Evere : la maison de repos victime d'un manque criant de personnel

Evere: la maison de repos victime d'un manque criant de personnel

A l’heure actuelle, la situation dans les maisons de repos de la Région bruxelloise est préoccupante. Le président du CPAS d’Evere Sébastien Lepoivre gère un home de 80 lits, et tente d’alerter les autorités depuis le début de la crise. Il a adressé un courrier au ministre bruxellois de la Santé Alain Maron. Il faut dire que dans sa maison de repos, le Home Roger Descamps, la directrice est sous certificat médical et l’absentéisme grimpe chez les infirmiers.

Comme chacun sait, les maisons de repos sont particulièrement touchées par la crise sanitaire entraînée par l’épidémie de Covid-19. Elles sont donc forcées de composer avec leurs moyens, tant matériels qu’humains, au jour le jour. Le personnel de ces maisons de repos, confrontés depuis plusieurs semaines à l’épidémie, a été largement touché par le virus. Alors, les structures doivent faire face à une hausse de l’absentéisme, causé par la maladie. Se retrouvant parfois sans la majorité de leur personnel, les maisons de repos sont obligées de compenser dans l’urgence.

C’est un exercice périlleux, qu’est notamment en train de vivre la maison de repos Roger Descamps, à Evere. En fin de semaine dernière, la situation était particulièrement préoccupante, ce qui a poussé le président du CPAS, Sébastien Lepoivre à alerter les pouvoirs publics via une lettre adressée au ministre bruxellois de la Santé Alain Maron.

Dans ce courrier, le constat est limpide. "Depuis la semaine du 23 mars, nous n’avons plus de personnel kiné, ergothérapeute, logopède ni animateur. L’absentéisme pour maladie ne cesse de croître, les agences d’intérim ne peuvent plus fournir d’aide de sorte que depuis jeudi 26 mars, nous ne pouvons garantir une présence infirmière de jour comme de nuit, à tout le moins avec énormément de difficultés. Le personnel restant et mobilisé s’épuise."

Une situation intenable sur le long-terme

Derrière ce courrier : une volonté claire, prévenir les pouvoirs publics que la situation n’est pas tenable sur le long-terme. Car le Covid-19 ne fait pas de discrimination, tous les professionnels sont touchés, même la direction, comme l’écrit Sébastien Lepoivre, s’alarmant par écrit : « Notre directrice est sous certificat médical ». Ce n’est pas tout, depuis le début du confinement dans ce home, le 12 mars, les résidents ne peuvent évidemment plus recevoir de visites de leurs familles. Le confinement se transforme donc en isolement, et cela impacte forcément le moral de nos seniors.

En conséquence, « plusieurs d’entre eux ne s’alimentent plus, sont déshydratés et ont dû être mis sous perfusion » regrette dans sa missive, le président de CPAS, comme le rapporte la RTBF. Mais ce n’est pas tout. Comme partout, le matériel de protection manque, tout comme les moyens humains. On manque de masques et on manque de blouses. Pour répondre à ces besoins, le home a fait appel à des intérimaires, mais pas seulement.

« On compense dans l’urgence »

Se pose alors la question de la redistribution des moyens, tant humains que matériels. Interviewé par la RTBF, Sébastien Lepoivre indique : « Nous avons des kinés, nous avons du personnel soignant qui arrive, nous avons des médecins qui nous prêtent main forte aussi, ce qui est très important. Donc on compense, dans l’urgence, ce qui n’est pas évident, mais bon on y arrive et la situation se stabilise petit à petit. »

Concernant le matériel de protection, c’est partout pareil, même au CPAS d’Evere. Il en manque ! Comme le confie son président à la RTBF : « Le problème c’est que nous ne pouvons pas prévoir à très long terme, donc nos stocks sont limités. » Malgré tout, des fournitures rentrent chaque jour, et la gestion se fait en bonne intelligence.

Par ailleurs, les familles des résidents se sont évidemment inquiétées, après l’appel à l’aide lancé par le Home Roger Descamps. Sébastien Lepoivre tempère, au micro de la RTBF : « Ici, la situation, elle est, pour le moment grave, elle est unique. C’est une crise inédite qui touche notre pays. Mais pour le moment, elle est stabilisée. Les résidents sont soignés. Tout est fait pour qu’ils restent en sécurité bien entendu. » De quoi rassurer les familles qui sont malheureusement impuissante en cette crise sanitaire.

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Commentaires - 1 message
  • Mon compagnon travaille dans un CPAS bruxellois, du côté du service de remobilisation sociale, et Í  partir de la semaine prochaine, lui ainsi que ses collègues travailleurs sociaux sont encouragés Í  se porter volontaires pour aller travailler dans la maison de repos communale. Certains Í  l'administration, d'autres Í  la plonge, le nettoyage ou Í  la préparation des repas. Aucun d'entre eux n'est formé pour ça et vu le manque criant d'équipement sanitaire, ils n'en bénéficieront sans doute pas. Il y a quelque chose qui ne va pas dans tout ça...

    ENg samedi 4 avril 2020 14:28

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