Le secteur associatif veut une SCMR à Bruxelles

Le secteur associatif veut une SCMR à Bruxelles

Pour améliorer la politique de santé de matière d’assuétudes, la Fedito Bxl réclame la création d’une salle de consommation à moindres risques (SCMR) dans la capitale. Si la loi fédérale s’oppose toujours à la création de ce type de structure, elles se multiplient pourtant en Europe et ont prouvé leur efficacité.

En Belgique, le secteur associatif se fait de plus en plus pressant dans sa demande de création de salles de consommation à moindres risques (SCMR) pour les personnes toxicomanes. Si une étude fédérale de faisabilité a bien été commandée, la loi empêche toujours la création de ce type de structures. Pourtant, en Wallonie et à Bruxelles, les ministres en charge de la Santé, Alda Greoli et Cécile Jodogne, se sont déjà exprimées pour la mise en place de SCMR. A Liège, le projet se prépare même sans accord du Fédéral, et compte sur une autorisation ministérielle de Maggie De Block. Pour la Fedito Bxl, la création de SCMR est une question de santé publique et serait une politique particulièrement efficace aux vues des résultats européens.

La semaine dernière, le corps d’un homme de 42 ans a été retrouvé dans le parking Brunfaut à Molenbeek-Saint-Jean. Il s’agit d’un SDF qui vivait dans des conditions proprement indignes, et qui est mort d’une overdose)C’est pour répondre à des drames de ce genre, qu’à Liège, le bourgmestre Willy De Meyer a récemment annoncé vouloir « passer en force », pour la mise en place d’une salle de consommation à moindre risque, et ce malgré le refus au niveau fédéral. Car effectivement, les salles de consommation à moindre risque sont strictement interdites par une Loi Drogues presque centenaire, datant de 1921.

- [A lire] : SCMR : Liège veut déroger à l’interdiction

On dénombre pourtant déjà près de nonante salles de consommation à moindre risque en Europe, dont dans tous les pays limitrophes de la Belgique. Les Pays-Bas et l’Allemagne s’en sont dotées il y a déjà près de trente ans. Le Luxembourg et la France, plus récemment. Les nombreuses évaluations scientifiques, comme celles de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies, les reconnaissent comme constituant de bonnes pratiques.

Concrètement, les salles de consommation à moindre risques sont des dispositifs socio-sanitaires permettant de créer du lien avec des personnes grandement précarisées, de les informer et de les sensibiliser à la réduction des risques liés à la consommation, ainsi que de leur prodiguer des premiers soins. Elles permettent de diminuer les infections et la propagation de virus, et de sauver des vies. Elles aident également à diminuer les nuisances publiques.

[A lire] : Fedito Bxl lutte pour les salles de consommation à moindre risques

Une réelle politique de santé publique à l’égard des usagers de drogues impose de mettre en place un pareil dispositif dans toutes les grandes villes en proie à des consommations de rue, comme à Bruxelles. C’est en tout cas l’avis du secteur spécialisé ainsi que de certains représentants de la Justice et de l’Académie Royale de Médecine.

Le Parlement Bruxellois Francophone entendra ces témoignages, jeudi 29 mars dès 9.00, lors d’une conférence-débat. Une représentation parisienne permettra d’en savoir davantage sur l’expérience actuellement en cours en France.

Politiques, citoyens, et professionnels du social, de la santé ou encore de la justice, seront invités à prendre la parole et échanger autour des avantages d’un tel dispositif à Bruxelles.

Lire le communiqué de la Fedito Bxl



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