Hausse du budget pour renforcer les services de l'Aide à la jeunesse

Hausse du budget pour renforcer les services de l'Aide à la jeunesse

Face à une fragilité grandissante au sein des familles suite aux confinements successifs, de nouveaux moyens ont été débloqués par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’occasion de l’ajustement budgétaire pour renforcer les services d’aide à la jeunesse.

« Cet ajustement budgétaire a permis de dégager de nouveaux moyens pour nos jeunes afin de les aider à commencer à tourner la page de la COVID19 et à préparer l’avenir », a annoncé la Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Valérie Glatigny. Et de pointer : « Je pense par exemple au renforcement des subsides sociaux pour nos étudiants ainsi qu’aux moyens dégagés pour financer une série de projets issus du secteur la jeunesse. Mais, au vu des retours de terrain, il nous a aussi semblé important de renforcer les services d’aide à la jeunesse. Ces derniers font face à un certain nombre de phénomènes liés à la pandémie, qui ont accentué les fragilités au sein des familles. L’occasion aussi de saluer leur professionnalisme et la qualité de leur travail quotidien au service de l’enfance et de la jeunesse en danger et/ou en difficulté. La crise que nous vivons a en effet surtout permis de rappeler le rôle essentiel qui est le leur. »

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Davantage de fragilités au sein des familles suite aux confinements successifs

Les acteurs de première ligne sont confrontés à une amplification de certains phénomènes suite à la pandémie de COVID-19 et aux mesures sanitaires : dégradation de la santé mentale des jeunes ; risques accrus d’actes violents ; décrochage social et scolaire. Ces difficultés sont aussi bien présentes chez les plus jeunes et les plus petits, comme le relevaient encore récemment les équipes SOS Enfants.

Les retours du terrain mettent en lumière que le confinement, durement vécu par les parents et particulièrement les parents plus jeunes ou qui sont seuls pour élever leurs enfants, a exacerbé les tensions au sein des familles. Ces tensions impactent directement les enfants et peuvent conduire à des faits de maltraitance psychologique ou physique.

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1,650 millions d’euros supplémentaires pour renforcer de façon structurelle les services sur le terrain

Le gouvernement a renforcé les services d’Aide à la Jeunesse à l’occasion de l’ajustement budgétaire de la semaine dernière. Des moyens supplémentaires qui permettront d’intensifier l’accompagnement, la protection et l’intégration des jeunes en difficultés et en danger, quel que soit leur âge, et sur le long terme, puisqu’il s’agit de moyens récurrents.

  • Deux services d’accompagnement seront financés afin de leur permettre de développer une mission d’intervention intensive en famille. Un financement qui permettra d’assurer la prise en charge de 24 enfants.

Ces services, qui mettent en place un accompagnement en famille, s’adressent aux tous petits (0-6 ans) et à leur famille lorsqu’une situation de négligence ou de maltraitance est suspectée ou avérée.

Leur mission consiste à évaluer la situation et à réaliser un travail sur trois ou six mois afin d’accompagner les parents et tenter d’éviter, à chaque fois que c’est possible, le placement de l’enfant en structure d’accueil. Ces services peuvent également intervenir en urgence (intervention de 15 jours).

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  • Quatre services d’accompagnement en accueil familial, qui avaient introduit une demande d’augmentation de leur capacité de prise en charge seront également renforcés afin d’encadrer des prises en charge en urgence et de court terme. Pour rappel, ces services permettent d’éviter, à chaque fois que c’est possible, des placements à plus long terme d’enfants de tout âge. Ces derniers peuvent en effet avoir besoin d’être accueillis afin d’être immédiatement protégés. Ils interviennent également lorsque la famille se sent dépassée et a besoin de recevoir de l’aide pendant une période donnée. L’objectif de ces services est que l’enfant puisse retourner dès que possible dans sa famille, même si certains doivent parfois bénéficier d’un placement à plus long terme afin d’assurer leur protection, ou parce que la famille a besoin de davantage de temps afin de pouvoir les accueillir à nouveau.
  • Les services de parrainage permettent quant à eux de soutenir des enfants, des jeunes et des familles quand celles-ci se trouvent en difficultés. Dans bien des cas, leur action contribue à apaiser des situations familiales difficiles. Ils se situent donc aussi dans la prévention du placement. En outre, ces services de parrainage peuvent proposer des familles de parrainage à des enfants déjà placés en institutions (souvent à long terme), ce qui offre alors au jeune un lien solide et à long terme, qui va parfois au-delà de sa majorité. Les moyens dégagés permettront de créer deux services supplémentaires.
  • Enfin, les services d’accrochage scolaire bénéficieront également de ce renforcement structurel. Il s’agit d’acteurs qui visent à ancrer des jeunes en situation de décrochage scolaire à des projets positifs. Ces services permettent également aux jeunes de bénéficier d’un raccrochage social afin qu’ils puissent trouver ou retrouver leur place dans la société.

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Mesures de soutien spécifiques COVID-19

Ces moyens structurels viennent compléter des mesures ponctuelles de crises prises en février dernier à hauteur de 7,3 millions d’euros, à l’initiative de Valérie Glatigny.

Pour rappel, ce budget avait notamment permis le recrutement pour au moins 6 mois de 278 équivalents temps plein (ETP) supplémentaires pour les services publics (12,5 ETP pour les IPPJ et le CCMD – Centre communautaire pour mineurs dessaisis) ainsi que pour les services agréés (266 ETP). Ce budget supplémentaire inclut également un montant de plus d’un million d’euros supplémentaires destiné aux conseils de prévention.



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