Assistant social : un métier en pénurie ?

Assistant social : un métier en pénurie ?

Juriste, assistant social, manager, horticulteur ou toiletteur pour chien, choisir son avenir n’est pas une décision à prendre à la légère. Devenir assistant social est avant tout opter pour un métier de l’humain. S’il existe encore un futur pour les travailleurs sociaux, le cadre et les conditions de travail sont de plus en plus précaires.

Face au contexte socio-économique, trouver un emploi représente un projet d’avenir très incertain. Ainsi, la prolifération de nouveaux métiers, l’évolution des plus anciens ou l’accessibilité plus difficile à un travail ne facilitent pas les choses. Pour les assistants sociaux, outre la pénibilité du métier inhérent à la rencontre d’un public fragilisé, les conditions d’emploi sont souvent aussi précaires que les usagers accompagnés.

État des lieux

Aujourd’hui, sur le site du FOREM, aucune offre d’emploi pour un travail d’assistant social ! Le guide social a publié depuis début août 37 propositions d’emploi, pour 1 seule via l’union des villes et communes. Ces chiffres sont bien sûr à analyser prudemment et à relativiser : les périodes de vacances, entre autres, ne sont pas souvent propices à des publications quotidiennes... Si l’on analyse les différentes publications, on constate que les secteurs concernés sont assez variés. Le type de profil recherché est le plus souvent un assistant social possédant un véhicule avec une certaine expérience. Le contrat alors proposé est souvent un temps partiel presque toujours à durée déterminée . Au niveau de la région de Bruxelles, le bilinguisme peut faire partie des exigences. Ainsi, hormis en région germanophone, la profession de travailleur social ne fait pas partie des métiers en pénurie.

Conditions de travail

Il faut bien avouer que lorsque l’on choisit de travailler dans ce domaine, c’est avant tout par vocation et par passion. Les travailleurs sociaux n’ont pas toujours un statut enviable. Il est vrai que dans le métier, les embûches ou problèmes qu’ils rencontrent sont nombreux. Outre le manque de reconnaissance, l’assistant social bénéficie d’un piètre salaire et de très peu de moyens.

Point de vue des écoles

Au niveau du cursus scolaire, le décret Paysage avec ses crédits et ses unités d’enseignements permet aux étudiants d’effectuer un bachelier de manière assez personnalisée. Les futurs assistants sociaux ont donc la possibilité d’accomplir leurs études sur 3 ou 4 années voire plus… Le nombre de diplômés augmentent et les écoles finissent par inonder le marché de l’emploi . Ce déséquilibre entre l’offre et la demande apparait déjà dans le cursus. En effet, la recherche d’un stage est un parcours du combattant. A quelques jours du début de leur formation pratique, bon nombre d’étudiants n’ont toujours pas de lieu pour les accueillir. Dès lors, les institutions trouvées en dernière minute et à la va-vite ne peuvent pas toujours garantir à l’étudiant le cadre exigé, comme un maître de stage assistant social.

Vécu de la recherche d’emploi pour les jeunes

Le contexte de prospection de travail est exigeant et injuste. En effet, la recherche est souvent laborieuse pour des contrats, a priori, précaires. L’expérience s’avère indispensable pour des étudiants fraîchement diplômés. Des aides à l’emploi tronquent parfois l’engagement du candidat idéal. Le peu d’offres face à la demande peut très vite décourager. Les principaux conseils pour faire la différence seront donc un CV attractif et personnalisé, bien connaître l’institution dans laquelle on postule et ne pas hésiter à décrocher son téléphone pour appuyer sa demande et convaincre.

Passerelles vers d’autres secteurs

Face à des débouchés peu enviables, certains travailleurs sociaux décident de poursuivre ou de reprendre leur cursus scolaire pour obtenir un master. L’objectif étant un meilleur statut pour un salaire plus attractif. Les voies empruntées vont alors le plus souvent vers les sciences de l’éducation, du travail, l’ingénierie sociale ou la gestion de ressources humaines… l’exercice à fournir est lourd. Concilier emploi et reprise des études est plus que conséquent. L’expression alors utilisée par ceux qui ont choisi cette voie est « on n’a plus de vie ».

Quand le social n’a plus d’argent pour engager

La crise économique a bien entendu des répercussions dans le domaine social. En effet, outre la modification de la vision de l’usager qui ne doit plus être écouté, mais boosté et éduqué, le monde du social a de moins en moins de moyens. Les budgets sont régulièrement revus à la baisse, reconduits d’année en année. Bon nombre d’emplois sont ainsi tributaires de l’octroi ou non de subsides. Par contre, l’exigence professionnelle demandée aux travailleurs sociaux pour répondre aux inadéquations de notre société semble être sans limites !

I.I.assistante sociale

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