Droits des femmes : grève et action du secteur socio-culturel

Droits des femmes: grève et action du secteur socio-culturel

Les 8 et 9 mars, on s’arrête toutes, on arrête tout, on s’arrête partout. Les travailleuses du socioculturel aussi. La culture et le social comme tout le non-marchand est au fondement de la société. Mais, dans ces conditions, il nous détruit, ça suffit.

Le secteur socioculturel est très diversifié (associations d’éducation permanente, services d’insertion socio-professionnelle, centres culturels, mouvements de jeunesse, ONG, …). Il est aussi très féminisé, à plus de 70%. En tant que travailleuses de ce secteur, nous constatons chaque jour les dégâts d’un système qui précarise, isole et exclut toujours plus. Un système qui compte sur nous pour jouer le rôle d’amortisseur des violences sociales, chargées de rendre le quotidien un peu plus supportable et un peu moins morose, un peu comme une “maman bienveillante et protectrice”.

Nous ne voulons plus servir de rustine pour que ce système mortifère continue à rouler !

Notre public rencontre de plus en plus de difficultés qui se superposent et se complexifient à cause des politiques anti-sociales dans tous les domaines (logement, santé, emploi, violences, papiers, ...). C’est particulièrement le cas des femmes qui sont les premières impactées. Il n’y a pas assez de revenus ni de services publics pour que le quotidien ne soit pas une lutte permanente, pour permettre de dégager du temps libre, pour la culture, les loisirs, les ami-e-s, pour vivre heureuses et heureux tout simplement. Au contraire, il faut toujours courir, démontrer qu’on reste employable, rentable, productive/if, auprès de pouvoirs publics qui fonctionnent à la méritocratie, au contrôle et à la répression croissante, qui culpabilisent, sanctionnent et maintiennent tout le monde dans la peur.

Plutôt que de combattre les injustices et les inégalités structurelles, plutôt que de soutenir l’auto-émancipation, nous sommes utilisées pour limiter les dégâts et contenir la colère, contenir la misère, éviter que ça explose.

Nous nous retrouvons à assumer des accompagnements individuels de personnes en détresse alors que ce n’est pas toujours notre travail, que nous avons de moins en moins de solutions à offrir, que nous ne sommes pas spécialement formées pour le faire bien, ni assez nombreuse pour répondre correctement à toutes les demandes, ni outillées pour savoir comment nous protéger de la charge mentale et émotionnelle que cela implique.

Nous travaillons dans des conditions toujours plus dégradées

Le secteur socioculturel est un des avant-postes pour constater les inégalités et les violences sociales. De plus, nous travaillons dans des conditions toujours plus dégradées : petits salaires, souvent à temps partiel avec des contrats précaires soumis aux aléas des subsides ponctuels ou sous le couperet de subsides structurels qui sont constamment menacés, comme les ACS et APE.

C’est pourquoi nous décidons aujourd’hui, en tant que travailleuses du socioculturel, de rejoindre la grève internationale des femmes qui se concrétise en Belgique comme dans plus de 30 pays ces 8 et 9 mars 2020. Avec des milliers de femmes à travers le monde, nous allons montrer que si les femmes s’arrêtent de faire tout ce qu’elles font d’habitude, le monde s’arrête. En tant que femmes dans cette société. Parce que le travail productif repose structurellement sur nos épaules, nous avons 1001 raisons de tout stopper. C’est sur de toutes autres bases que nous voulons construire un monde égalitaire et c’est ensemble, fortes, fières et solidaires au-delà des frontières, que nous y arriverons.

Un rassemblement des travailleuses du secteur socioculturel est organisé ce lundi 9 mars, à 13h à la place Surlet de Chokier à Bruxelles.

La CNE



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