Les soins de santé en prison doivent être réformés

Les soins de santé en prison doivent être réformés

Afin de mieux répondre aux normes internationales, les ministres de la Santé des différents niveaux de pouvoir belges, ainsi que le ministre fédéral de la Justice, vont réunir une taskforce chargée d’améliorer les soins de santé en milieu carcéral.

Déjà au centre du Plan de promotion de la santé bruxellois, les soins de santé en prison doivent être revus à tous les niveaux. Il s’agit pour la Belgique de se mettre à niveau par rapport aux recommandations internationales, notamment celles de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Les ministres en charge de la Santé de tous les niveaux de pouvoir belges et le ministre fédéral de la Justice Koen Geens vont donc constituer une taskforce afin de réfléchir aux réformes à instaurer.

Un besoin d’une opération de grande ampleur

Le groupe formé par les ministres devra réfléchir aux pistes d’amélioration pour les soins de santé en prison, mais aussi mettre sur pied un plan de mesures concrètes. La ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli, explique : "Le but est de s’assurer que les soins de santé à l’attention des détenus atteignent la même qualité que pour ceux dispensés à la population en général. Cela signifie une opération de grande ampleur, qui doit être soutenue et développée par les ministres fédéraux et des entités fédérées concernées, ainsi que par le terrain."

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Une situation préoccupante

La création de cette taskforce intervient à la suite du rapport du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) d’octobre 2017. Celui-ci dresse un état des lieux des soins de santé en prison et formule des recommandations. Ainsi, le KCE rapporte les difficultés des travailleurs de terrain face à des ressources financières insuffisantes. Manque de personnel, d’équipements ou d’infrastructures, mais aussi de possibilités de formation, ils dénoncent des réformes budgétaires trop restrictives.

La qualité des soins est aussi menacée par des problèmes de coordination avec les institutions externes. C’est par exemple le cas à Lantin, où l’hôpital de la Citadelle a rompu sa convention avec l’annexe psychiatrique de la prison. Les informations sont aussi souvent mal transmises entre les soignants internes et externes à la prison, notamment à l’arrivée et à la libération des détenus. Selon le rapport du KCE, le nombre de consultations médicales par détenu est très variable d’une prison à une autre, la moyenne étant de 18 consultations auprès d’un médecin généraliste et 3 auprès d’un psychiatre. Les maladies infectieuses et les problèmes de santé mentale seraient ainsi importants. C’est aussi le cas de la consommation de drogues, contre laquelle Maggie De Block a lancé 3 projets pilotes.

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Ajuster la pratique aux recommandations internationales

Si ce groupe de réflexion est créé, c’est que la Belgique doit aujourd’hui se conformer aux normes internationales en la matière. En effet, elle a été condamnée plusieurs fois par le Comité européen pour la Prévention de la Torture. En cause, le non-respect du principe d’équivalence des soins, garanti dans les Standards minimaux de l’ONU (Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners), qui sont entrés en vigueur en 2015. En plus de l’équivalence des soins, ces standards imposent la continuité des soins et l’indépendance des soignants dans leur travail.

La taskforce souhaite aussi réunir des acteurs qui, depuis la sixième réforme de l’Etat, se sont vus attribués de nouvelles compétences en la matière. Il s’agit ainsi de garantir une certaine cohérence dans la politique de soins de santé en milieu carcéral, en assurant une meilleure coordination des intervenants.

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La rédaction



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