La réforme de l'aide aux sans-abris inquiète le secteur

La réforme de l'aide aux sans-abris inquiète le secteur

Le projet de réforme du secteur du sans-abrisme devrait être voté au parlement bruxellois dans les semaines à venir. En plus du NewSamusocial, il instaure un dossier social électronique partagé, qui recueille des données sur les personnes sans-abris. Au sein des associations, la contestation bat son plein.

Pour éviter de nouveaux scandales comme celui du Samusocial, le gouvernement bruxellois a rédigé une ordonnance qui réforme entièrement le secteur de l’aide aux sans-abris. Celle-ci instaure la création d’un NewSamusocial, ainsi que d’une ASBL publique de coordination des services et un dossier électronique partagé pour chaque personne aidée. Or, ce dernier suscite des contestations de la part des travailleurs, qui craignent que la collecte de données ne mette en péril la relation de confiance avec les sans-abris.

Une mise en péril de la relation de confiance

Chez les associations de terrain, la mise en place d’un dossier social partagé suscite de nombreuses craintes. En cause notamment, la case "pourquoi la personne est-elle devenue sans-abri ?", qui demande non seulement de révéler des informations à caractère personnel, mais relève aussi d’une problématique souvent floue et difficile à définir. Pour les travailleurs, il est déjà souvent compliqué d’instaurer une relation de confiance avec les personnes sans-abris, notamment face aux troubles psychiques de certaines d’entre elles. D’autant plus qu’avec les récentes mesures de restriction de leur libre-arbitre pendant l’hiver, les publics aidés peuvent se montrer encore plus méfiants. Dans ce cas, la collecte de données personnelles peut réellement mettre en péril la relation de confiance envers les associations. "Ma crainte est surtout que l’usager perde la confiance dans le travailleur social car on ne sait pas où cette information va aller", témoigne Laurent d’Ursel de l’ASBL DoucheFlux pour la RTBF, "Par exemple, le fait que quelqu’un ait été renvoyé d’une association pour des faits de violence, qu’il/elle ait été violé(e), qu’il/elle ait telle maladie…"

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La réforme en débat

Lors de la discussion en Commission des Affaires sociales mercredi dernier, le projet de dossier social partagé a fait l’objet de nombreuses discussions. 80 associations du mouvement Droit à un Toit étaient aussi présentes devant le Parlement pour le contester. Alain Maron, député Ecolo, a annoncé que le groupe déposerait des amendements à la réforme, contre le dossier électronique, mais aussi contre la persistance de la primauté de l’accueil d’urgence dans l’aide aux sans-abris, au dépens d’une aide à plus long terme.

Le dossier social électronique partagé

Le dossier social partagé consiste en une fiche d’informations électroniques sur chaque personne sans-abri. Réalisé par les travailleurs sociaux, il ne devrait contenir aucune information médicale ou psychologique selon le Gouvernement. En revanche, y seront indiqués des informations personnelles comme le nom, l’âge ou la nationalité des personnes. Ces dernières seront informées de l’usage de leur dossier, qui ne pourra être utilisé que par des acteurs sociaux tenus au secret professionnel.

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La rédaction



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