Premiers retours du Plan autisme à Bruxelles

Premiers retours du Plan autisme à Bruxelles

Il y a maintenant 2 ans, les différents gouvernements francophones lançaient le Plan transversal autisme. Les objectifs : permettre un meilleur dépistage et une meilleure prise en charge, chacun à son niveau de pouvoir, pour ses compétences. Le terrain, lui, n’a pas accueilli favorablement ce plan, qu’il juge peu en phase avec les réalités quotidiennes. Bruxelles fait un premier bilan.

En avril 2016, les différents gouvernements proposaient un Plan autisme inédit pour le secteur. Les mots d’ordre sont dépistage et prise en charge. Le plan, transversal et global, devait permettre aux familles concernées de se sentir concrètement soutenues. Le terrain, lui, n’a en revanche pas très bien accueilli ce plan, qu’il jugeait trop abstrait et ayant été élaboré sans concertation avec les acteurs principaux. Après 2 ans, la capitale tire son premier bilan.

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Diagnostic : le projet STARTER est né en 2017 et vise à permettre un diagnostic le plus tôt possible pour que l’enfant autiste puisse bénéficier du meilleur accompagnement possible dès le plus jeune âge.

Enseignement : deux classes maternelles pour enfants autistes ont ouvert en 2016 à l’Institut Decroly. En septembre 2016, la nouvelle école « Astronautes » faisait sa rentrée avec 60 enfants autistes de maternelles et primaires.

Services d’accompagnement : plus d’1 million d’euros ont déjà été investis pour permettre un accompagnement individualisé et offrir un peu de répit aux personnes et à leurs aidants proches.

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Services ambulatoires et répit : la subvention accordée à la cellule mobile d’intervention MAYA a doublé en 2017. Cette cellule vise à éviter les hospitalisations des personnes atteintes de double diagnostic en intervenant directement sur leurs lieux de vie. Un accord a été trouvé avec le fédéral pour créer à partir de septembre une unité hospitalière à Titeca, une institution en charge de ces situations.

Accueil et hébergement : dans la continuité des 250 places créées depuis le début de la législature, 100 autres nouvelles places verront le jour en 2018, soit dans des centres existants, dans de nouvelles structures ou en logements accompagnés. Il ne s’agit pas uniquement de places destinées aux personnes autistes. De plus, un budget de 280.000 € a été dégagé pour renforcer l’encadrement dans les centres qui accueillent principalement les personnes de grande dépendance.

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Que dit le terrain ?

En début d’année, le terrain faisait part de ses réflexions concernant ce Plan autisme, 2 ans après sa mise en pratique. Les conclusions ne semblent pas être plus positives à l’heure actuelle. Tant au niveau des structures que de la réelle prise en charge, beaucoup de chemin doit encore être parcouru. Les budgets engagés sont dérisoires. Pour Cinzia Tolfo, de l’ASBL Infor’autisme, « Ça ne sert à rien de dégager du budget en infrastructures, si on n’est pas sûr qu’après on aura l’argent pour payer les places. Alors, j’ai l’impression qu’on fait un peu un pari : on se donne bonne conscience en disant qu’on investit dans les infrastructures et sachant que, même si elles voient le jour (il y aura toute une partie pour lesquelles ce ne sera pas le cas) ce sera dans 10 ans. » Elle déplore que le politique ne fasse pas une priorité de ce problème que rencontrent plusieurs familles.



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