Santé mentale et assuétudes : impact du Covid sur le bien-être des travailleurs

Santé mentale et assuétudes : impact du Covid sur le bien-être des travailleurs

Les professionnels du secteur psycho-médico-social ne sont pas tous égaux face au stress lié au Covid. Les principaux facteurs d’angoisse sont les conditions de travail et les contacts avec les usagers. C’est ce qu’a révélé une étude menée auprès des acteurs de terrain de la santé mentale et des assuétudes.

La coordination des Assuétudes de la Plateforme bruxelloise pour la Santé Mentale a mené une enquête auprès de 215 travailleurs des secteurs de la santé mentale (173) et des assuétudes (42). L’objectif de l’étude est double : comprendre l’impact de la crise sanitaire sur la santé mentale des professionnels ainsi que l’évolution de la prise en charge de patients subissant des troubles mentaux ou des formes d’addictions pendant et après le confinement (mi-mars à fin mai). Voici les résultats de l’enquête et les mesures proposées par l’organisme pour remédier à l’épuisement des travailleurs.

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Une hausse du nombre de patients avec aggravation des symptômes

La plupart des acteurs de terrain ont vu le nombre de leurs patients baisser pendant le confinement puis fortement augmenter par la suite avec une hausse des symptômes. 65% des professionnels constatent une augmentation de l’anxiété chez les nouveaux et anciens patients, 43,7% de la dépression et 42,5% de la dépendance à l’alcool. Selon les répondants à l’enquête, la consommation de tabac, d’hypnotiques, de sédatifs, de cocaïne, de cannabis et des jeux en ligne a également augmenté.

Les professionnels pas égaux face au stress

Environ 1 professionnel sur 4 du secteur psycho-médico-social courent des risques de complications liées au stress comme le burnout ou l’épuisement chronique. Près d’un tiers des répondants à l’enquête pensent que la direction n’est pas au courant de leur état mental. Le niveau de stress ressenti durant le premier confinement est principalement lié au manque d’organisation et aux conditions de travail difficiles (absence de matériel de protection et de moments de répit, contact physique avec les usagers...)

Ainsi, certains acteurs de terrain étaient plus touchés que d’autres par cette pandémie en raison des circonstances de travail multiples. Certains services étaient ouverts et d’autres non tandis que les contacts en présentiel avec les usagers étaient plus ou moins fréquents en fonction du secteur. Ce sont les éducateurs de rue qui ont subi le plus de stress pendant cette crise. Viennent ensuite les psychologues, les infirmiers, les assistants sociaux et les psychiatres. Enfin, le confinement et la saturation des services ont renforcé l’isolement des patients et l’impression d’une hostilité de ceux-ci envers les travailleurs.

Mesures de soutien aux travailleurs

Suite à cette étude, la Plateforme de la Santé Mentale a présenté des mesures pour améliorer les conditions de travail des professionnels afin d’éviter le burn-out. Aujourd’hui plus que jamais, ces mesures sont nécessaires car la deuxième vague apportera avec elle encore plus de patients et d’autres difficultés comme les absences et les congés maladie.

Concrètement, l’organisation explique qu’il faut offrir plus de temps de pause aux travailleurs et renforcer le personnel en engageant des travailleurs sous contrat à durée déterminée ou d’indépendant. Au niveau du bien-être, il faut offrir un service de soutien psychologique, en particulier pour certains métiers comme les éducateurs de rue, mais aussi des ressources pour appréhender et détecter les signes d’épuisement. Enfin, il faut fournir une liste de professionnels vers qui s’adresser en cas de besoin.

Elle suggère également d’apporter un soutien technique (formation ou conférence) et matériel ainsi qu’une assistance aux familles par la mise en place des congé corona, des aides à domicile... Quant aux usagers, il faut surtout renforcer la prise en charge des patients isolés, alcooliques et subissant des violences intrafamiliales ou conjugales.

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