Coronavirus et santé mentale : les plannings familiaux saturés

Coronavirus et santé mentale : les plannings familiaux saturés

Un an après le début de la pandémie, la santé mentale de la population est au plus bas et les consultations psychologiques montent en flèche. Les centres de planning familial font le point sur la situation.

Le coronavirus et les mesures sanitaires prises en conséquence ne semblent certes pas avoir de conséquence sur les demandes de recours à l’interruption volontaire de grossesse, mais augmentent le nombre de consultations psychologiques…

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« On n’arrive plus à suivre »

Les plannings familiaux sont débordés face à la hausse des urgences psychologiques.

« On n’arrive plus à suivre. Dans les meilleurs des cas, on arrive à obtenir un rendez-vous dans un centre de soins psy avec un délai de deux à trois semaines, mais c’est parfois plutôt deux à trois mois, voire les centres n’acceptent plus de nouveaux rendez-vous. La santé mentale est saturée », alerte Karim Majoros, directeur de la Fédération Laique de Centres de Planning Familial à l’agence Belga.

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Les recours à l’IVG sont stables, mais…

Selon les chiffres des plannings familiaux, le Covid n’a pas freiné les consultations pour IVG. Emilie Saey, directrice de la Fédération pluraliste de ces centres pointe que même si le coronavirus ne semble pas avoir affecté les conséquences sur les avortements, ‘’des femmes qui arrivent après 12 semaines de grossesse sont envoyées à l’étranger. Mais ça, c’est le problème de la loi…’’.

Les fédérations de plannings familiaux demandent ainsi un allongement du délai pour pratiquer une IVG en Belgique.

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Forte baisse des activités

Quant à Karim Majoros, il observe une baisse de 80% des activités des centres de planning familial.  ‘’On estime que 75.000 consultations et accueils en Fédération Wallonie-Bruxelles n’ont pas été réalisés. Et ça n’a pas été compensé par la suite parce que certaines personnes ont renoncé tandis que les équipes ne pouvaient absorber tout ce retard, lorsqu’il était exprimé ’’.

Toutefois, la pandémie a mis en lumière le rôle important qu’ont joué les plannings familiaux, et surtout leur maillage. Ils ont « permis de répondre plus facilement à des besoins locaux. Lorsqu’on avait peur de se déplacer, il ne fallait pas aller très loin pour trouver un centre, sauf dans les zones rurales. Cela a été une chance pour éviter des reports de soins », explique-t-il à l’agence Belga.

Perte financière

En parallèle, les centres s’inquiètent pour leurs finances. En effet, 10 à 20% de leurs revenus qui proviennent en temps normal des consultations ont été réduits. « C’est de l’argent qui ne rentre pas et qui n’est pas compensé. On a aussi besoin de davantage de matériel pour moins de consultations, il a fallu parfois réaménager les locaux, voire déménager », continue-t-il.

Diminution des animations EVRAS

Enfin, M. Majoros souligne le retard accumulé dans le domaine de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) dans les écoles.

‘’À Bruxelles, sur l’année scolaire 2019-2020, nous avons recensé 1.500 heures d’animation qui n’ont pas été données. Les conséquences sur le long terme sont difficilement mesurables, notamment parce qu’il existe peu d’indicateurs en santé sexuelle reproductive. Nous plaidons d’ailleurs pour en avoir’’.

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