Maisons de repos : une politique inadaptée en Wallonie ?

Maisons de repos : une politique inadaptée en Wallonie ?

Face au vieillissement de la population, les maisons de repos sont de plus en plus sollicitées. Malgré les différentes alternatives mises en place par le gouvernement wallon, l’impact de ce phénomène reste encore sous-estimé, selon Philippe Defeyt, économiste et ancien président du CPAS de Namur. Dans une interview accordée à la Libre, il propose plusieurs mesures à mettre en place.

Le vieillissement de la population en Wallonie engendre de nombreux défis, surtout en ce qui concerne le secteur des maisons de repos. La ministre wallonne de la santé et de l’Action sociale, Alda Greoli, met actuellement en place plusieurs projets afin de couvrir la pénurie des lits dans ces structures. Cependant, pour Philippe Defeyt, économiste, directeur de l’Institut pour un développement durable et membre de la commission wallonne des aînés, interrogé par La Libre, ce besoin en lits estimé par le gouvernement ne correspond pas à la réalité. Il avait déjà rédigé, en 2016, une série de mesures à prendre et actuellement il revient avec plusieurs alternatives afin de combattre ce problème.

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Des chiffres dépassés ?

Pour 2030, le vieillissement de la population en Wallonie atteindra son sommet et le gouvernement wallon assure avoir bien pris conscience de ce phénomène. Ainsi, 12 000 places en plus dans les maisons de repos devraient être créées d’ici 2030, sur proposition de la ministre A. Greoli. Cependant, selon Philippe Defeyt, qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2016, les choses ne sont pas claires. Il estime notamment que les chiffres pris en compte par le gouvernement ne correspondent pas à la réalité. “Comment peut-on piloter une politique aussi importante sans avoir une idée de la situation actuelle ? Ils n’ont aucune idée de l’ampleur de la pénurie, par exemple, en matière de places en maisons de repos” a-t-il déclaré à La Libre.

Et d’insister : “Le gouvernement part du principe que les proportions de résidents, par tranche d’âges et par genre, telles qu’observées en 2014, sont conservées, y compris pour les moins de 60 ans et sont appliquées à la population wallonne, année après année, de 2015 à 2030. Ce qui implique une augmentation d’environ 12 000 lits supplémentaires d’ici à 2030. Première remarque : il me semble dommage d’utiliser, pour des scénarios élaborés en juin 2018, des scénarios échafaudés en 2016 sur la base de données datant de fin 2014 pour ce qui est des caractéristiques des résidents en MR-MRS et datant de mars 2016 pour ce qui est des projections démographiques du Bureau fédéral du Plan.

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Adopter une vision plus dynamique

L’ancien président du CPAS de Namur propose au gouvernement wallon d’adopter une vision plus dynamique du problème. “Celle-ci doit intégrer plus de variables explicatives des comportements que celles couramment évoquées et les intégrer dans des schémas explicatifs plus fins”, explique-t-il.

Il précise qu’il entend par une vision plus dynamique d’établir des statistiques, tant quantitatives que qualitatives, plus claires sur ce besoin. “Pourquoi ne pas s’intéresser aux personnes qui se voient refuser une place en maison de repos ? Que trouvent-elles comme autre solution ? Doivent-elles vivre chez un de leurs enfants ? Ont-elles recours aux services d’aide à domicile ? Ce sont des questions auxquelles on ne répond jamais”, estime l’économiste.

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D’autres problèmes se soulèvent

De plus, P. Defeyt relève d’autres problèmes qui ne sont pas actuellement traités par le gouvernement wallon. Comme par exemple, l’âge d’entrée en maison de repos, ou encore le modèle de ces établissements : il y a des MR (maison de repos), des MRS (maisons de repos et de soins), etc. Il constate également qu’ “il n’y a aucune trace de ces questions dans la note du gouvernement wallon.

Lien vers l’intégralité de l’interview sur La Libre



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