Élèves à besoins spécifiques : la réforme a des ratés sur le terrain

Élèves à besoins spécifiques: la réforme a des ratés sur le terrain

Devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Martine Schyns, ministre sortante de l’Éducation, a annoncé plusieurs avancées notables dans le dossier du décret relatif à l’accueil et à l’accompagnement des élèves présentant des besoins spécifiques. En revanche, sur le terrain, la mise en application de la réforme connaît quelques ratés.


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« Madame la Ministre, au sein de votre cabinet, avez-vous reçu des informations sur les difficultés pratiques de la mise en œuvre de ce décret, dont l’objectif est de faciliter le travail des équipes pédagogiques parfois mal ou peu informées ou insuffisamment outillées », a demandé la députée Christie Morreale (PS) à Marie-Martine Schyns, en séance du parlement. « J’aimerais également savoir si la commission de recours a déjà été constituée, bien qu’elle ne puisse résoudre tous les problèmes. Je porte à votre connaissance qu’en tant que députée parlementaire, j’ai souvent été interpellée par des parents d’élèves qui éprouvent des difficultés, mais aussi par des équipes éducatives qui se sentent démunies. »

La ministre de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles a assuré que la situation avait incontestablement évolué depuis le décret du 7 décembre 2017 relatif à l’accueil, à l’accompagnement et au maintien dans l’enseignement ordinaire fondamental et secondaire des élèves présentant des besoins spécifiques. « Dès le début de l’année scolaire, j’ai désigné une secrétaire responsable des aménagements raisonnables et de l’accompagnement des élèves à besoins spécifiques. Les différentes demandes des écoles et des parents lui ont été adressées », a-t-elle annoncé devant le Parlement.

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La commission de l’enseignement inclusif entre en action

La mandataire a également annoncé que le Gouvernement venait de prendre les derniers arrêtés rendant effective la commission de l’enseignement inclusif. « Elle fonctionne désormais et sa secrétaire avait été désignée il y a un moment déjà. Cela permettra l’application du décret », a-t-elle précisé. Des fiches-outils ont également été créées pour les enseignants. Reprenant chaque besoin spécifique, elles expliquent comment d’accompagner l’enfant en classe et ont été téléchargées en masse. De plus, l’Institut de la formation en cours de carrière a organisé des formations sur ces productions pratico-pratiques.

« Nous devons toutefois continuer le travail, car les parents restent peu informés et les enseignants ne possèdent pas toujours les bons outils », a toutefois avoué la ministre. Et de pointer : « Nous avons désigné une référente qui servira de lien entre la commission, les écoles et les parents. Elle transmettra également les informations nécessaires pour avancer chaque année vers la reconnaissance des élèves à besoins spécifiques et améliorer leur accompagnement. »

De son côté, la députée socialiste Christie Morreale a tenu à rappeler que l’école inclusive constituait un véritable enjeu. « Si le décret représente une avancée, la situation actuelle n’est pas pour autant parfaite », a-t-elle dénoncé. « On a attiré mon attention sur la formation continue, en particulier celle des accompagnateurs à besoins spécifiques dans les écoles – même si elle ne semble pas encore avoir rencontré un franc succès. Les enseignants comme les directions doivent pouvoir faire appel à une personne de référence pour les guider dans l’organisation de la classe et relever ce véritable défi. »

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E.V.



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