L'insertion socio-professionnelle, en première ligne pour l'intégration au marché du travail

L'insertion socio-professionnelle, en première ligne pour l'intégration au marché du travail

Sur le terrain, des structures forment les jeunes peu qualifiés afin de les aider à accéder au marché de l’emploi. Le secteur craint, par manque de moyens, de ne plus pouvoir répondre aux demandes croissantes de son public.

Lire notre dossier : Immigration et emploi : l’équation impossible ?

Au sein d’Arpaije (un atelier de formation par le travail), des jeunes apprennent à être commis de cuisine. Près de la moitié d’entre eux ont entre 18 et 25 ans et le centre de formation compte 70 à 80 % de personnes issues de l’immigration. « Le dénominateur commun de tous les participants est qu’ils n’ont pas ou peu de qualification, ils sont au maximum diplômés du seconde inférieur », explique son directeur Georges Bernaerts. Peu d’exigences sont requises au préalable pour commencer cette formation : « Il faut être inscrit comme demandeur d’emploi et présenter un intérêt pour le métier », souligne le directeur.

Réintégrer le marché de l’emploi

Cette structure fait partie du secteur de l’insertion professionnelle bruxellois représenté par la FEBISP (Fédération Bruxelloise des organismes d’Insertion SocioProfessionnelle et d’Economie Sociale d’Insertion). Son objectif : remettre sur le marché de l’emploi des personnes peu qualifiées à travers un accompagnement administratif, des formations professionnelles, des cours d’alphabétisation,...

Grâce à ce dispositif, « 60 % des participants chaque année se dirigent vers un emploi, ou une formation », constate Pierre Devleeshouver, directeur de la FEBISP. Un bilan positif partagé par Georges Bernaerts qui insiste aussi, outre les débouchés professionnels, sur «  l’épanouissement personnel et social » apportés par ces formations. Mais tous deux tempèrent au vu de la situation actuelle de l’emploi, loin d’être rose. « Il est toujours difficile de parler de réussite quand on voit que Bruxelles compte 20% de chômage, qu’il y a un manque crucial d’emploi ou qu’ils sont trop qualifiés », souligne ainsi Pierre Devleeshouwer.

Beaucoup de demandes, peu de moyens

Si le secteur de l’ISP est actuellement soutenu par les pouvoirs publics, l’avenir n’est pas réjouissant. « Quand on regarde l’augmentation des demandes et la politique accrue d’activation des chômeurs, on craint que les moyens, qui n’ont pas été augmentés, ne soient plus suffisants à l’avenir et le dispositif pas assez adapté », déplore Pierre Devleeshouwer. En vue des élections, le secteur a remis en février un mémorandum avec trois objectifs principaux : un réel accompagnement de tous les travailleurs sans emploi, un renforcement de l’offre de formation et la création d’emplois pour les personnes peu qualifiées.

Manon Legrand

Le secteur de l’insertion professionnelle à Bruxelles en quelques mots

- 68 Organismes d’Insertion SocioProfessionnelle et initiatives d’Economie Sociale d’Insertion (représentant 81 structures)

- 9 missions locales concentrées dans le croissant pauvre de Bruxelles qui suivent environ 9000 personnes par an

- Missions : accompagnement, alphabétisation, formations de base,...

- 850 travailleurs dans le secteur

- 4500 places de formations

- 6500 places espérées

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