Aide aux sans-abri : l’importance de clarifier le secteur

Aide aux sans-abri : l'importance de clarifier le secteur

Il existe une multitude d’associations de lutte contre le sans-abrisme à Bruxelles. Au point qu’on peut finir par s’y perdre, professionnels du secteur et politiques compris. La nouvelle ordonnance de la Cocom, qui devrait entrer en application prochainement, outre la création d’un “new Samusocial” et d’une seconde plateforme, aura donc pour mission de clarifier le secteur.

À Bruxelles, le secteur de la lutte contre le sans-abrisme est particulièrement dynamique. Le Centre de documentation et de coordination sociales, ASBL relevant de la Cocom, y dénombre pas moins de 129 lieux proposant des services en la matière. On y trouve des CPAS, des centres d’accueil de jour, de nuit, de grandes ONG et de petites ASBL, des collectifs ou encore des associations de fait. Reste qu’il n’est pas évident de s’y retrouver, et la multiplicité des acteurs, au-delà d’entraîner de possibles confusions, peut affaiblir l’efficacité des actions destinées au public très précaire.

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Le secteur l’a compris et l’on constate ces dernières années de plus en plus d’échanges et de collaborations. La Strada, centre d’appui bruxellois au secteur d’aide aux sans-abri, réalise aussi un travail de concertation entre les différents acteurs, un rôle que la Cocom a confié à cette ABSL. Mais, de l’aveu de chacun, un peu de clarification et de structuration ne ferait pas de mal.

Multiples missions de l’ordonnance

C’est ce que cherche à faire la Commission communautaire commune depuis 2015, par une nouvelle ordonnance réorganisant l’aide aux sans-abri à Bruxelles, sous l’égide des ministres Céline Fremault (cdH) et Pascal Smet (sp.a). Le politique n’avait guère le choix. La dernière ordonnance date de 2002. Dans un secteur aussi bouillonnant, on imagine bien que de nouvelles initiatives ont été créées depuis lors. Dans le même temps, le nombre de personnes sans-abri ou mal logées à Bruxelles a quasi doublé en moins de 10 ans, atteignant près de 3.500 personnes lors des derniers comptages de la Strada.

L’ordonnance devrait être adoptée prochainement. Fin mars, elle a été présentée une nouvelle fois au parlement bruxellois. Les amendements seront discutés après les vacances, puis interviendra le vote. Il convient de rappeler, contrairement à ce qu’on a pu lire dans certains médias, que cette ordonnance n’est pas née suite à la crise du Samusocial, puisqu’elle est sur la table depuis 2015. Le scandale n’a que rappelé l’urgence de réformer le secteur. Une réforme appelée par les associations, comme l’a souligné L’Ama (Fédération des maisons d’accueil et des services d’aide au sans-abris), présente au parlement bruxellois ce mercredi 28 mars pour la présentation, en commission, de la nouvelle ordonnance.

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Si l’on met souvent en avant, dans les nouveautés de ce texte, la refonte du dispositif d’urgence, le “New Samusocial”, et la création d’une seconde plateforme de coordination, “Bruss’help”, les missions de la réforme sont bien plus larges, et la question de la clarification est bien là. Et elle touchera directement tous les professionnels du secteur. Notamment, chaque organisme devra, pour exercer, être reconnu par la Cocom via un agrément. On devrait donc enfin mieux savoir qui fait quoi, pour qui, comment. Et donc, en théorie, proposer une aide plus efficace au public concerné.

Un accouchement loin d’être simple

Le cabinet de la ministre Fremault admet de lui-même que concilier les différents intervenants aura été compliqué. “Les travaux sur l’ordonnance ont duré longtemps. Il a fallu enregistrer toutes les remarques d’un secteur assez divisé et assez résistant aux changements. On ne parle pas ici de l’ensemble du secteur, mais certainement d’une partie importante de celui-ci. De plus, les résistances n’étaient pas du même type, d’où beaucoup de temps consacré à la conciliation entre positions antagonistes.” On lit presque en filigrane que ce travail de conciliation avec le secteur associatif a été douloureux, du côté des instances régionales.

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Il faut dire que la société civile s’est levée comme un seul homme pour faire entendre sa voix. Cet automne notamment, alors que les députés discutaient de la proposition de la Cocom, près de 60 associations luttant directement contre le sans-abrisme, ainsi qu’une soixantaine d’autres, ont signé une pétition, suivie d’une manifestation devant le parlement bruxellois. Le secteur dénonçait alors “l’échec des politiques relatives au sans-abrisme”, identifiant diverses causes à cela, parmi lesquelles “l’opacité des pratiques et des arbitrages politiques, un manque de moyens, la mise en concurrence des acteurs, le manque de prise en considération de leurs avis.” Le climat se serait apaisé à la fin de l’automne, jusqu’à ce texte qui, s’il suscite encore quelques réserves du secteur, semble plus ou moins convenir à tous dans ses grandes lignes.

M.H., journaliste



Commentaires - 1 message
  • Certes 1 MULTITUDE "d'associations" ( dont trop payées par des SUBSIDES - GOUFFRES pour les populations ) ! Par contre, ACTES concrets ????? Pour ma part, j'ai été reçu auprès d'1 Sénateur ( imminent spécialiste en matière de Sécu ( C CUL ? ), après avoir rentré des propositions, en 1984 ! POUR...! ????? Y aurait t'il moins de SANS abris à ce jours qu'en 1984 ??? Enfin ( pour me LIMITER ) : aussi LONGTEMPS que le MALheur des uns fera le BONheur des autres ( OPPORTUNISTE ) le SANS abrisme ne risque pas de DIMINUER ! Restez OPPORTUNISTES !

    Alain le NO-made jeudi 23 août 2018 12:11

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