Charleroi veut sa salle de consommation à moindres risques

Charleroi veut sa salle de consommation à moindres risques

Le président du CPAS de Charleroi, Eric Massin, à l’entame de sa dernière année, continue de soutenir le projet d’une salle de consommation à moindres risques pour la ville.

Sujet d’actualité qui fait souvent grincer des dents du côté de la population au niveau éthique, l’implémentation de salles de consommation à moindres risques (SCMR) reste une mesure de prévention dont il faut discuter. Pour le président du CPAS de Charleroi, il est indispensable de mettre l’idée concrètement sur pieds.

Un milieu associatif demandeur

Déjà en place dans certains pays voisins, comme la France ou l’Allemagne, les salles de consommation à moindre risques ont prouvé leur efficacité en matière de politique sociale. Cependant, si en Belgique tous les acteurs de terrain sont pour, au niveau politique il demeure certaines réticences. Ainsi, le fédéral ne serait pas encore prêt à franchir le pas. « Mais la ministre de la Santé a demandé une enquête sur le sujet dans les cinq plus grandes villes du pays. Les résultats ne sont pas encore connus officiellement, mais d’après les premiers échos entendus, tous les acteurs de terrain semblent favorables à la mise en place de ces salles de consommation à moindre risque », explique Eric Massin à la Capitale.

Un problème éthique

Egalement « refroidie » par le principe, la population. En effet, la mesure suscite souvent de vives réactions au niveau des citoyens, qui voient en les SCMR un moyen d’encourager la consommation de drogues dures, alors que la société devrait la punir. Pour Eric Massin, « Oui, c’est politiquement délicat, c’est touchy. Mais les exemples dans les pays limitrophes le démontrent chaque jour : vu l’impossibilité d’éradiquer la consommation d’héroïne et de ses substituts, il s’agit du meilleur moyen de faire baisser les risques socio-sanitaires mais aussi les nuisances sociales. »

La Belgique pointée du doigt

En décembre dernier, la Belgique a été condamnée par la société civile européenne pour une politique drogues en manque de concertation avec le terrain. En cause, entre autres : un arrêté royal paru en septembre 2017, sans concertation aucune avec le secteur associatif, qui promeut une politique de criminalisation, plutôt que de prévention des risques. Depuis plusieurs années déjà, la Fedito-BXL essaye, en vain, d’engager un débat constructif autour du sujet. Pour son directeur, Sébastien Alexandre, « Ces salles constituent une véritable aide pour la personne. L’enjeu est de développer davantage encore, un dispositif qui se veut pragmatique et centré sur la santé publique, en nous donnant l’opportunité d’entrer en contact avec les usagers les plus désintéressés, et de leur offrir un lieu sécure pour leur consommation. Ce faisant, et grâce à l’aide d’infirmiers et de professionnels spécialisés, les risques liés à la consommation de drogues seront fortement diminués. »

A Bruxelles, la ministre en charge, Cécile Jodogne, soutenait le projet et avait expliquer suivre la situation de près. A Liège, le bourgmestre, après avoir participé à un projet pilote , avait lui, souhaité déroger à la règle en ouvrant une SCMR.

La rédaction



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