Les soins de santé mentale en prison remis en question

Les soins de santé mentale en prison remis en question

La question des soins de santé mentale dans la prison de Lantin est actuellement en débat. En cause, l’hôpital La Citadelle qui a rompu la convention avec la prison concernant son annexe psychiatrique. Olivier Maingain, député DéFI, a donc interpellé le ministre de la Justice Koen Geens en commission de la Chambre des Représentants.

Malgré l’ouverture de places d’internement psychiatrique dans le cadre du "Masterplan Internement", les soins de santé mentale en prison sont toujours source de débats. La problématique a d’ailleurs fait l’objet d’un lancement de projets pilotes par Maggie De Block et, à Bruxelles, elle fait partie des priorités du nouveau plan de promotion de la santé en milieu carcéral. Dans la prison de Lantin, la prise en charge des détenus ayant des troubles psychiques est mise en cause depuis que l’hôpital La Citadelle a décidé de rompre la convention concernant l’annexe psychiatrique de la prison. Cette rupture serait liée aux conditions de travail des professionnels, qui se seraient dégradées. La question a donc fait l’objet d’une interpellation du ministre de la Justice Koen Geens en commission de la Chambre des Représentants.

Des conditions de travail dégradées

En commission Justice de la Chambre des Représentants, le président de DéFI, Olivier Maingain, s’est inquiété de la gestion de l’aile de soins psychiatriques de la prison de Lantin. Le CHR de la Citadelle aurait rompu sa convention avec la prison quant à son annexe psychiatrique à cause des conditions de travail des professionnels. "Sauf erreur de ma part, le préavis arrive à échéance en avril", a déclaré Olivier Maingain à la Chambre, "Motif de cette rupture de convention : les conditions de travail qui n’en finissent pas de se dégrader. Les psychiatres se disent incapables de soigner correctement les internés, par manque de personnel d’encadrement. Il n’y aurait plus d’infirmière ni de psychologue pour assurer un suivi global des prises en charge". Le député a donc demandé au ministre les mesures qu’il comptait mettre en place pour remédier à la situation.

Un recrutement pour l’équipe de soins

Afin de résoudre les problèmes de gestion de l’aile psychiatrique, le ministre Koen Geens a annoncé que des démarches de recherche de psychiatres étaient en cours. Il a rappelé qu’un assistant social, un ergothérapeute et une éducatrice formaient déjà une équipe "soins" au sein de l’annexe psychiatrique de la prison. Concernant les autres postes de professionnels de la santé mentale, Koen Geens a annoncé : "Pour le poste d’infirmier, une consultation des réserves de recrutement n’a pas encore livré de résultats et une nouvelle procédure de recrutement sera prochainement lancée. Pour ce qui concerne les psychologues absents, je viens d’apprendre qu’une de ces deux personnes vient de donner sa démission. Une procédure de recrutement pourra bientôt être relancée afin de la remplacer. Si les entretiens d’embauche aboutissent à de véritables recrutements, l’équipe ’soins’ de la prison devrait enfin être en nombre suffisant pour assumer ses fonctions."

Enfin, le ministre a indiqué qu’une collaboration intensive avait été demandée avec des services extérieurs et que les consultations de psychiatres avaient toujours lieu.

Des problèmes conséquents

La question de la prise en charge des personnes internées dans la prison de Lantin pose question depuis déjà un certain temps. Récemment, la RTBF a annoncé le jugement du tribunal de première instance de Liège concernant une personne internée à Lantin qui aurait dû se trouver dans un établissement spécialisé. La gestion de l’aile psychiatrique de la prison a aussi fait l’objet d’une lettre de la Commission de surveillance pénitentiaire au ministre de la Justice. En octobre 2017, le ministre avait déjà été interpellé en commission quant à la prise en charge générale des personnes incarcérées et il avait indiqué que des mesures étaient prises.

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