonnes vacances et reporter à plus tard la gestion de ce problème… En attendant, les fêtes de fin d’année, c’est une période critique pour le personnel, ils sont encore moins nombreux qu’à l’accoutumée. » Dans ce contexte, la CNE a déposé un préavis de grève qui arrivera à échéance ce vendredi 10 janvier… jour de la fameuse réunion.

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Deux revendications

L’issue de cette entrevue entre direction et représentants des travailleurs conditionnera clairement la suite des événements. « On souhaite que la direction revienne vers le personnel avec des réponses concrètes », martèle Julie Coumont. « Afin que nos revendications soient bien entendues, nous lui avons remis un cahier de revendications précis. Premièrement, nous demandons que la direction recrute et engage de nouveaux travailleurs. En parallèle, nous leur proposons de modifier la répartition des tâches entre les médecins qui sont en nombre suffisant et le personnel soignant qui est en sous-effectif, soit les infirmières et les aides-soignantes. »

Elle rajoute : « Il faut savoir qu’il y a quelques années, le service des urgences a fait preuve de solidarité. Face au manque de médecins, certaines de leurs tâches ont été endossées par le personnel soignant. Aujourd’hui, nous sommes en quelque sorte face à la situation inverse. Alors pourquoi ne pas refaire une répartition des tâches en fonction des effectifs ? Après, cette deuxième solution ne serait mise en place que durant la phase de recrutement des travailleurs car c’est certain il faut des bras supplémentaires. »

Ce vendredi 10 janvier, la réunion avec la direction sera suivie d’une assemblée du personnel. Les participants débâteront alors sur les suites à donner à la contestation. Si aucune solution concrète n’est proposée par la direction, la CNE prévient : elle passera à l’action. Ironie du sort : en cas de grève et d’application du service minimum, les travailleurs seront plus nombreux dans le service que tous les autres jours de l’année...

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E.V.



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