“Il y a 5.000 postes à pourvoir” : la pénurie des métiers infirmiers s’aggrave

10/09/20

Alors que les infirmiers sont plus que jamais sollicités en cette période de crise, la pénurie du métier s’accentue. Pourtant, les hôpitaux recrutent : il y a 5.000 postes à pourvoir selon l’Association belge des praticiens de l’art infirmier.

La pandémie n’aurait donc pas davantage contribué à une revalorisation des métiers infirmiers. Au contraire, selon le magazine Le Soir, “la pénurie connaît au mieux un statu quo pour le moment, au pire elle s’aggrave”. Tandis que les annonces d’offres d’emploi s’accumulent, les étudiants ne semblent plus attirés par cette profession.

[DOSSIER]
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Une baisse de 50% des inscriptions

Pour la rentrée de septembre, les dés ne sont pas encore jetés. Toutefois, l’Association belge des praticiens de l’art infirmier (ACN) estiment une baisse de 50% des inscriptions dans les écoles. Il faut cependant attendre les inscriptions tardives et les résultats de la seconde session pour des chiffres plus exactes, selon les propos de Cécile Dury, directrice de la catégorie paramédicale de la Henallux (Haute Ecole de Namur-Liège-Luxembourg), relayés par La Libre.

Quant aux diplômés, le président de l’ACN, Olivier Gendebien, espère en voir 2.200 cette année en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont 800 sur le marché de l’emploi. “Un nombre relativement correct” mais toutefois largement inférieur face aux “5.000 postes d’infirmières et d’infirmiers à pourvoir en Belgique”, annonce-t-il au quotidien Le Soir.

Comment expliquer cette pénurie ?

Le métier d’infirmier est en pénurie depuis plusieurs années mais elle s’est aggravée en 2016 avec la réforme des études, passées de trois à quatre ans, qui exige une année supplémentaire pour un salaire égal. En conséquence, une perte d’attractivité du métier auprès des étudiants. "L’allongement des études en soins infirmiers a fait baisser les inscriptions de 10 %", explique la Fédération des étudiants francophones (FEF) dans le journal Le Soir. On observe une chute de 20% des inscriptions pour le bachelier en soins infirmiers avec 2.757 inscriptions en 2018-2019 contre 3.448 en 2015. De plus, la réforme a engendré une diminution de diplômés avec uniquement les infirmiers spécialisés sortis en 2019. Cette année, c’est eux qui se feront rare.

D’autres facteurs expliquent aussi cette pénurie : la hausse de la demande en raison du vieillissement de la population, le grand nombre de retraites, mais également les conditions de travail pénibles ou encore le train de vie difficile et la dévalorisation du métier par la société comparé à celui des médecins alors que la formation exige des compétences et connaissances fines. A tout cela s’ajouterait la crise sanitaire dont les témoignages ont mis en lumière les difficultés et les inconvénients du métier.



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