Violences conjugales : la ligne d’écoute fonctionne !

Violences conjugales : la ligne d'écoute fonctionne !

Depuis un an, la Ligne Ecoute Violences conjugales est accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et a permis une augmentation du nombre d’appels pris en charge de 80.5%. Jeudi 8 mars, la convention qui unit les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales et la Fédération des Centres de Télé Accueil pour assurer cette écoute téléphonique continue, anonyme et gratuite, a été reconduite.

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars dernier, la convention de collaboration qui assure, via le 0800 30 030, la Ligne Ecoute Violences conjugales, a été reconduite. Grâce à la mise en place de cette ligne d’écoute continue, anonyme et gratuite à destination des personnes confrontées à des situations de violences entre partenaires, le nombre d’appels pris en charge est passé de 2.693 en 2016 à 4.862 en 2017, soit une augmentation de 80.5%. Les ministres wallonne et bruxelloises en charge, Alda Greoli, Céline Fremault et Cécile Jodogne, se sont réjoui de cette décision.

Plus de plaintes, mais pas plus de violences

Selon la ministre wallonne en charge de l’Egalité des chances, Alda Greoli, la ministre bruxelloise de l’Action sociale Céline Fremault et la ministre bruxelloise de la Santé Cécile Jodogne, il est peu probable que ces chiffres résultent d’une recrudescence des violences. D’année en année, les statistiques en ce domaine, fournies par la police, sont stables, voire en légère diminution. En Wallonie, 15.488 plaintes pour violences dans le couple (physique, psychologique, sexuelle, économique) ont été enregistrées en 2016. A Bruxelles, 3.597 plaintes ont été déposées en 2016. En revanche, on sait qu’elles ne rendent pas compte de la réalité, en raison de l’importance du chiffre noir.

Elles indiquent que la sollicitation accrue de la Ligne Ecoute Violences conjugales s’explique par les appels désormais pris en charge, les soirs, les nuits, les week-ends et les jours fériés, par les quelque 400 volontaires des 6 centres de Télé Accueil (5 en Wallonie et 1 à Bruxelles) qui se relaient pour assurer une écoute continue. Une croissance significative des appels pendant les heures de permanence assurées en journée par les Pôles de ressources a aussi été observée (+ 16 %, augmentation de 2. 693 appels en 2016 à 3. 123 en 2017).

Chaque année, des pics d’appels apparaissent lors des périodes de diffusion de la campagne radio-TV "Le Journal de Marie" (en mars, octobre, novembre et décembre). Mais la croissance générale résulterait également d’un effort de promotion de la ligne effectué, tout au long de 2017, grâce aux efforts conjugués de la Wallonie, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la COCOF. Pour la première fois, un affichage a été réalisé dans les véhicules des TEC et de la STIB, ainsi que dans les valves de cette dernière. A la fin du mois de septembre, tous les médecins généralistes actifs à Bruxelles et en Wallonie ont reçu une affiche reprenant le numéro d’appel et le site web de la ligne à apposer dans leur salle d’attente (soit plus de 4.600).

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Une ligne à destination de différents publics

Les victimes de violences, des femmes à plus de 90 %, sont les plus nombreuses à former le 0800 30 030, suivies des services et professionnels du secteur (plus de 500 appels en journée), puis des proches des victimes (près de 400, la journée) et, enfin, des auteurs (des hommes, une quarantaine lors des permanences de jour, pour 73,5 % ). La Ligne d’écoute est souvent la première "porte" à laquelle les victimes qui se dévoilent s’adressent, puisque plus de la moitié des appels traités en journée sont des premiers appels.

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Un service continu depuis un an

C’est grâce à la collaboration entre les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales et la Fédération des Centres de Télé Accueil que la Ligne Ecoute Violence est accessible en continu depuis un an. Avant cela, le 0800 30 030 était uniquement accessible, les jours ouvrables, de 9 à 19 heures. En dehors de ces permanences, de 19 heures à 9 heures, ainsi que les week-ends et jours fériés, les personnes tombaient sur un répondeur renvoyant vers le site www.ecouteviolencesconjugales.be ou vers la police. La ligne s’adresse à toutes les personnes qui sont confrontées, à titre privé ou professionnel, directement ou indirectement, à des situations de violences conjugales.

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Lutter contre les violences liées au genre

La mise en place d’une écoute téléphonique gratuite, accessible de façon continue, pour les violences conjugales s’inscrit dans la volonté politique de la Wallonie et de la Cocof de passer à la vitesse supérieure en matière de lutte contre les violences. Elle constitue, notamment, l’une des mesures phares du plan d’action national 2015 -2019 de lutte contre les violences basées sur le genre, pour lequel un rapport intermédiaire est en cours de réalisation au niveau fédéral avec les entités fédérées.

Le succès de cette collaboration intervient quelques jours après le vote, à l’unanimité, le 28 février dernier, au Parlement wallon, du Décret d’agrément des services ambulatoires d’accompagnement des victimes et des auteurs de violences conjugales et fondées sur le genre qui va permettre, à l’initiative de la ministre Alda Greoli, de pérenniser les moyens du secteur, mais aussi de développer ce dernier. Il intervient aussi le jour de l’approbation par le Gouvernement wallon, du renouvellement du Conseil wallon de l’égalité des hommes et des femmes (CWEHF), qui joue un rôle d’avis crucial dans ces thématiques.

Pour rappel, d’après l’enquête 2014 de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union, plus d’une femme sur 3 en Belgique a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. Face à ces violences pas toujours conscientisées, un accompagnement psychologique des victimes est aussi souvent nécessaire.

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