Les kinés face au coronavirus : "C’est la débrouille absolue !"

Les kinés face au coronavirus:

Après les infirmiers et infirmières à domicile, c’est au tour des kinésithérapeutes de pousser un coup de gueule face à l’absence de concertation d’une partie de la première ligne de soins dans la gestion du coronavirus. Pour Axxon, association représentative des kinésithérapeutes en Belgique, la profession est abandonnée à son triste sort… Et les autorités restent sourdes à ses appels !

[DOSSIER]
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« Les médecins ont trouvé la solution de la téléconsultation, mais les infirmières et les kinésithérapeutes, tous deux prestataires de première ligne, on n’en parle pas. Il nous est impossible de soigner les patients à distance, ni de les laisser sans traitements en attendant que l’épidémie passe ! Nous touchons nos patients, nous les aidons à expectorer, ... et aucune protection ni aide pour trouver des gants, des masques et du désinfectant ! On se débrouille tout seul ! Beau la prise en charge d’une crise sanitaire ! » Ce mardi 10 mars, Fabienne Van Dooren, directrice générale d’Axxon, association représentative des kinésithérapeutes en Belgique, a poussé un coup de gueule en réponse à notre article « Coronavirus : "Les infirmiers et infirmières à domicile sont les grands oubliés !" ».

Ce texte mettait en lumière que les infirmiers et infirmières à domicile n’avaient à aucun moment été consultés par les autorités fédérales ou régionales dans l’élaboration des plans officiels de lutte contre le coronavirus. Cette situation incompréhensible est également vécue par les kinésithérapeutes. En effet, la profession n’a, elle non plus, pas été invitée à s’exprimer. « Nous avons neuf ministres de la santé et pas un ne nous a contactés pour nous concerter », dénonce Fabienne Van Dooren. « J’ai envoyé plusieurs mails aux mandataires politiques. A ce jour, je n’ai toujours pas reçu de réponse… Même pas un simple accusé de réception. Rien ! C’est désolant. »

« On fabrique nos propres masques »

« Nous sommes confrontés à une situation similaire à celles des infirmières à domicile », poursuit-elle. « Nous touchons en permanence des patients. Les kinés sont aussi les premiers concernés par la gestion des problèmes respiratoires. Nous aidons les patients à expectorer, nous leur faisons faire des exercices de respiration. Quand un patient revient de l’hôpital après, par exemple une opération orthopédique, nous ne pouvons pas le laisser sans traitement, en attendant que la crise du coronavirus s’arrête. Non, nous n’avons pas le choix : nous devons continuer à offrir des soins. »

Afin de ne se transformer en vecteur potentiel de la maladie, les kinésithérapeutes ont un besoin criant de matériel afin d’assurer dans des conditions optimales leur travail. Malheureusement, ils sont confrontés de plein fouet à la pénurie de gants, de masques ou encore de gel hydroalcoolique. « En France, nous assistons à une toute autre gestion : tous les prestataires de soins de la première ligne peuvent bénéficier de masques, de gel désinfectant ou encore de gants gratuitement en se rendant à la pharmacie. Dans notre pays, par contre, aucune mesure n’a été prise pour protéger l’ensemble des prestataires de soins. »

Conséquence et de taille : les kinésithérapeutes doivent faire preuve d’une créativité sans limite pour se protéger du COVID-19. « La débrouille est absolument de mise », pointe la directrice générale. « Heureusement que nous avons une conscience professionnelle ! Si on avait dû compter sur l’aide des autorités, aujourd’hui, nous serions nulle part. Nous avons dû trouver des plans B comme apprendre à se fabriquer nos propres masques. A la place du gel, j’utilise des lingettes de produit Dettol. Voilà où nous en sommes… C’est vraiment dommage. On doit fonctionner avec des bouts de ficelle. »

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L’UKFGB, de son côté, se veut philosophe

Face à une situation qu’elle juge intenable, Axxon plaide pour la mise en place d’une gestion du coronavirus qui intègre non pas uniquement les médecins mais bien tous les acteurs de la première ligne de soins et ce en prenant en compte les spécificités de chacun.

Du côté de l’Union des Kinésithérapeutes de Belgique, l’ambiance est davantage détendue. Yves Ralet, le secrétaire général de l’UKFGB, se veut philosophe : « En tout état de cause, nous n’attendons pas autre chose qu’une augmentation du nombre de cas, comme en Chine jusqu’à un point culminant. Puis tout reviendra dans l’ordre, car la maladie devrait s’arrêter d’elle-même. Pour le moment, il n’y a pas de manque de fourniture ou de moyens. Il faut subir un peu puis la nature fera le reste. Le virus va s’éteindre seul. »

E.V. et C.D.



Commentaires - 3 messages
  • sympa le mec de l'UKFGB.. dans le genre j'en n'ai rien à foutre des Kinés sur le terrain.. il doit plus travailler beaucoup lui

    Kinéflem vendredi 13 mars 2020 07:20
  • Aucune recommandation
    C' Est Scandaleux

    Benedk009 dimanche 15 mars 2020 20:32
  • "En France, nous assistons à une toute autre gestion : tous les prestataires de soins de la première ligne peuvent bénéficier de masques, de gel désinfectant ou encore de gants gratuitement en se rendant à la pharmacie."
    Pas vraiment, les pharmacies n'ont eu que 500 masques par pharmacie pour tout les professionnels autant dire que il y en a pas eu longtemp...

    huhu64 lundi 16 mars 2020 01:09

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