Liège aura-t-elle la première SCMR de Belgique ?

Liège aura-t-elle la première SCMR de Belgique ?

La ville de Strasbourg en France vient de divulguer le bilan de sa salle de consommation à moindres risques (SCMR), un an après son lancement. Un bilan largement positif, qui pourrait permettre à Liège, l’une de ses partenaires dans le cadre du projet Solidify, de faire peser son projet face à la barrière législative.

Depuis plusieurs années, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, appuie le projet de création d’une salle de consommation à moindres risques (SCMR) dans la ville. Alors que le débat s’intensifie pour modifier la loi fédérale qui interdit la création de ce type de structure, la SCMR de Strasbourg vient de publier son bilan après un an d’existence. La ville est partenaire de Liège dans le projet européen Solidify qui réunit les villes en faveur des SCMR, et son évaluation pourrait donc aider Willy Demeyer à faire peser son projet dans la balance auprès du législatif.

Une évaluation positive

A Strasbourg, le bilan de la salle de consommation à moindres risques lancée il y a plus d’un an est positif pour la santé de ses bénéficiaires, mais aussi du point de vue de la réception du projet par les riverains. En effet, depuis son ouverture le 7 novembre 2017, aucune overdose mortelle n’a eu lieu dans la SCMR malgré les 391 toxicomanes inscrits et les 50 à 80 passages par jour. Elle recense 183 dépistages de maladies infectieuses, qui ont permis de diagnostique 13 cas d’hépatite C. Les riverains auraient aussi bien reçu l’initiative. La Meuse rapporte ainsi les propos de l’adjoint au maire de Strasbourg : "C’est une réussite en termes de tranquillité publique, car la police nous a confié que la salle de consommation n’avait amené aucune difficulté. Même pas une lettre de plainte."

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A Liège, le projet se prépare

Ce bilan devrait pouvoir profiter à la ville de Liège, partenaire de Strasbourg dans le projet européen Solidify, qui réunit les villes disposant d’une SCMR et celles qui souhaitent en créer une. En effet, le bourgmestre Willy Demeyer souhaite la création d’un tel dispositif pour le mois de juin. Il compte notamment sur sa rencontre avec Maggie De Block, le 30 mars, pour recevoir une autorisation ministérielle. La ministre avait pourtant annoncé que la mise en place de SCMR en Belgique ne se ferait pas sous cette législature.

Un appel d’offres sera donc lancé à Liège, à laquelle le bourgmestre a d’ores et déjà annoncé la candidature de Tadam, qui avait déjà mené un projet pilote en 2013. Comme recommandé dans l’étude fédérale de faisabilité, la ville mettra en place un comité d’accompagnement qui comptera des représentants du conseil et du collège communal, ainsi que des représentants du plan de prévention, de la police ou encore du relais social. Des riverains feront aussi partie du comité.

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De nombreuses demandes

Dans le cadre de ses démarches, Willy Demeyer a aussi rencontré Alda Greoli, la ministre wallonne de la Santé qui s’est déjà déclarée en faveur des SCMR. Selon le bourgmestre, elle serait prête à investir financièrement mais considère aussi d’autres demandes comme celle de Charleroi. A Bruxelles, la ministre bruxelloise de la Santé Cécile Jodogne s’est aussi prononcée pour la création du dispositif dans la capitale. Depuis plusieurs années, il s’agit d’une demande du secteur associatif, relayée par des associations comme Dune ou Fedito Bxl.

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