Le NewSamusocial, vers un renouveau du secteur

Le NewSamusocial, vers un renouveau du secteur

La commission des Affaires sociales au parlement bruxellois a examiné mercredi 28 mars le projet d’ordonnance en matière d’aide aux sans-abris. Si elle est adoptée dans les semaines à venir, celle-ci impliquera la création du "NewSamusocial" ainsi qu’une série d’actions pour lutter contre le sans-abrisme.

A Bruxelles, la situation en matière de sans-abrisme est particulièrement préoccupante. Suite au scandale affectant le Samusocial, mi 2017, les ministres en charge ont décidé de réformer le secteur. Céline Fremault et Pascal Smet ont déjà débloqué un budget de 15 millions d’euros pour lutter contre le sans-abrisme et rédigé un projet d’ordonnance qui officialise la création d’un "NewSamusocial", qui prévoit de nouvelles mesures pour les dispositifs d’aide. Discutée mercredi 28 mars en commission des Affaires Sociales, l’ordonnance pourrait être adoptée dans les semaines à venir.

Un nouveau Samusocial

Le projet d’ordonnance rédigé par Céline Fremault et Pascal Smet s’engage dans la création du NewSamusocial, qui reprendrait les missions du Samusocial actuel. Il sera donc chargé de l’hébergement d’urgence dans la capitale, notamment dans le cadre du Plan Hiver qui renforce chaque année entre novembre et mars l’accueil des sans-abris. L’association sera publique et soumise à un contrat de gestion. Elle devra justifier ses activités, ainsi que les recettes et dépenses qu’elles engendrent.

Diversifier les services

Le texte prévoit aussi d’encourager la diversification des services d’aide. Leur coordination sera assurée par l’ASBL Bruss’Help, elle aussi publique, qui aiguillera les personnes dans le besoin vers les services adaptés. Son rôle sera aussi d’effectuer une analyse du sans-abrisme à Bruxelles pour mettre en place de meilleures mesures de prévention. En vue de renforcer la collaboration entre les différents services et rendre plus aisée la récolte d’informations, les services d’aide rempliront un dossier personnel pour chaque personne sans-abris.

Des services déjà en place seront donc reconnus et bénéficieront ainsi de subventions. Ce sera le cas pour les nombreux services d’accueil de jour, mais aussi des projets comme Housing First, qui reloge les personnes sans-abris sur le long-terme et qui a prouvé son efficacité. L’objectif de l’ordonnance est donc aussi de s’orienter vers une réelle politique d’insertion sociale, plutôt que d’œuvrer seulement dans l’urgence.

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Un encadrement strict

Dans le but d’éviter d’éventuels débordements, le projet d’ordonnance prévoit aussi des mesures d’encadrement. Ainsi, les dossiers personnels établis par les services d’aide devront respecter la vie privée des personnes. Elles seront informées de l’usage de leur dossier, qui ne pourra être utilisé que par les acteurs sociaux tenus au secret professionnel. Il sera aussi toujours possible pour les personnes sans-abris de conserver l’anonymat. Des sanctions seront aussi prévues pour les services qui organiseraient des actions non reconnues par l’agrément.

Le scandale du Samusocial et ses répercussions

Après les révélations, en mai 2017, des rémunérations outrancières perçues par plusieurs administrateurs du Samusocial, dont Pascale Peraïta, ancienne présidente du CPAS de le Ville et Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles à l’époque, le Samusocial a connu une période bien sombre. La crise a remis en cause toute l’organisation du Samusocial, mais aussi sa perception dans l’opinion publique. En effet, elle a entraîné une baisse des dons importante. Récemment, l’ASBL a aussi dû annuler en partie ses maraudes du soir en raison d’un manque de personnel, certains contrats n’ayant pas été reconduits.

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La rédaction



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