Appel à la grève le 6 septembre : les revendications d’Union4U, syndicat infirmier

02/09/21
Appel à la grève le 6 septembre : les revendications d'Union4U, syndicat infirmier

Le 6 septembre 2021, un appel à la grève et au rassemblement est organisé par le syndicat autonome belge des praticiens de l’art infirmier (Union4U) soutenu par le collectif inter-hospitalier M.P.A.I. Rendez-vous donné à 11h au carrefour de l’Europe. Les revendications de ce rassemblement visent la dégradation des conditions de travail et la préservation de droits professionnels des infirmier.ère.s, en particulier la reconnaissance de leurs qualifications dans le cadre du nouveau barème salarial, l’IF-IC.

[Notre dossier] :

- « L’IF-IC offre un barème plus attrayant et donc une reconnaissance salariale ! »
- Manifestation des soignants : "On ne travaille plus, on cravache !"
- Manifestation des soignant.e.s : la réponse du ministre Vandenbroucke

Depuis des années le secteur du soin réclame plus de moyens, plus de personnel, moins d’administratif, des revalorisations salariales et une action forte pour contrecarrer la pénurie d’infirmier.ère.s que connaît le pays. Ces appels dirigés vers le gouvernement sont trop souvent restés lettres mortes.

Puis vint la crise du Covid. Manque de matériel, manque de personnel, surmenage, prises de risques... Soudain toutes ces revendications prenaient corps de façon exacerbée et la non-réponse apportée depuis des années faisait craindre pour la vie des personnes sur le terrain. Le Guidesocial fait le point sur les revendications d’Union4U avec son président Thierry Lothaire.

- Lire aussi : Notre reportage lors de la manifestation

Un manifeste pour l’attractivité du métier

Le 20 juin 2021, le syndicat et les praticien.ne.s de l’art infirmier organisaient une manifestation avec comme revendications :

  • Des soins envisagés comme un investissement et non un coût
  • La fin des économies sur les soins de santé
  • Plus de praticien.ne.s au chevet des patient.e.s
  • La possibilité de suivre des formations tout au long de la carrière sans être une charge pour les collègues
  • Garantir une rémunération attractive correspondante aux formations, aux expertises et responsabilités et transformer l’octroi de primes ‘one shoot’ et/ou des chèques repas en salaire pérenne.
  • Donner une place à la hauteur des qualifications du personnel dans les organes de décisions où sont envisagées les stratégies de soins, formations des soignants et procédures.

- A lire : Infirmiers : SOS, le cri de détresse

Revendications portées et détaillées dans le manifeste pour l’attractivité des praticien.ne.s de l’art infirmier en Belgique de l’Union4U rédigé le 12 Mai 2021, qui concerne donc les infirmier.ère.s mais aussi les aides soignant.e.s afin d’affirmer “une volonté de travailler ensemble en binôme.”

Les 5 axes d’action prioritaires qui y sont développer visent :

  • la reconnaissance de la pénibilité à l’adaptation des salaires et à l’amélioration du bien-être au travail
  • l’autonomie professionnelle et la capacité de décider
  • une réforme structurelle des formations, spécialisations et qualifications professionnelles
  • la révision de la classification des fonctions IF-IC, le retrait des discriminations et l’adaptation des barèmes
  • la reconnaissance sociale et représentativité effective de la profession à la prise de décision

Ceci dans un objectif de bien-être des professionnel.le.s de soins, une reconnaissance et valorisation des formations et compétences requises et d’un pilotage des pistes de changement à tous les niveaux décisionnels.

Fonds des blouses blanches

Afin de répondre à ces nombreuses revendications et particulièrement celles concernant le manque de personnel, de formation et d’attractivité du milieu du soin entraînant une pénurie, le fonds des blouses blanches a été créé en Décembre 2019 pour améliorer l’emploi et l’attractivité des professions d’infirmier.ère.s. 67 millions d’euros ont été débloqués en Novembre 2019 permettant la création d’un peu plus de mille équivalents temps pleins et 402 millions d’euros en 2020 pour presque 4500 emplois créés. Concernant la formation, 40 millions d’euros ont été investis pour permettre au personnel sur le terrain de se former en étant remplacé. Cet argent donne également accès aux demandeur.euse.s d’emploi voulant se former aux métiers du soins, à une bourse pour financer les frais d’études. Dans ce cadre, environ 1.000 personnes entreront en école d’infirmier.ère.s, la rentrée de septembre 2021.

Pour Thierry Lothaire le soutien financier via le fonds des blouses blanches “est conséquent mais ne suffit pas pour l’ensemble des 300 000 travailleur.se.s concerné.e.s.”

- A lire : Fonds des blouses blanches : 402 millions par an pour le recrutement et la formation

La problématique de l’IFIC

Pour aller plus loin dans la revalorisation salariale et l’attractivité du secteur, un nouveau barème salarial vient d’être mis en place : l’IF-IC. Ce nouveau barème calcul le salaire non plus en fonction des diplômes mais par rapport à 17 catégories de fonctions.

- A lire :Ce qu’il faut retenir des différents accords non-marchands

C’est une des problématiques que souhaite aborder le syndicat autonome à la suite du dépôt de l’ avis de grève nationale ainsi que dans chaque institution hospitalière “pour une action rapide sur le terrain afin de ne pas accentuer l’absentéisme déjà trop important”. Selon Thierry Lothaire, l’IF-IC est “discriminant pour le personnel spécialisé dont la revalorisation du salaire via ce nouveau barème le rend équivalent au personnel non spécialisé. Nous souhaitons un IF-IC spécifique et différencié afin d’obtenir dans les faits une égalité entre les compétences et le salaire et non entre le travail et le salaire.”

Un manque de considération de la part du ministre de la santé

Le président d’Union4U pointe également un manque de considération de la part du ministre fédéral de la santé, Frank Vandenbroucke, qui n’a jamais ouvert ses portes aux représentant.e.s d’Union4U, malgré les nombreuses sollicitations. “C’est un manque de considération flagrant. On demande à être reconnu, pris en considération en tant qu’acteur.rice.s de terrain. Notre expérience est riche et nos connaissances sont indispensables à une réflexion juste.”

Des conditions de travail toujours trop dégradées

Concernant les conditions de travail, le constat est toujours aussi alarmant, pour le syndicat. Les réponses apportées par le gouvernement ne seraient pas suffisantes. Ainsi, l’Union4U octroie un délai de réponse au gouvernement qui prendra fin le 31 décembre 2020. “Nous laissons un délai au gouvernement jusqu’au 31 décembre pour nous apporter une réponse adaptée à certaines de nos revendications. Si ce n’est pas le cas, nous devrons agir de manière plus ferme.”

T. A



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