Dès que le Covid-19 sera terrassé, le personnel de la santé ira manifester !

Dès que le Covid-19 sera terrassé, le personnel de la santé ira manifester !

Le 29 mars devait se tenir à Bruxelles la grande manifestation de la santé, à l’initiative du mouvement Santé en Lutte. Pandémie de coronavirus oblige, l’événement a été annulé mais ce n’est que partie remise. Si en ce moment les professionnels du secteur mobilisent toute leur énergie à soigner la population, ils n’en oublient pas pour autant leurs nombreuses revendications. Les travailleurs l’annoncent : dès que le Covid-19 sera terrassé, ils descendront dans les rues de la capitale pour réclamer des changements profonds.

Refinancement des soins de santé, engagement de plus de personnel, revalorisation salariale de tous les métiers de la santé, amélioration des conditions de travail, mise en place d’une politique d’attractivité pour les métiers de la santé ou encore diminution de l’âge de la pension : la crise sanitaire qui frappe actuellement notre pays ne fera certainement pas oublier aux professionnels de la santé leurs multiples revendications. Que du contraire ! Car, toutes les incohérences, toutes les difficultés, tous les obstacles dénoncés à cor et à cri, depuis de longs mois voire des années, par le personnel des hôpitaux mais aussi des maisons de repos ou encore du secteur à domicile sautent aujourd’hui aux yeux voire sont exacerbés par la crise sanitaire qui secoue le Belgique. Alors non, le personnel n’oublie rien. Et de prévenir à qui veut l’entendre : il ne lâchera rien. Ainsi, il compte dès qu’il le peut descendre dans la rue pour réclamer du changement et vite.

« Après le confinement, on va régler nos comptes »

Normalement, il aurait dû le faire le 29 mars dernier. Ce dimanche-là devait en effet se tenir à Bruxelles la grande manifestation de la santé, à l’initiative de la Santé en Lutte, mouvement porté par et pour les professionnels de la santé, qui se bat pour obtenir des meilleures conditions de travail et des soins de qualité pour toutes et tous. Et puis, le coronavirus est passé par là. Mais, il n’aura pas raison de la motivation des travailleurs du secteur. Dès que la crise sanitaire sera terminée, ils iront manifester avec un mot d’ordre : « Après le confinement, on va régler nos comptes. »

« Depuis plusieurs années, un sous financement provoque la dégradation de notre système de soin. La dynamique libérale a fragilisé le secteur de la santé et déforcé notre sécurité sociale », dénonce la Santé en Lutte. « Aujourd’hui, l’épidémie de Covid-19 met à jour cette fragilisation. Le bien commun fut trop souvent négligé au profit des intérêts privés. Cette crise prouve l’impréparation de nos gouvernements, exacerbe les inégalités sociales et met en lumière les secteurs essentiels nécessaires au fonctionnement de la société. » Et de lancer : « Il est grand temps de sortir ensemble dans la rue pour exiger un refinancement de la santé, l’arrêt de la marchandisation, une revalorisation salariale et plus d’effectifs. Bref, il faut inverser notre échelle de valeur et revaloriser nos métiers. »

La date de cette grande manifestation de la santé n’est évidemment pas encore connue. Elle sera annoncée dès le retour à une situation sanitaire normalisée. Pour suivre toutes les informations sur cette initiative, rendez-vous sur la page Facebook de l’événement.

E.V.

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Commentaires - 1 message
  • MAGGIE DE BLOCK :
    LA RIGUEUR DANS L'EFFICACITÍ?

    En cinq ans, la Ministre de la Santé Maggie De Block (VLD) a réduit de plus de deux milliards le budget fédéral de la santé. Le Service public est mis Í  mal. En deux ans, elle a détruit un travail de concertation de quinze ans qui donnait aux psychologues une place autonome et spécifique dans le champ de la santé. Sous couleur d'en rédiger les arrêtés d'application, elle a saboté une loi sur la santé mentale votée sous les applaudissements (sic) de tous les partis â?? N-VA et Vlaams Belang exceptés.

    De plus, Madame De Block ment, triche (exemples sur demande) . Elle ne répond pas au courrier. Elle élude les questions de la Commission-Santé de la Chambre, met le secret professionnel en danger, incite Í  violer la loi de 1993 qui protège la déontologie du psychologue. Son cabinet n'a cure de la spécificité du travail en santé mentale. On dénature pour contrôler, on contrôle pour économiser, on économise pour marginaliser le secteur public et donner toutes ses chances au Marché. Mais ses qualités ne s'arrêtent pas lÍ .

    Mi-novembre 2019, une épidémie due au covid-19 (coronavirus) éclate en Chine. Le 30 janvier 2020, l'OMS déclare l'état d'urgence international face Í  une pandémie. Nous y sommes. Pour les patients, le pronostic vital est souvent engagé. Pour les soignants, un manque de masques risque de les transformer en patients. Pourtant, dès l'épidémie de SRAS de 2003 (un autre type de coronavirus), l'extrême contagion du syndrome respiratoire aigu avait été mise en évidence.

    En octobre 2014, Maggie De Block (VLD), médecin généraliste, succède Í  Laurette Onkelinx (PS) au Ministère de la Santé. En 2016, elle met au pas les psychologues. En 2020, les maternités. En 2017, elle fait détruire un stock de masques FFP2 qui s'étaient dégradés suite Í  des conditions de stockage inadéquates. Dans l'attente d'un système plus respectueux du budget de l'Í?tat, elle prend soin de ne pas les remplacer. Elle ne prend pas non plus le temps d'attendre que de nouveaux masques arrivent de Chine avant de détruire ceux qui restaient peut-être utilisables : on ne badine pas avec la santé !

    Début mars 2020, les résidents des maisons de retraites - qui vivent naturellement confinés - apparaissent comme aisément protégeables, pour peu qu'on dépiste quotidiennement le personnel qui les entoure. Mais les militants de la santé publique et de la médecine préventive font l'impasse sur le coût exorbitant de thermomètres et autres tests Í  la fiabilité douteuse : on ne badine pas avec les exigences scientifiques !

    Les six millions de masques détruits avaient été acquis par la Belgique Í  l'occasion de l'épidémie de grippe mexicaine (H1N1) de 2009. L'OMS annonçant une pandémie, Laurette Onkelinx, la précédente Ministre de la Santé, avait acheté en outre, en juillet 2009, 12,6 millions de vaccins Í  une firme basée en Belgique (GSK). La pandémie n'a pas eu lieu. N'empêche que gouverner c'est prévoir. De prudents gestionnaires ont dès lors reproché Í  la ministre de ne pas avoir pris le temps de faire un appel d'offres, ni attendu la fin des essais cliniques, avant d'acheter en catastrophe des vaccins aussi coûteux qu'inutiles. Maggie De Block n'aurait jamais commis une telle bourde !

    En 2006 déjÍ , Rudy Demotte (PS) - lui aussi ancien Ministre de la Santé - avait prospectivement récidivé en ponctionnant le budget de l'Í?tat pour acheter 32 millions de masques chirurgicaux et 6 millions de FFP2 (Apache.be, 23 mars 2020). Il avait dilapidé les deniers publics en anticipant prospectivement pour acquérir des millions de doses d'antirétroviraux, et en faisant prendre des mesures permettant de produire et de préempter plusieurs millions de vaccins en préparation ! Mais ce n'est pas tout : dès 2004, il avait pris de ruineuses dispositions concernant le SRAS. Le ministre compte sans nul doute sur les défaillances de la mémoire collective, mais l'Agence Belga est sans appel : ''Le gouvernement fédéral travaille sur un plan d'urgence opérationnel pour une éventuelle épidémie de SRAS ou d'autres maladies infectieuses. Si la maladie pulmonaire mortelle devait se déclarer dans notre pays, il prendrait effet immédiatement. Les mesures comprennent le contrôle et la limitation de la maladie. Les patients atteints du virus seront immédiatement mis en quarantaine dans des installations d'isolement spéciales. En outre, une unité de surveillance médicale surveillera en permanence la situation sanitaire générale dans le pays et établira divers plans en cas d'apparition d'épidémies spécifiques. L'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles a participé aux procédures d'urgence et est le premier centre de référence pour le SRAS en Belgique. Le Haut Conseil d'Hygiène a élaboré le plan au nom du ministre des affaires sociales et de la santé publique Rudy Demotte. Le ministre l'a présenté Í  la presse mercredi.» (Belga, 26/05/2004, 09:45).

    Madame De Block par contre prend ses responsabilités. Elle réfléchit depuis trois ans Í  une solution économiquement acceptable : ''Acheter des masques sans plan revient Í  gaspiller l'argent du contribuable», fait-on sagement remarquer au Cabinet de la Santé (Le Vif, 23 mars 2020). Le 28 février, dans un tweet, elle avait traité de ''Drama Queen» (tragédienne de boulevard) un médecin lanceur d'alerte susceptibles d'affoler la population (La Dernière Heure, 25 mars 2020). Il est temps de ramener le Service Public Í  la raison et de tempérer des gabegies sans limite. Quant aux soignants exposés Í  l'embrasement viral, nul doute que ''Dieu reconnaîtra les siens !»

    Francis Martens
    président de l'APPPsy

    Martens Francis jeudi 9 avril 2020 12:38

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