Une pétition contre la réforme des services de santé mentale

Une pétition contre la réforme des services de santé mentale

Alda Greoli, ministre wallonne de la Santé, a lancé une réforme des services de la santé mentale (SSM). Dans une pétition, le secteur la remet en question et dénonce une dénaturation du travail en SSM. 

Le projet de décret prévoit de redessiner le secteur de la santé mentale, notamment en modifiant les conditions des suivis menés par les professions non médicales ou psychologiques et les charges administratives des professionnels. Des mesures qui ne plaisent pas à tout le monde  ! Dans une pétition qui a déjà récolté près de 2.000 signatures, les «  Travailleurs de SSM en Wallonie  » demandent que leurs propositions de changements soient davantage entendues par la ministre.

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Une psychiatrisation du secteur

Premièrement, le décret prévoit une condition pour toute personne voulant bénéficier des différents services des SSM. Le patient, qu’il soit un enfant ou adulte, devra, au minimum, avoir un suivi psychologique ou psychiatrique, s’il veut bénéficier d’un suivi social, logopédique ou de psychomotricité. Pour les travailleurs, cette mesure dévoile la « méconnaissance grave de ce qui se passe sur le terrain  » de la ministre et de son cabinet. En effet, il n’est pas rare que le patient ne se reconnaisse pas comme étant « atteint » d’un « trouble » psychiatrique ou psychologique.

De plus, le secteur dénonce une tentative de psychiatrisation du travail en SSM. Dans son article 13, le projet de décret met les professionnels (psychologue, assistant social…) sous la responsabilité d’un psychiatre, à qui ils doivent soumettre les situations et les évolutions. «  Quelle différence il y a-t-il entre ce fonctionnement et celui d’une unité de psychiatrie ?  », demande les travailleurs, auteurs de la pétition. Ils déplorent la mort de l’autonomie professionnelle qui avait, jusqu’alors, cours dans les SSM. 

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L’administratif avant le bien-être des patients

Un autre point délicat  : les trop grandes obligations administratives. Le décret actuel prévoit un bilan de chaque usager par son thérapeute, au moins tous les six mois. Une mesure que la nouvelle réforme ne compte pas réviser. Or, si les travailleurs comprennent l’importance de l’évaluation, ils déplorent que cette dernière soit réalisée selon un temps administratif arbitraire et non selon le rythme du patient.

Finalement, la pétition dénonce l’obligation de devoir remplir les fiches épidémiologiques en compagnie du patient. Pour les travailleurs, cette nouvelle mesure va entamer tout le travail mis en œuvre avec des patients en grande souffrance, s’il s’agit de les identifier à un diagnostic psychiatrique.

Vous voulez retrouver toutes les revendications des «  Travailleurs de SSM en Wallonie  » ou les aider en apposant votre signature  ? Toutes les informations se retrouvent sur la pétition contre la réforme du décret des Services de Santé Mentale en Wallonie.

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