Vaccination obligatoire pour le milieu des soins : le terrain réagit

Vaccination obligatoire pour le milieu des soins : le terrain réagit

Le ministre fédéral de la santé Frank Vandenbroucke s’est prononcé lundi soir en faveur de la vaccination obligatoire des professionnels de la santé et du social alors qu’il était jusque-là pour la sensibilisation. Bien que cette obligation ne soit toujours pas actée, de plus en plus de voix s’élèvent en faveur de cette option. Comme dans la population belge, deux camps se forment dans le secteur : obligation vs communication.

Les objectifs de taux de vaccination diffèrent tant au niveau du chiffre, de l’instance décisionnelle que de la population concernée. Pour la population belge, il doit atteindre 70% imposée par la Task Force alors que le taux concernant les soignant.e.s est définie par l’Union Européenne à 80%.

Ce dernier chiffre n’étant toujours pas atteint, certain.e.s voient l’obligation vaccinale pour le secteur comme solution alors que d’autres considèrent que l’on doit renforcer les campagnes de sensibilisation et d’informations afin d’obtenir l’adhésion du personnel sans obliger et sanctionner.

C’est le cas de la CSC qui considère qu’il faut prendre le temps nécessaire pour répondre aux nombreuses questions que posent la mise en place d’une obligation vaccinale. Entre autres, elle souhaite que soit bien défini le cadre d’application en tenant compte des différents statuts concernés et les éventuelles dérogations ainsi que soit considéré à sa juste valeur l’impact sur le droit du travail d’une telle mesure. Le risque que pointe la confédération à propos des discussions en cours est de créer du clivage au sein des personnels soignants. Elle préconise donc un renfort des campagnes de sensibilisation et d’information auxquelles elle apportera son soutien.

- Lire aussi : Vers la vaccination obligatoire des professionnels des soins de santé ?

L’obligation pour mieux gérer la quatrième vague

Pour d’autres, c’est la peur de la quatrième vague d’automne qui presse les prises de décisions concernant l’obligation vaccinale. Cette dernière devrait s’appliquer à l’ensemble du personnel très élargi (toute personne en contact avec des individus à risques) avec menace de sanction si non respectée.

Deux raisons motivent le Dr. Philippe Devos, président du syndicat des médecins belges (Absym), à se placer du côté de l’obligation : celle de ne pas nuire au patient et celle d’éviter un trop fort taux d’absentéisme du personnel soignant malade durant l’automne où l’on risque d’atteindre un nouveau pic épidémique. Dans une interview accordée au Vif, il précise cependant qu’il est «  par principe contre toute forme d’obligation mais qu’en l’absence d’atteinte d’objectifs malgré le bon sens et la démarche scientifique, les possibilités d’actions ne sont plus très nombreuses   ». Il soulève également la difficulté de définir les profils de patients à risque.

La fédération des CPAS wallons se veut également favorable à l’obligation relative au personnel des maisons de repos ainsi qu’aux acteur.rice.s extérieur.e.s en contact avec les résident.e.s. Pour elle, la sanction va nécessairement de pair avec l’obligation mais précise qu’elle doit être pensée en tenant compte des difficultés rencontrées par le personnel soignant durant cette crise. Le président de l’Absym, Dr. Philippe Devos, avance un autre argument. Selon lui, une sanction par licenciement créerait de l’absentéisme au sein des équipes ce qui l’on cherche justement à éviter à travers la vaccination.

Formations différentes : opinions différentes ?

Une piste de réflexion concernant les raisons des refus à la vaccination serait la différence de formation et de qualification. Selon le Dr. Devos, plus de 90% du personnel avec formation médical et scientifiques sont vaccinés. C’est plutôt auprès du personnel peu formé et peu qualifié que se font ressentir des réticences à la vaccination.

Il faudra certainement attendre septembre pour en savoir plus  : des avis seront sollicités auprès du Conseil fédéral des Etablissements hospitaliers, du Conseil supérieur pour la prévention et du Conseil national du travail.

T. A

- A lire aussi : Maisons de repos : la Fédération des CPAS plaide pour une vaccination obligatoire du personnel (guidesocial.be)



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