Qui va payer les accueillantes d’enfants ?

Qui va payer les accueillantes d'enfants ?

L’année 2018 a plutôt bien commencé pour les accueillantes d’enfants. En effet, depuis le 1er janvier 2018, 400 d’entre elles ont obtenu le statut de salariées, les autres devant suivre. Cependant, pour l’Union des Villes et des Communes de Wallonie, les budgets posent questions : qui, en effet, va prendre en charge les budgets supplémentaires ?

Le secteur associatif se réjouit du nouveau statut des quelque 400 premières accueillantes d’enfants. La ministre en charge, Alda Greoli, avait promis de faire de cette problématique une priorité lors de sa législature. Cependant, concrètement, le statut demandera quelques aménagements, au niveau budgétaire. Or, c’est là que ça pose problème. En effet, qui prendra concrètement en charge le financement de ces travailleuses sociales ? L’Union des Villes et des Communes de Wallonie a adressé un courrier à Alda Greoli et à Valérie De Bue, en charge des pouvoirs locaux.

A la veille d’une réunion du Comité C wallon, fixée ce 29 mars pour négocier le statut administratif et pécuniaire des accueillantes d’enfants dépendant des pouvoirs organisateurs publics, l’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW) donne de la voix pour rappeler le sacro-saint principe de la neutralité budgétaires due aux pouvoirs locaux wallons. Un enjeu à 4 millions € pour les municipalités du sud du pays.

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L’association représentative municipaliste s’est fendue d’un double courrier, qui a atterri ce lundi dans les boîtes aux lettres d’Alda GREOLI, Ministre communautaire de l’Enfance et Vice-Présidente du Gouvernement wallon et de Valérie DE BUE, Ministre wallonne des Pouvoirs locaux, qui préside en cette qualité le Comité C wallon.

Ce qui heurte l’UVCW, c’est le fait qu’avant même d’entamer la négociation avec les organisations syndicales, l’autorité régionale, seule signataire des accords collectifs pour les employeurs locaux, déclare qu’elle ne s’estime nullement liée par les éventuels impacts budgétaires, et dès lors n’entend pas compenser la charge financière qui pèsera in fine sur les pouvoirs locaux si elle octroie plus aux accueillantes que le subventionnement prévu par la Communauté, et donc que le statut déjà négocié pour les accueillantes dépendant du privé.

Le surcoût annuel direct du barème envisagé atteindrait près de 4 millions € pour les pouvoirs locaux wallons, qui ne peuvent assumer de telles charges supplémentaires.

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Faut-il comprendre que, dès l’abord de la négociation avec les syndicats, le Gouvernement wallon annonce d’entrée de jeu des concessions coûteuses pour les villes et communes, estimant qu’il n’aura pas à les assumer ?

Cette prise de position est d’autant plus surprenante que c’est en se basant sur l’origine communautaire du projet que le Gouvernement wallon estime pouvoir négocier sans assumer les surcoûts qu’il concèderait, alors que sa Vice-Présidente est par ailleurs la ministre communautaire à l’origine du projet.

Devant la menace de cette nouvelle ardoise financière pour les municipalités de Wallonie, l’UVCW réitère avec force son exigence que demain, l’autorité régionale, endossant pleinement sa responsabilité d’autorité négociatrice, fasse prévaloir le principe de neutralité budgétaire.

Une Wallonie qui ne s’estimerait pas concernée par le niveau de financement communautaire et envisagerait des barèmes et conditions d’emploi supérieurs à ceux négociés pour le secteur privé, serait à l’origine de mesures localement très douloureuses au niveau social. Des fermetures de places, voire de services d’accueil, sont en effet à redouter, en totale contradiction avec les besoins de la population et l’objectif d’accroissement de l’offre poursuivi par la Communauté française.

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