"Garantir les budgets de base des institutions de soins ? De Block dit non !"

Pour les syndicats du personnel de santé, le gouvernement fédéral doit garantir, comme la Flandre et la Wallonie, le maintien du financement des institutions de soins à un niveau habituel. « Cela permet alors aux directions de ne pas chercher à faire des économies dans cette période de crise », insiste le front commun. Un avis que ne partage pas Maggie De Block. La ministre de la Santé a rejeté la proposition des organisations représentatives des travailleurs.

Le cabinet de la Ministre De Block a tenu une réunion avec les interlocuteurs sociaux du secteur de la santé ce vendredi 20 mars. « Il s’agissait pour ceux-ci de confirmer une série de préoccupations déjà transmises, mais surtout de recevoir des réponses concrètes, leur permettant de définir un cadre dans lequel il est possible de trouver les solutions pratiques aux problèmes rencontrés sur le terrain », pointent la CNE, le SETCa et la CGSLB.

Parmi les enjeux, ont été abordés la protection du personnel (matériel, procédures, …), la nécessaire concertation au niveau global, sectoriel et local, la problématique de l’organisation du travail dans la durée (horaires, heures supplémentaires, rappel, flexibilité accrue, mise à disposition de personnel, garantie de personnel compétent, … ), mais aussi les limites du recours au chômage temporaire.

Une perte de recettes alarmante

Pour les syndicats, la première réponse à obtenir est bien que le gouvernement fédéral garantisse comme la Flandre et la Wallonie le maintien du financement des institutions de soins à un niveau habituel. « Cela permet alors aux directions de ne pas chercher à faire des économies dans cette période de crise », estiment-ils. Et d’alerter : « La suppression de toutes les activités non urgentes et la « réquisition » de nombreux lits pour la crise du Covid-19 risquent de réduire drastiquement le budget des hôpitaux (alors que ce budget est prévu dans les comptes de l’Etat aujourd’hui). Rien que les revenus des hôpitaux à travers les honoraires médicaux représentent entre 20 et 25% des recettes globales. » Pour les secteurs infirmiers à domicile, la baisse du nombre de prestations par jour, avec les mesures de protection indispensables, produit un effet similaire. D’autres secteurs, tels que la toxicomanie, la santé mentale, … vont connaître les mêmes pertes de recettes.

Face à ce constat alarmant, les syndicats ont demandé avec force de garantir les budgets habituels, permettant aux gestionnaires et au personnel de porter toute leur attention aux objectifs de santé publique, et éviter ainsi des mesures d’économies sur le dos du personnel une fois la crise passée. « Contre toute attente, la réponse est négative. Le cabinet de Maggie De Block refuse de s’engager et reporte cette discussion à la sortie de la crise », dénonce le front commun. « Autrement dit, mettez votre personnel en chômage temporaire si vous voulez être sûr que votre institution survive à la crise. On veut juste bien avancer de l’argent s’il existe des problèmes de trésorerie. »

Interpellation de la première Ministre

Selon les syndicats, sur les autres dossiers, le cabinet n’aurait donné aucune réponse claire. Un mutisme qui ne permettrait pas d’encadrer ce qui se passe sur le terrain.

« C’est évidemment la consternation dans le front commun syndical, d’autant plus qu’il espérait avoir fait un geste positif important en mettant à disposition du gouvernement les moyens du Fonds Blouses Blanches de l’année 2020 (obtenu après des mois de mobilisation). Pour nous, ces moyens pouvaient vraiment servir à renforcer les équipes et garantir un revenu complet pour l’ensemble du personnel pendant toute la durée de la crise », insistent les syndicats.

Face à cette situation, le front commun syndical passera à l’action dès ce lundi 23 mars. Il interpellera la première Ministre pour vérifier qu’une telle position correspond bien à une décision du gouvernement. « La population qui aujourd’hui manifeste son soutien dans les « Merci de 20h » ne comprendra pas que les travailleurs de la santé paient la note après avoir tout donné pour gérer cette crise », conclut-il.

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Commentaires - 4 messages
  • Demande la démission de De Block c est urgent

    Françoisedubuc dimanche 22 mars 2020 12:47
  • DEHORS, Buiten, Hoe kan zij de Gezondheid minister zijn ? wie stemt voor Haar ? Qu'elle se tire et rapidement, on n'en peut , elle a foutu les étudiants en médecine et infirmerie dans la M...., le coronavirus, il est présent en Chine depuis Nov 2019, L'oms est prévenu, les gouverneurs sont prévenus, ils n'ont rien fait et on attendu que ça arrive pour qu'ils soi disant réagissent, mm les masques , ils ont été incapables de les commander à une source sûre, C'est un scandale

    Fouz88 dimanche 22 mars 2020 20:20
  • Malgré cette période anxiogène...nous le personnel de première ligne nous nous sommes engages à faire notre travail et sauver un maximum de patients, maggie deblock veut faire le contraire apparemment, demandons en urgence la démission de cette personne incompétent...

    Dojo007 lundi 23 mars 2020 03:07
  • OU étaient-ils quand le virus était à nos frontières ????? En "confinement doré d'affaires courantes...." Si ils avaient fait leur travail, nous n'en serions pas là.....Si ils avaient pris les mesures actuelles à temps, nous ne serions pas dans une si triste période.....Ne me dites pas qu'ils n'étaient pas au courant de ce qui allait se passer....., ils avaient le triste exemple de la Chine et, plus près de l'Italie sous les yeux.....ils n'ont pas fait leur boulot que était de gérer correctement le pays et de protéger ses citoyens ont délibérément laissé venir cette horreur, FAUTE GRAVE.....DEHORS......

    Desbois lundi 23 mars 2020 10:58

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