Quand les secteurs de la santé paient pour le pharma

Quand les secteurs de la santé paient pour le pharma

L’analyse du compte "soins de santé 2017" de l’Inami présente une situation sans précédent. En 2017, l’industrie pharmaceutique a dépassé son budget de 267 millions d’euros. Conséquences : les bonis réalisés par les kinés, les hôpitaux, etc. ont servi à rétablir l’équilibre budgétaire, au détriment du financement de leurs secteurs.

Les détails des comptes de l’Inami révèlent bien des disparités entre les secteurs. Alors que certains ont réalisé d’importants excédents budgétaires, l’industrie pharmaceutique, elle, a dépassé son budget de 267 millions d’euros, selon des chiffres fournis par la Mutualité chrétienne au Soir et confirmés par la ministre fédérale Maggie De Block.

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Les bons élèves

Parmi les bonnes élèves, on retrouve :

-  le poste "honoraires médicaux" avec un boni 82 millions d’euros ;
-  les "hôpitaux" avec 62 millions ;
-  les kinésithérapeutes sont en excédent de 19 millions ;
-  les dentistes et les soins infirmiers qui ont dépensé 34 et 33 millions de moins que prévu.

D’importants efforts qui auront finalement servi à combler les manquements du secteur pharmaceutique.

Sans le dépassement de 267 millions d’euros du pharma, le compte "soins de santé 2017" aurait dégagé un excédent de 325 millions d’euros à la place des 58 millions présentés aujourd’hui.

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D’autres secteurs auraient pu bénéficier de cet argent

Plusieurs secteurs auraient pu alors bénéficier de cet argent : « Ces sommes pourraient être utilisées pour financer de nouvelles politiques axées davantage sur la prévention, la prise en charge multidisciplinaire, la démédicalisation », estime J. Hermesse, le secrétaire général des Mutualités chrétiennes, interrogé par Le Soir.

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Cette somme aurait, entre autres, permis le remboursement (sous condition) de 5 séances de psychothérapie par an et par patient. En fonction des problèmes de santé mentale « on oscillerait dans une fourchette comprise entre 50 et 150 millions d’euros par an », explique le secrétaire général.

Un budget de 95 à 200 millions d’euros aurait également pu être dégagé pour les soins dentaires. Si le remboursement ne peut pas être pris en compte, ils sont « nécessaires pour le maintien de la santé et l’intégration sociale ».

Enfin, dans le secteur de la grossesse, un trajet de maternité multidisciplinaire aurait pu être mis en place. Celui-ci aurait été « coordonné par la sage-femme avec pour objectif d’améliorer le suivi de la première grossesse tout au long du parcours de maternité », pour un coût de 6 millions d’euros par an.

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Un rééquilibrage ?

Interrogée par Le Soir, Maggie De Block assure qu’elle va rééquilibrer ce dérapage, tout en assurant aux patients un accès aux médicament : « Sur base de ces données, nous allons à nouveau nous concerter avec le secteur des médicaments pour corriger les excès budgétaires. Mais en tant que ministre de la Santé publique, l’essentiel est pour moi que le patient ait accès aux médicaments qui peuvent le guérir ».

La rédaction



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