"Le personnel veut accompagner les aînés dans des conditions dignes"

Ce mardi 10 mars, les travailleurs de la maison de repos Château Chenois, installée à Waterloo, ont réalisé une nouvelle journée de grève. Depuis neuf mois, ils dénoncent un sous-effectif chronique qui a, selon eux, des conséquences désastreuses sur la prise en charge des résidents de la structure gérée par le groupe Orpea. Pour le front commun syndical, la direction fait la sourde oreille aux cris d’alarme répétés du personnel. « Pire, elle envisagerait même de diminuer davantage les normes minimales d’encadrement. C’est inimaginable… », dénonce le SETCa.

Depuis le mois d’août, les aides-soignantes ainsi que les infirmières de la maison de repos Château Chenois assistent à une détérioration alarmante de leurs conditions de travail. En cause : un sous-effectif chronique. « Les travailleuses ne sont pas assez nombreuses sur le terrain. Un exemple parmi tant d’autres ? La maison de repos fait 1.000 mètres carrés et accueillent plus ou moins 100 résidents. Gérer cet immense lieu à seulement deux infirmières, c’est loin d’être évident », observe Claudia Reckinger, Secrétaire SETCa. Elle dénonce : « Cette situation provoque énormément de conséquences désastreuses sur les résidents. Nous constatons dans cette structure gérée par le groupe Orpea beaucoup de chutes, de constipations, d’infections urinaires ou encore de personnes âgées pas assez nourries. Cela a assez duré ! Le personnel réclame des mesures de la part de la direction afin de pouvoir travailler correctement. Il veut offrir un accompagnement digne et de qualités aux aînés ! »

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Pas de terrain d’entente entre direction et personnel

Dans cette maison de repos du Brabant Wallon, le personnel tire la sonnette d’alarme depuis de longs mois maintenant. Dès le mois d’août, les délégués syndicaux ont ainsi entamé des discussions avec la direction afin de débloquer la situation. Mais cela n’a pas porté ses fruits. Fin octobre, ils ont alors fait appel aux permanents syndicaux afin d’obtenir un soutien dans leurs démarches. « Face à un statu quo dans ce dossier, fin décembre, les travailleurs ont choisi d’arrêter les discussions et de passer à des actions plus déterminantes afin de mettre fin à ce sous-effectif. C’est là qu’un préavis de grève a été déposé », pointe la syndicaliste. « Au début, les actions se sont matérialisées par des arrêts de travail de 30 minutes ou une heure durant le temps de midi. En parallèle, la concertation sociale au niveau local s’est poursuivie. Ensuite, ils sont passés à la vitesse supérieure en réalisant des arrêts de travail le matin, de 7 à 9 heures. »

Le 3 mars, en parallèle d’une journée de grève complète, le bureau de conciliation s’est tenu et s’est soldé par un échec. Aucun terrain d’entente n’a effet pu être trouvé entre la direction et les travailleurs. « Non seulement nous n’avons pas avancé mais pire la direction d’Orpea nous a annoncé son souhait de revoir à la baisse les normes d’encadrement », s’insurge-t-elle. « Aujourd’hui, il y a 8 aides-soignantes et 3 infirmières le matin et 6 aides-soignantes et 2 infirmières l’après-midi. Et là, alors que nous dénonçons déjà un sous-effectif, on nous annonce la volonté de remettre en cause ces normes minimales que le propre service qualité d’Orpea a édicté ! »

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« Baisser les normes minimales ? Contre-productif »

Cette situation est inconcevable pour le front commun syndical CNE/SETCa. Une nouvelle journée de grève s’est donc tenue ce mardi 10 mars et une autre suivra le lundi 16 mars, date d’un nouveau bureau de conciliation. « Pour les travailleurs, il est totalement inimaginable de revoir à la baisse les normes minimales. Il deviendrait complètement impossible d’offrir un service de qualité aux résidents. Descendre encore ces normes serait contre-productif. Les travailleurs sont donc déterminés à se battre pour le bien-être des personnes accueillies dans la maison de repos. »

Elle rajoute : « Depuis un gros mois, il y a un nouveau directeur. Il ne semble pas très ouvert aux travailleurs ni aux syndicats. Il a dit qu’il respectait les normes INAMI mais dans les faits tout le monde sait qu’il est impossible de suivre vraiment ces normes car elles empêchent de pouvoir offrir un service de qualité et suffisant aux ainés. Tous les groupes ou les asbl sont au-dessus. Ici, actuellement, nous sommes seulement à 115%, soit une seule personne en plus. Cela ne change pas la face du monde… Et à côté de cela, Orpea est une multinationale cotée en bourse, qui est active aux quatre coins du monde, jusqu’en Chine. »

Pour la secrétaire du SETCa, la situation rencontrée par la maison de repos Château Chenois n’est malheureusement pas isolée. Une série d’autres institutions gérées par ce même groupe connaîtraient les mêmes difficultés…

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E.V.



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