Où sont les logements sociaux promis ?

Où sont les logements sociaux promis ?

Alors que les plans logement des gouvernements successifs promettent un objectif global de 6.500 logements sociaux créés, la Région bruxelloise n’a construit que 110 logements sociaux par an ces douze dernières années. Un bilan que le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat (RBDH) estime "catastrophique".

Après Namur, c’est au tour de Bruxelles de faire office de mauvais élève en matière de logements sociaux. Le RBDH a publié le 6 février dernier son bilan Logement social : chronique d’une décennie pour presque rien qui revient sur les objectifs des plans logement des gouvernements bruxellois successifs depuis 2005. Selon l’association, la Région n’a pas été en mesure de remplir ces objectifs alors même qu’elle dispose des moyens pour construire suffisamment de logements sociaux.

Moins de création de logements et plus de demandes

Dans son rapport, le RBDH dénonce un "bilan catastrophique" pour la création de logements sociaux. Selon l’association, il y aurait eu moins de logements sociaux construits de 2005 à aujourd’hui que pendant la période précédente, et ce malgré les plans des gouvernements successifs. "Douze ans après les premières annonces, on n’en mène pas large", commente-t-elle dans le rapport. "La production de logements publics n’a pas décollé. Tout au plus un léger frémissement." Alors que des terrains pour construire les 6.500 logements prévus sont toujours recherchés, la demande explose avec plus de 43.000 ménages en attente.

Des causes multiples

Le manque de production de logements sociaux serait lié à des causes multiples. Le RBDH dénonce ainsi un manque de volonté politique, arguant que "la Région Bruxellois possède plusieurs centaines d’hectares de terrain sur les lesquels des milliers de logements sont projetés, mais les logements sociaux ne font guère partie des projets."

Selon le rapport, la Société Régionale de Logement Bruxellois (SRLB) n’est pas non plus en mesure de répondre à la mission qui lui a été confiée, malgré l’aide d’autres entités publiques comme la SRIB ou Citidev car "aucune des trois entités n’a comme métier le développement immobilier."

Agir pour le logement social

Face à ce constat, l’association demande aux pouvoirs publics d’agir pour le logement social en lui donnant une place prioritaire dans les projets de la ville, et propose la mise en place de quotas contraignants pour les projets de logement publics et privés.

En conséquence du manque de création logements sociaux, la salubrité des logements est aussi en cause. Afin de remédier à ce problème, la ministre bruxelloise en charge du Logement Céline Fremault avait annoncé en mai 2017 le lancement d’un plan de financement de rénovation pour la capitale sur 2018-2021.

Le Plan Régional Logement et l’Alliance Habitat

Dans sa critique, le RBDH se base sur les engagements du Plan Régional Logement de 2005 et de l’Alliance Habitat de 2013. Le premier, lancé par le gouvernement Picqué III, s’engageait ainsi à construire 3.500 logements sociaux et 1.500 logements moyens pendant la législature. Quant au plan du gouvernement actuel, l’Alliance Habitat, il promet de faire passer la part du logement social à 44% des logements à construire.

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