Réforme des soins psychologiques : ce qui va changer pour les psy !

07/01/22
Réforme des soins psychologiques : ce qui va changer pour les psy !

C’est un gros début d’année 2022 pour le secteur de la santé mentale qui va connaître des bouleversements. L’objectif ? Rendre plus simple l’accès aux consultations psychologiques au plus grand nombre, par un meilleur remboursement et des démarches médicales simplifiées. Comment cela est-il possible ? Quelles sont les conditions ? Et surtout, quels changements pour les psychologues ? On vous explique tout.

Initialement prévue pour le 1er septembre 2021, la réforme des accès aux soins de santé mentale est effective depuis ce 1er janvier 2022. Et le programme est alléchant : un budget de santé mentale quadruplé, des séances qui ne coûtent que 11 euros... Une réforme qui tombe plutôt bien quand on connait les impacts psychologiques qu’occasionnent la crise sanitaire. Mais, il semble que l’effort n’est pas encore important en fonction des besoins.

Les conditions d’accès

La première annonce conséquente de cette réforme concerne le budget de la santé mentale qui est quasiment quadruplé. Il passe de 39 à 152 millions d’euros.

La deuxième est à propos des conditions de remboursements. Seul.e.s les psychologue.s conventionné.e.s peuvent prétendre à l’intervention de l’assurance maladie. Le titre conventionné est attribué en fonction du budget total de la santé mentale et de certains critères comme l’inscription du de.la professionnel.le dans une perspective de santé publique.

Auprès de ces psychologues le prix des séances s’élèvera à 11 euros soit le tiers-payant. La plus grosse partie sera pris en charge par l’Inami.

Comme le précise nos confrères de la RTBF dans un article du 3 janvier 2022, les “ bénéficiaires de l’intervention majorée de l’assurance soins de santé (BIM), ils payeront 4 euros par consultation. Pour les séances de groupe, le prix a été fixé à 2,5 euros. Notons encore que la première consultation est gratuite.

Soins de première ligne et spécialisés

Deux types de soins psychologiques ont été définis avec un nombre de séances différent. Pour les soins psychologiques de première ligne, c’est à dire pour des soins de courte durée, les adultes peuvent bénéficier de 8 séances et maximum 10 pour les enfants et adolescent.e.s jusque 23 ans.

Concernant les soins spécialisés, donc de plus longue durée, les enfants et adultes jouissent de 20 séances remboursables.

Toujours dans une démarche de facilitation d’accès, l’obligation d’ordonnance du médecin traitant pour accéder au remboursement des séances a été supprimée.

 A lire :Chronique d’un psy : "Le remboursement des soins psychologiques"

Les changements

La réforme ne concerne qu’un seul type de psychologue : les psychologues conventionné.e.s. Mais qu’est ce dont ? Un.e psychologue conventionné.e est considéré.e comme tel.le après avoir passé.e une convention avec un réseau de soins. Intégrer un réseau de soins entraine l’obligation de participer à des supervisions, des activités et de développer une approche multidisciplinaire. Ces démarches et activités supplémentaires peuvent décourager un certains nombre de psychologues à entamer les procédures de conventionnement.

Chaque réseau peut ajouter ses propres critères en fonction de l’absence ou de la sur-disponibilité de professionnel.le.s. Par exemple, plusieurs réseaux ont décidé de limiter le nombre de séances attribuées à chaque psychologue conventionné.e par rapport à un budget quadruplé mais tout de même limité.

Cependant, la réforme permet une revalorisation de la profession avec une rémunération des psychologues conventionné.e.s renforcée. En effet, le montant que perçoivent les soignant.e pour une séance individuelle passe de 45 à 75 euros. Et compter 200 euros par session de groupe.

Autre avantage de cette nouvelle convention : la valorisation de la profession, via le renforcement du rôle du.de la praticien.ne. En effet, comme expliqué plus haut, la réforme supprime l’obligation pour les patients de passer par leur médecin traitant pour bénéficier du remboursement. Du coup, après un premier rendez-vous « bilan », le.la psychologue clinicien.ne a la possibilité de prescrire un suivi.

 A lire : "Un accord historique pour les psychologues et orthopédagogues cliniciens"

Un effort qui n’est qu’une étape

"Les séances remboursées ne constituent pas un droit” déclare Claudine Henry pour nos confrères du Soir. En effet, la priorité est donnée aux personnes les plus touchées par la pandémie de Covid-19.

Les dispositions prises par le gouvernement fédéral sont bien sûr indispensables mais semblent ne pas être encore suffisantes face aux besoins du secteur de la santé mentale. D’autant plus quand on sait que son budget total ne représente que 2% du budget total de l’Inami.

 A lire : "Non à une mise sous tutelle des psychologues cliniciens !"



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.   J'accepte   En savoir plus