Les nouvelles mesures de Maggie De Block indignent les infirmiers !

Les nouvelles mesures de Maggie De Block indignent les infirmiers !

Deux arrêtés royaux, publiés ce lundi 4 mai au Moniteur, suscitent indignation et exaspération chez les infirmiers. Face à la pandémie, Maggie De Block a ainsi pris la décision d’autoriser la délégation d’actes infirmiers à d’autres professionnels de la santé. Autre mesure controversée de la ministre fédérale : la possibilité de réquisitionner des professionnels des soins de santé si nécessaire. La pilule passe très mal dans le secteur : syndicats, associations professionnels et acteurs de terrain ne comptent pas se laisser faire. La guerre est déclarée !

« Nous n’avons pas l’habitude de réagir à chaud à l’actualité mais cette fois-ci, trop c’est trop », rage l’Association Francophone des Infirmiers d’Urgences (AFIU). « Comme vous, nous avons découvert les deux arrêtés royaux qui viennent d’être validés par le gouvernement et qui frappent de plein fouet notre profession avec pour justification la crise COVID. » Et de lancer : « Que dire de l’AR qui permet à des non professionnels de la santé de prester des actes infirmiers. Nous ne savons pas s’il faut en rire ou en pleurer… » Une chose est certaine : les deux nouvelles mesures prises par la ministre de la Santé, Maggie De Block, ont mis le feu aux poudres et ont creusé encore un peu plus le fossé entre la mandataire OpenVld et le terrain. Elles ont suscité une levée de boucliers unanime chez les principaux concernés : les infirmiers.

Le flou entoure la délégation des actes infirmiers

Le premier arrêté royal polémique prévoit la délégation, jusqu’au 31 décembre 2020, de certains soins infirmiers à des professionnels qui ne sont pas infirmiers dans le cadre des institutions de soins. Une totale aberration pour le secteur, comme le note l’AFIU. « Il a été démontré à de multiples reprises lors de cette crise que remplacer un(e) infirmier(e) au chevet d’un patient COVID par un autre professionnel est compliqué, voire impossible », rappelle-t-elle. « Nous ne sommes pas corporatistes mais c’est un simple constat de terrain : quatre années de formation, voire six, ne sont pas substituables par quelques heures aléatoires non structurées de formation sur le terrain. Il est vrai que lors de cette crise nous avons été aidés par des non-infirmiers, mais ils ont repris des activités non-infirmières pour lesquelles nous nous battons depuis des années pour les transférer à d’autres professionnels hospitaliers. »

Même indignation du côté de la CNE. Cette dernière déplore notamment le flou entourant cette mesure. « Les conditions de délégations de ces activités restent extrêmement peu claires en matière de responsabilité, tant pour le médecin ou l’infirmier qui aura délégué les soins que pour le personnel non-infirmier qui prestera ces activités », alerte-t-elle.

La seconde mesure prise par Maggie De Block vise tout simplement à donner la possibilité de réquisitionner du personnel de santé en cas de nécessité dans le cadre de la crise Covid-19. « Incompréhensible alors que, d’une part, la courbe descendante laisse entrevoir la libération de nombreux professionnels affectés aux unités covid, et que d’autre part, même au plus haut de la crise, le volontarisme et la flexibilité du personnel ont permis de répondre aux besoins », s’insurge la CNE. « Cela ressemble fort à un dispositif visant à culpabiliser ou menacer le personnel qui ne serait selon l’autorité pas suffisamment disponible pour être transféré dans d’autres services ou d’autres type d’institutions. »

Une déclaration de guerre...

Comme annoncé précédemment, la CNE lance donc une action de protestation. Faute de pouvoir manifester dans les rues, le personnel est appelé à se photographier avec des affiches de protestation et à les publier sur les réseaux sociaux sous le hashtag #onsensouviendra. Le SETCa et la CGSP déplorent également avec force les mesures de la ministre. « Il est à la fois inutile et contreproductif d’augmenter les contraintes et le stress sur des travailleurs qui n’ont surtout pas besoin de cela en pleine crise. Ils sont exténués, sous tension depuis si longtemps et désabusés par la gestion parfois hasardeuse de la crise. Il s’agit là d’un très mauvais signal envoyé aux travailleurs qui attendent des moyens, du soutien et de la reconnaissance de leur ministre », notent-ils. Face à ce constat sans appel, ils exhortent le gouvernement à mettre en place des mesures pour garantir la sécurité des travailleurs et pour préserver la santé de la population.

De son côté, l’Association Francophone des Infirmiers d’Urgences, voyant comme une hérésie les deux arrêtés royaux, lancent un appel au soutien ainsi qu’à l’union des infirmiers et des infirmières. « Nous encourageons toutes les personnes qui applaudissent à 20h chaque soir à manifester leur mécontentement pour que ces deux Arrêtés Royaux soient retirés et nous encourageons les infirmier(e)s à rejoindre les associations professionnelles qui les défendent au quotidien. »

Aujourd’hui, plus que jamais, le torchon brûle entre la ministre fédérale et les acteurs de terrain. Pour ces derniers, c’est indéniable : avec ces deux mesures, Maggie De Block a déterré la hache de guerre. Les professionnels de la santé, soutenus par les syndicats, n’en resteront pas là. Ils vont passer à l’action afin de faire valoir leurs intérêts.

E.V.

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