Un cadastre sur l'offre et les besoins en santé à Bruxelles

Un cadastre sur l'offre et les besoins en santé à Bruxelles

Mardi 8 avril, l’Observatoire de la Santé et du Social présentait les résultats de son étude concernant l’offre des médecins généralistes en Région bruxelloise. L’étude, commanditée par le cabinet du ministre en charge, Didier Gosuin, vise à recueillir la situation quartier par quartier, ainsi que les besoins de la population, en vue d’éviter une éventuelle pénurie de praticiens dans le futur.

Renforcer les soins de première ligne est aujourd’hui une priorité dans le secteur de la santé. Des projets voient ainsi le jour, comme ceux portés par la Fondation Roi Baudouin. Souvent premiers à être consultés, les médecins généralistes tiennent un rôle particulier dans ce domaine. Ils sont ainsi parfois confrontés à des pathologies sur lesquelles ils ne sont pas suffisamment formés, en matière de santé mentale notamment. En parallèle, une pénurie guette les travailleurs de soins de santé, dont une part importante devrait partir à la retraite dans les années à venir. Pour mieux comprendre la situation particulière de Bruxelles, une étude de l’Observatoire de la Santé et du Social a été réalisée quant à l’offre de médecins en fonction des besoins de la population dans la Région, en affinant le constat par quartiers.

Une pénurie de médecins ?

Au total, 1.468 médecins généralistes étaient actifs en Région bruxelloise en 2017. Cela signifie environ 1 médecin généraliste pour 812 habitants et 1,23 médecin généraliste pour 1.000 habitants. Si nous ne nous concentrons que sur les médecins généralistes de moins de 70 ans, ce nombre est de 1,17 médecin généraliste pour 1 000 habitants. Près d’un médecin sur trois a entre 55 et 64 ans, ce qui signifie qu’un grand groupe de médecins partira à la retraite au cours des 10 prochaines années. La pénurie de médecins généralistes ne touche donc pas encore Bruxelles, mais elle guette dans certains quartiers et 486 médecins généralistes en plus seront nécessaires en 2027. Pour faire face à cette situation, le débat doit être remis sur la table avec le Fédéral afin de travailler avec la Région de manière constructive.

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Une étude affinée par quartier

L’étude de l’Observatoire de la Santé et du Social vise à affiner la méthode de détermination des zones identifiées en pénurie, afin de mettre en place des incitants permettant de rééquilibrer le paysage des médecins généralistes en Région bruxelloise. La spécificité de cette étude est qu’elle ne se contente pas de faire une photographie de l’offre, mais croise celle-ci aux besoins en soins de la population bruxelloise quartier par quartier. L’objectif n’est pas seulement d’appliquer la norme fédérale de 9 médecins par 10 000 habitants pour déterminer s’il y a pénurie ou non, mais de déterminer quels sont les quartiers qui par leurs structures d’âge ou socio-économique (plus de précarité) auraient davantage besoin de médecins généralistes.

Des tendances générales

L’étude révèle une féminisation importante de la profession de médecin généraliste. En effet, il y a pratiquement autant de femmes que d’hommes représentés dans la profession à Bruxelles. Chez les jeunes, les femmes médecins sont même majoritaires. Un autre changement d’importance est aussi observé : l’augmentation de la pratique en groupe. Actuellement, environ la moitié (49 %) des médecins bruxellois travaillent ainsi. Une pratique qui concerne particulièrement les jeunes médecins, puisque plus de 80% des 25-34 ans sont installés en groupe. On les retrouve plutôt dans le centre de Bruxelles. Enfin, lors de la présentation de l’étude, le ministre bruxellois en charge de la Santé, Didier Gosuin, a soulevé la question des motivations des jeunes médecins dans leur choix d’installation. Selon les dernières études, ils privilégieraient en priorité des aspects comme la proximité du domicile ou l’importance de la patientèle, mais aussi les besoins d’accès aux soins pour les personnes les plus précaires.

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Attirer les jeunes médecins à Bruxelles

Suite à cette étude, l’objectif de la Région bruxelloise est de continuer à promouvoir des mesures susceptibles d’attirer de jeunes médecins sur l’ensemble du territoire bruxellois, comme au travers des primes Impulseo. Celles-ci consistent en 3 primes dont l’objectif est de répondre aux besoins des praticiens en termes de locaux adaptés, de localisation ou d’aide à la gestion de l’activité économique pratique. Depuis la 6ème réforme de l’Etat, les nombre de primes octroyées a ainsi été largement augmenté en Région bruxelloise. Toutes primes confondues, elles sont passées de 85 distribuées en 2013 à 174 au total en 2017.

Bruxelles, une situation particulière

La situation de Bruxelles n’est pas comparable à celle de la Flandre et de la Wallonie puisqu’elle présente des particularités sociodémographiques qui peuvent fortement influencer le besoin et l’offre de soins de première ligne. Touchée aussi par le vieillissement de la population, elle se caractérise par une forte croissance démographique, une grande part de la population en situation de précarité ou de pauvreté ou encore de nationalité étrangère, ainsi qu’un immobilier cher. En outre, il y a des réalités difficilement chiffrables, comme la forte présence d’étudiants koteurs ou de touristes qui peuvent tous aussi avoir besoin de soins médicaux. Enfin, en Région bruxelloise, il existe une sous-consommation de la première ligne de soins, puisque plus de 34% des Bruxellois n’ont pas de médecins généralistes attitrés contre seulement 17% en Flandre et en Wallonie.

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