La santé doit-elle forcément être pensée de manière curative ?

La santé doit-elle forcément être pensée de manière curative ?

La vision de la santé, dans notre société, se résume bien souvent à des traitements curatifs, basés principalement sur les médicaments. Or, la santé englobe un spectre bien plus large et pas nécessairement toujours négatif. Le concept de « Santé positive » débarque en Belgique.

A l’heure actuelle, la santé est pensée principalement sur la paire symptômes/soins curatifs. Et si c’était bien plus que ça ? Les Mutualités Chrétiennes (MC) organisent un symposium sur le concept de « Santé positive », qui défend une vision plus globale de la santé, prenant en compte divers critères, en plus de ceux exclusivement « physiques ».

Plusieurs dimensions

Dans le domaine de la santé positive, plusieurs dimensions, autres que les valeurs « physiques » sont à prendre en compte. Ainsi, pour le secrétaire général des Mutualités Chrétiennes, Jean Hermesse, « La santé comporte d’autres dimensions telles que la recherche de sens, la qualité de vie, le fonctionnement quotidien, la participation à la société. Toutes ces dimensions sont interconnectées chez l’être humain et jouent un rôle dans l’état de santé global du citoyen. Un citoyen qui reprend ainsi la maîtrise de sa santé et en devient acteur », explique-t-il au journal Le Soir.

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A l’heure actuelle, la santé est toujours pensée en termes de soins curatifs, dépendants de symptômes. Les récents changements législatifs en matière de santé mentale prouvent cette tendance à appliquer un protocole de soins, plutôt que d’envisager le sujet de manière globale. C’est une erreur, selon plusieurs professionnels. « Être en “bonne santé, d’après la définition classique de l’Organisation mondiale de la santé, c’est être dans un état de bien-être physique et psychique complet. Un appel implicite à continuer de soigner les gens jusqu’à ce qu’ils aient atteint un état de bien-être total, ce qui est irréaliste », poursuit le secrétaire général des Mutualités Chrétiennes.

Une conception différente

Sur la base de ces constats, la santé positive prend en compte 6 dimensions de vie des personnes, censées être le reflet de leur état général. Ces 6 dimensions ont été testées sur 2.000 personnes par le docteur à l’origine du concept de la santé positive, Matcheld Huber. Les résultats des tests ont divulgué que la notion de santé est perçue de manière différente en fonction des professionnels de la santé et des citoyens. Comme on pourrait s’en douter, les médecins vont avoir tendance à accorder plus d’importance aux dimensions physiques alors que pour les personnes, les 6 dimensions proposées par le Dr Huber ont une importance égale, incluant dès lors la qualité et le sens de la vie.

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Un outil concret

Le Dr Huber a développé un outil concret, qui permet au patient de situer son état de santé global, prenant en compte ces 6 dimensions. C’est cet outil que les Mutualités Chrétiennes souhaitent implémenter en Belgique. « Si nous voulons améliorer la santé des Belges, il faut changer de paradigme et mettre davantage l’accent sur la prévention des maladies et la promotion de la santé. Une manière forte d’y parvenir est de déployer, comme aux Pays-Bas, le concept de Santé positive et de mettre en place une structure similaire à celle de l’IPH », détaille Jean Hermesse au journal Le Soir.

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Les MC lancent dès lors un appel aux organisations et aux personnes souhaitant développer ce concept de santé positive, lors d’un symposium ce 1er juin. Plusieurs institutions ont été contactées et montrent un réel intérêt, selon Jean Hermesse. « Aux Pays-Bas, de nombreux acteurs se sont déjà concrètement emparés de ce concept. L’institut que nous allons lancer veut faire connaître et promouvoir le concept chez nous. C’est un long chemin, mais un tel changement de cap peut révolutionner la médecine aujourd’hui. »

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D’où vient la santé positive ?

Le concept de santé positive nous vient des Pays-Bas, du Dr Machteld Huber, fondatrice et directrice du Institute for Positive Health (IPH). A la suite d’une maladie dont elle a souffert en 2009, la scientifique s’est interrogée sur notre conception de la santé et s’est demandé si nous ne devrions pas « revoir la définition de la santé en étant plus ‘positif’ ». Après concertations avec ses patients, ses collègues, les acteurs de santé, elle a défini la liste des 6 dimensions qui témoignent d’une santé « holistique », prenant dès lors en compte plusieurs aspects de la vie des personnes et non exclusivement le côté médical.

La rédaction



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