Le statut des aidants proches enfin reconnu

Le statut des aidants proches enfin reconnu

Depuis le 1er septembre, le statut d’aidant proche est officiellement reconnu, leur ouvrant ainsi l’accès à des droits sociaux comme un congé indemnisé. Pour une population dont les besoins et les attentes ont souvent été laissés aux oubliettes, l’application effective de cette loi marque une étape cruciale pour la reconnaissance de leur statut.

Publiée dans le Moniteur belge sous forme de projet de loi en 2014 puis amendée en 2019, la loi sur la reconnaissance des aidants proches est enfin entrée en vigueur ce 1er septembre. Alors que jusqu’à présent ces personnes ne bénéficiaient d’aucune aide financière, ce statut ouvre la porte à la reconnaissance de droits sociaux comme le droit au congé thématique.

Grâce à ce congé, les personnes reconnues comme aidants proches pourront interrompre partiellement ou totalement leur activité professionnelle afin de se consacrer à un membre de leur famille ou à un proche en déficit d’autonomie et en situation de dépendance en raison d’une maladie, d’un handicap ou encore de la vieillesse.

Modalités du congé thématique

Pour bénéficier du droit au congé, il faut principalement résider en Belgique et prester au moins 50 heures par mois ou 600 heures par an. La demande est à introduire auprès de la mutuelle au moyen d’une déclaration à l’honneur et doit être accordée par l’employeur et l’ONEM. Un congé d’un an maximum est octroyé aux travailleurs à temps plein pour une interruption à mi-temps ou d’1/5. Cette reconnaissance est valable 1 an mais peut être prolongée et doit être renouvelée pour continuer à recevoir les droits sociaux. Le congé n’est qu’accordé qu’une fois dans la carrière.

Derrière le terme ”Aidant proche”

Souvent considérés comme le prolongement de la personne aidée, les aidants proches sont méconnus du public, voire invisibles auprès de notre société alors qu’ils forment 10% de la population. Comme le témoigne Sylvia Cammisuli, une aidante proche accompagnant sa fille malade, “Beaucoup de gens tombent de haut car ils ne connaissent absolument pas le terme aidant proche et tout ce qui en découle. J’ai appris à un neuropédiatre ce que c’était. Il n’en avait jamais entendu parler. Dans les hôpitaux, rare sont les professionnels à connaître les aidants proches.” Les besoins de ces personnes sont donc ignorés alors qu’elles sacrifient leur carrière professionnelle et leur vie personnelle pour se consacrer pleinement à l’assistance médicale de leur proche. De plus, elles doivent jongler entre le rôle de l’infirmier, du parent ou de l’ami mais aussi du soutien moral.

Ainsi, la mise en vigueur de la loi sur la reconnaissance des aidants proches représente donc un énorme pas vers une plus grande visibilité de cette partie de la population. Cette reconnaissance met en lumière l’existence et les besoins spécifiques de ces personnes. Toutefois, l’ASBL Aidants proches continue à mener la réflexion sur leurs conditions de vie car le combat n’est pas terminé.



Commentaires - 5 messages
  • Bonjour,
    Oui un premier pas pour cette reconnaissance, il est temps ! Et un public est oublié les femmes aux foyer, les jeunes, les personnes en recherche d'emploi que le sors désigne d'office vu qu'il a le temps ! Et puis la situation où l'aide est encore plus invisible car la personne aidée est hospitalisée, dans un home, oui la charge est moins lourde et pourtant toujours là, aller visiter une fois par semaine vu le covid, s'occuper de l'administratif, du budget, des lessives ou autres selon le cas et là même s'il y avait une reconnaissance de la mutuelle elle tombe, plus de soutient psy, ni autre...comme si tout était arrangé et que la vie de l'aidant proche allait beaucoup mieux ! Soit ! C'est un premier pas et tant mieux pour ceux qui vont en profiter, courage à mes autres compagnons de l'ombre !
    Izabeil

    Izabeille jeudi 10 septembre 2020 09:57
  • Bonjour Chère Madame,
    Je me permets de réagir à votre commentaire, je travaille au sein de l'asbl Aidants Proches Bruxelles. Vous avez raison, c'est un premier pas et la route est encore longue.
    N'hésitez pas à prendre contact (info@aidantsproches.brussels ou 02/474.02.55) avec nous au besoin pour échanger ou obtenir plus d'informations.
    En vous souhaitant une belle journée,
    Aidants Proches Bruxelles asbl

    AP-Bxl jeudi 10 septembre 2020 10:10
  • Bonjour, j'aimerais juste savoir si cette loi s'applique également aux personnes qui travaillent dans le secteur public et qui sont statutaires ? Est ce que cette personne peut s'occuper d'une personne domiciliée sous le même toit et qui est atteinte d'un cancer. Cette personne en phase terminale aimerait terminer sa vie à la maison. Belle journée.

    Mc0707 jeudi 10 septembre 2020 10:25
  • C'est un tout petit pas. À quand un salaire ?
    J'ai été aidante-proche, sans possibilité d'avoir un autre travail puisque je travaillais déjà 20h/24 et 7j/7 et ce, sans un jour de congé. Je n'ai donc eu aucun salaire et je n'aurai donc aucune pension. Après avoir aidé ma grand-mère, un des maris de ma mère, puis ma mère, me voilà seule et vieille.

    Kim007 jeudi 10 septembre 2020 12:18
  • Il est prévu que les formulaires de demande du statut doivent être signés par la personne aidée. Qu'en est-il pour l'aidant qui aide une personne aidée qui par fierté, pudeur, ou mauvais caractère, ne voudra pas faire la démarche !? Qu'en est-il lorsque l'aidé est une personne âgée avec troubles cognitifs, une personne avec handicap mental ? Les cas où l'aidé n'a pas la capacité de participer à la procédure ne sont pas prévus ! Signe d'une considération fort limitée des difficultés éprouvées par les aidants. L'avantage annoncé aussi est limité. Le congé proposé est contraignant : un an à mi-temps ou 1/5ème si je comprends bien. Cela manque de flexibilité. On est souvent aidant pendant plus d'un an ! On a certainement besoin de pouvoir disposer d'une réserve de jours de congés supplémentaires à prendre regroupés ou isolés, par jour ou demi-jour, pour faire face à quantité de soins, de démarches, de rendez-vous, ou pour se reposer un peu, aussi longtemps qu'on doit assumer le rôle d'aidant. Il est vrai qu'il peut aussi déjà exister d'autres avantages utiles pour les aidants comme pour tout le monde. Mais comment le savoir, comment les obtenir ? L'aidant proche a absolument besoin de l'aide d'un service d'accompagnement, professionnel, universel, de proximité, pérenne, pour l'aider à identifier et analyser ses besoins, pour rechercher les informations, solutions, services qui conviennent à sa situation et le renseigner ou l'aider à faire les démarches. Or, c'est exactement le service dont a besoin toute personne fragilisée. Qui comprendra, et quand, que l'aidant proche aura d'autant moins besoin de recourir à la sécurité sociale et à la solidarité que la solidarité et la sécurité sociale prendrons en charge ou accompagneront correctement la personne aidée ? Aider l'aidant proche est aujourd'hui une nécessité puisqu'il devient lui-même patient et fragilisé ; c'est aussi le constat d'échec d'une digne et juste considération de l'aide qu'on ne consacre pas à l'aidé lui-même. Si l'aidant proche s'épuise et se met en danger c'est parce qu'il s'efforce de palier les manquements de la société et des institutions au détriment de ses propres ressources, capacités, et limites.

    PMlacsap4520 samedi 12 septembre 2020 17:52

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