Commission de l’ONU en matière de drogues : la Belgique dépassée ?

Commission de l'ONU en matière de drogues: la Belgique dépassée?

Du 14 au 22 mars 2019, la Commission des Nations Unies sur les drogues narcotiques prendra place à Vienne. L’occasion, selon FEDITO BXL, de mettre en pratique les engagements politiques pris lors de «  Drugs in Brussels  », la journée d’étude annuelle consacrée à la problématique.

Au programme, notamment, des propositions de résolutions sur les mesures de prévention et de traitement de l’hépatite C, chez les usagers de drogues, et l’accès facilité à la naloxone, antidote aux overdoses. Deux sujets au cœur de l’actualité mais pas encore assez appréhendés par les politiques belges.

La naloxone, pas assez accessible

On le sait, les overdoses mortelles dû à la consommation d’opiacés sont en augmentation en Europe, y compris en Belgique. Dans un projet de résolution, lancé par le Canada et les Etats-Unis, les Nations-Unis encourage les Etats Membres à «  prendre des mesures efficaces pour réduire au maximum les conséquences néfastes de l’abus de drogues synthétiques, en particulier des opioïdes de synthèse, […] en favorisant un accès et un recours accrus aux services de prévention et de traitement, y compris l’accès à la naloxone, substance destinée à contrer les surdoses d’opioïdes  ».

Or, aujourd’hui, la naloxone n’est pas encore assez accessible dans notre pays. « Actuellement, en Belgique, la naloxone est disponible que par injection, sous prescription d’un médecin. L’accès doit absolument être facilité  », expliquait dans une précédente interview Sébastien Alexandre, directeur de FEDITO BXL. Dans d’autres pays, ce médicament est mis à disposition librement et gratuitement, sous forme de spray nasal. L’asbl bruxelloise étudie la possibilité de se fournir en spray, soit à partir de la France, soit de l’Irlande. Une possibilité qui doit être maintenant entendue au niveau politique.

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Un dépistage démédicalisé de l’hépatite C

Une deuxième proposition de résolution qui sera étudié à Vienne, « encourage les autorités nationales compétentes à envisager d’intégrer aux mesures et programmes nationaux de prévention, de traitement, de prise en charge, de rétablissement, de réadaptation et de réinsertion sociale » pour les personnes atteinte d’hépatite C. En Belgique, depuis le 1er janvier, l’accès aux soins est gratuit pour toutes les personnes infectées.

Encore faut-il que les usagers de drogues, dans lequel on recense de nombreux infectés, soient dépistés. Or, en Belgique, le dépistage démédicalisé (TROD) n’est disponible légalement que pour le VIH. Pour FEDITO BXL, il est urgent de démédicaliser ce dépistage à la fois pour l’hépatite B et C, ainsi que de mettre en place d’autres dispositifs de diagnostic.

L’interminable débat des «  salles de shoot  »

La même proposition encourage le développement d’ « accès aux programmes touchant le matériel d’injection [et] des mesures destinées à favoriser le recours à d’autres voies d’administration ». Elle ouvre le sujet du renforcement des dispositifs comme les «  salles de shoot  ». En Belgique, la première a ouvert ses portes, à Liège, en 2018. L’ouverture d’une deuxième est prévue à Bruxelles. Pourtant, aux yeux de la loi, elles restent illégales. On apprenait, lors de la journée «  Drugs in Brussels  », que Julien Uyttendaele (PS) a rédigé un texte de décret, à destination de la COCOF, afin de reconnaitre légalement ses salles de consommation à moindre risque.

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Reste à savoir si ces propositions de résolutions deviendront, par la suite, des amendements de l’Organisation des Nations Unies. Si c’est le cas, la Belgique doit se tenir prête à moderniser, à de nombreux égards, sa politique en matière de drogues.



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