Le projet Tam Tam, pour une tout autre vision de la santé

Le projet Tam Tam, pour une tout autre vision de la santé

Le projet Tam Tam, porté par le mouvement citoyen Tout Autre Chose, lance une grande campagne de sensibilisation et d’information concernant la position actuelle du gouvernement sur certaines questions, notamment celle de l’accès aux soins de santé.

On en parle de plus en plus, en Belgique : la privatisation grandissante des soins de santé. Les récentes mesures initiées par le gouvernement fédéral tendent vers l’apparition d’une santé à 2 vitesses. L’accès aux soins se verra-t-il exclusivement réservé à une élite possédant les moyens financiers ? Le projet Tam Tam, du mouvement citoyen Tout Autre Chose, regroupe 77 associations, syndicats, mutualités, collectifs et personnalités académiques qui s’opposent à cette vision. Il vient de lancer une grande campagne d’information et de sensibilisation, dans laquelle il adresse, à travers plusieurs vidéos, les dérives des mesures prises par le gouvernement actuel. La première vidéo traite des coupes budgétaires effectuées dans les soins de santé.

Une campagne ambitieuse

La campagne Tam Tam, qui a débuté ce 5 février, abordera, jusque juin 2018, plusieurs problématiques « sensibles », dont la justice, l’emploi, la sécurité sociale ou encore, la privatisation grandissante des soins de santé, sujet de la première capsule vidéo. Le point de départ ? Le constat que « les logiques néolibérales, qui ont guidé les gouvernements fédéraux de ces dernières années, font des dégâts extrêmement durs sur les citoyens du pays et dans tous les secteurs de la société. Nous devons expliquer ces logiques, vulgariser les mesures prises par les gouvernements et enfin mobiliser pour leur faire barrage », avance Brieuc Wathelet, porte-parole de la campagne. Invité sur les ondes de Bx1, B. Wathelet s’est engagé dans un débat sur la question avec Corentin de Salle, directeur du Centre Jean Gol.

Au-delà des mesures, une société critiquée

Plus loin que les mesures prises par le Fédéral et l’opposition à l’actuel gouvernement MR-NVA, le projet Tam Tam vise à remettre en question le fondement même de la société néo-libérale. C’est notre modèle social, mis en place par la lutte collective après 1945, qui a permis de réduire les inégalités et d’assurer à tous une certaine sécurité. Ce modèle est basé sur des droits (à la santé, à un emploi, à un logement décent, à une place à l’école, à l’égalité, à une justice proche et accessible …) organisés par des institutions : la Sécu, les services publics, les syndicats. Et la Justice, qui constitue un 3ème pouvoir. Depuis deux ans et demi, sous le gouvernement Michel, c’est le cœur même de ces institutions, et de notre vivre ensemble, qui est attaqué de façon frontale. La Sécu, jadis assurance sociale solidaire, est de plus en plus contractualisée et doit être « rentabilisée », la santé devient une marchandise, la justice un privilège pour les riches, les services publics des institutions désuètes vouées à la disparition, etc. Il s’agit d’un véritable basculement de modèle de société, peut-on lire sur le site du projet.

Comme l’explique Brieuc Wathelet, à Bx1 « Le gouvernement actuel aggrave une série de tendances, entamées dans les années 80, qui reviennent à étendre l’emprise du marché dans une série d’aspect de la vie sociales des gens. C’est ça le néolibéralisme. »

Des craintes déjà soulevées

Les questions soulevées par le projet Tam Tam ont déjà fait l’objet de craintes, notamment de la part du secteur de la santé mentale ou celui des seniors, qui voit le secteur des Maisons de repos se privatiser de plus en plus, engendrant une hausse de prix considérable. En santé mentale, ce sont les récentes mesures initiées par la ministre de la Santé, Maggie De Block, qui visent à réorienter les procédures de soins actuelles vers le modèle de l’evidence-based practice, ainsi qu’à limiter l’exercice de la psychothérapie à certaines professions. Comme le souligne Marie Brémond, du Copel-Cobes, « Dans un objectif de réduction de coût en santé en premier lieu, la ministre de la santé a souhaité implanter un modèle qui permette de lier efficacité et économie, calqué grossièrement sur le modèle de l’entreprise. Le soin, le corps et le psychisme sont devenus des marchandises, et le sujet contraint d’apprendre à reconnaître la valeur marchande de sa parole… ». Une vision également soutenue par le projet Tam Tam. Si le présent gouvernement fédéral continue, quant à lui, à vanter une augmentation de la qualité des soins de santé, la création d’emplois de qualité ou l’accessibilité de la justice, Brieuc Wathelet rétorque : « C’est leurs mots. Nous, nous vivons malheureusement une tout autre réalité… »

[A lire]

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